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Delta
HF à moteur 1995 cm3 16 soupapes, 215 ch (DIN, 210 ch CEE)
à 5750 tr/mn, 314 Nm à 2500 tr/mn ; boîte manuelle 5 vitesses
; performances : 219 km/h, 400 m DA en 15,2 secondes ; degré
d'équipement unique ; direction à assistance constante.
Consommation selon anciennes normes (90 km/h/120 km/h/urbaine)
en litres aux 100 km : 8,2/10,6/13,0 ; moyenne réelle estimée
: 16,5 l/100 km.
Qualités
:
enfin propre (cat), qualité de la peinture, clim en série.
Défauts
:
poids encore à la hausse, consommation encore à la hausse,
performances stagnantes.
Après
cinq mois d'absence sur le marché, en juin 1993, Lancia
présente enfin une Intégrale qui passe les normes anti-pollution
en vigueur au sein de la CEE depuis le début de l'année,
l'Evo II. Il y avait bien eu auparavant un 180 ch aux normes
US 83 développé sur la base du 185 ch 8 soupapes (qui s'est
retrouvé jusque sous le capot de l'Evo I), destiné avant
tout à des marchés à la fibre écologique et (ou) qui imposaient
des normes antipollution avant 1993, comme la Suisse. Un
moteur propre qui n'a jamais attiré la clientèle en France.
La venue tardive de la 215 ch catalysée dite Evolution II
s'explique sans doute par le planning de la marque qui avait
prévu d'abandonner l'Intégrale comme toute cette génération
de Delta lors de l'obligation du catalyseur au 1er janvier
1993, pour céder la place sur les chaînes, à un modèle totalement
nouveau. Avec à la rigueur, la possibilité de contenter
pendant quelques mois encore une demande résiduelle avec
le 180 ch cat. L'ennui, c'est que la clientèle exigeante
de l'Intégrale boudait cette souffreteuse.
En revanche,
Lancia estimait le potentiel de ventes sur deux ans pour
une plus de 200 ch à 9 000 exemplaires, en partie grâce
au titre tout frais de champion du monde des rallyes 1992.
Le constructeur a fait ses comptes (l'outil industriel déjà
en bonne partie accaparé par la nouvelle gamme Delta obligeait
à faire appel à des sous-traitants pour l'assemblage) et
a finalement révisé sa stratégie, accordant le sursis à
l'Intégrale. Ainsi naquit l'Evo II, fruit de l'improvisation
à l'italienne. Si le feu vert fût donné, c'est aussi parce
que le coût de l'étude du moteur catalysé, directement issu
de l'ancien, ne reposait pas que sur l'Intégrale. En effet,
hormis les logiciels de gestion de l'alimentation, de l'allumage
et de l'overboost, on retrouve le double arbre de la Thema
Turbo 16V 201 ch et de l'Alfa 155 Q4 190 ch. Malgré le couple
maxi donné à 1000 tr/min plus bas que précédemment, on note
toujours un temps de réponse du turbo jusqu'à plus de 3000
tours avant que la cavalerie ne se déchaîne, mais nettement
moins que sur la première Escort Cosworth (à gros turbo).
Toujours
autant de sensations avec le catalyseur
Bref
le cat entraîne une réelle surconsommation, mais ne dégrade
pas les sensations, tandis que les petits bonus en puissance
et en couple entrevus sur le papier ne se traduisent pas
du tout par des performances en progrès, au contraire, même
si Lancia annonçait des perfs identiques à l'Evo I. Petite
déception sans doute due au supplément de poids d'environ
50 kg. Mais bon, cette motorisation catalysée possède l'avantage
d'arbres à cames redimensionnés qui facilitent aux préparateurs
la proposition d'une version routière 250 ch abordable et
fiable (Fornage à Reims, Hayet à Cognac). Rien n'a changé
côté châssis si ce n'est les roues qui délaissent le 15
pouces pour du 16 et les pneumatiques qui passent de 50
à 45 en rapport d'aspect, à largeur identique. Comportement
toujours aussi exaltant que l'Evo I. Pour reconnaître l'Evo
II du dehors, à part les grandes jantes, il y a la goulotte
de réservoir alu, les vitres teintées bleu Solextra et en
prenant une loupe, les sorties d'air sur les ailes avant
redessinées et les gouttières de toit reprofilées.
La qualité
de la peinture devient irréprochable. Les seules couleurs
disponibles se réduisant, sauf séries spéciales ultérieures,
au blanc, au bleu Lord et au rouge Monza. C'est une Evo
II rouge que toucha comme voiture de fonction peu après
son arrivée à Maranello un certain Jean Todt. Nous, on préfère
la blanche car à l'intérieur, le climatiseur manuel, qui
se retrouve de série, a du mal à rafraîchir les jours de
canicule. On note également de série le correcteur d'assiette
des phares intérieur et les Recaro recouverts d'alcantara
redessinés au niveau des omoplates. Au total, cette dernière
Intégrale n'apporte pas grand-chose par rapport à la précédente
si ce n'est sa touche d'écologiquement correcte. Et d'avoir
prolongé le mythe de deux années supplémentaires.
La
Lancia Delta HF Intégrale Evolution II en bref :
5 portes, 5 places ; transmission intégrale ; poids : 1
347 kg ; longueur : 3,90 m ; coffre de 200 à 940 litres.
Commercialisée en juillet 1993, abandon de la version de
série standard en août 1994, suivi par une ribambelle de
séries spéciales.
Les
dernières séries spéciales
Fin
1993, une des dernières séries spéciales de la Delta intégrale
HF était jaune, la Gialla, produite à 220 exemplaires, 150
pour le marché italien, 50 pour l'Allemagne et 20 pour la
France. Elle était vendue 251 900 F. Suit une "Bianco perlato"
ou White Pearl produite à 315 exemplaires au début 1994.
La
fausse der des der : Une bleue (Blue Lagos) arrive en septembre
1994, avec vingt exemplaires destinés au marché français
sur 215 exemplaires produits, qui se distinguait uniquement
par ses étriers de freins estampillés Lancia. Toujours avec
ABS 6 capteurs, climatisation manuelle, jantes de 16 pouces
chaussées de MXX3 Pilot SX (le must de l'époque) et volant
Momo Corse, vendue neuve 255 500 F. Les dernières "pour
de vrai" sont la rouge Final Edition (250 exemplaires) et
la rouge perlato Dealers Collection produite à 180 unités
entre fin 1994 et le deuxième trimestre 1995. Ces versions
a priori éminemment collector n'apportent pas grand-chose
de plus que l'Evo II de série et ne méritent pas d'être
surpayées contrairement à ce que prétendent certains revendeurs
un peu trop gourmands.
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