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Un
roadster, c'est normalement un engin dont le tempérament
sportif prime sur le confort, à deux portes, strictement
deux places, et recouvert d'une simple capote. Déjà, avec
la Mercedes
SLK, l'orthodoxie
du concept en a pris un coup. Elle permet de rouler à la
fois dans un coupé silencieux, grâce à son toit dur, et
à découvert, sans presque aucune contrepartie (la capacité
du coffre en cabriolet). Les autres teigneux réunis ici
ne se déparent pas de leur toile, mais tous offrent un niveau
de confort qui autorise un usage quotidien, contrairement
aux modèles d'antan ou à de rares purs et durs comme la
Lotus
Élise. Ils
possèdent tous toutefois leur lot de particularités et d'inconvénients,
qu'il faut connaître avant la décision d'achat.
Une
rigidité surprenante
Sur
nos quatre roadsters rigoureusement conçus, on obtient une
rigidité très proche de coupés équivalents, donc sans baie
de pare-brise tremblotante et sans couinements du mobilier
après de violentes mises en appui, en virages.
Le
renforcement de la structure pour compenser l'absence de
toit rigide (et ses montants arrière) entraîne un supplément
de poids allant de 50 kg à plus de 105 kg (pour la TT),
en comparaison avec un coupé équivalent. Cette surcharge
pondérale est à l'origine d'une hausse de la consommation
et d'une baisse des performances amplifiées sur autoroute,
en raison de la dégradation des valeurs aérodynamiques (Cx/SCx
de 0,36/0,73 pour la TT ; de 0,42/0,77 pour la Z3 2.8 ;
de 0,35/0,65 pour la SLK 230 K ; de 0,31/nc pour la
Boxster). Les flux d'air détériorent le confort acoustique,
au point d'interdire une conversation normale ou l'usage
de la radio, même capoté au-delà de 130 km, voire 160 km/h
selon les cas. Sauf pour la SLK, bien sûr.
Le
coffre, qui doit en partie faire place à la capote dépliée
et aux renforts de structure, offre la capacité de celui
d'une Lupo ou, au mieux, d'une 106. Partir en vacances en
amoureux d'accord, mais sans malle Vuitton.
Des
assurances trop élevées
Sur
un même millésime et pour un même modèle, les kilométrages
varient énormément d'une occasion à une autre, nombre de
ces engins étant la deuxième ou la troisième voiture du
ménage. Les prix varient en conséquence, mais les très faibles
kilométrages ne sont pas obligatoirement source de tranquillité.
Évitez les voitures parquées au fond du garage de la résidence
secondaire, qui ne roulent que la moitié de l'année (en
vérifiant factures et carnet d'entretien), l'inactivité
prolongée n'étant pas la meilleure garantie de longévité
pour le moteur, les Durit ou les étriers de freins.
Avant
de craquer pour le roadster de vos rêves, vérifiez si les
tarifs d'assurance n'explosent pas votre budget ils
augmentent couramment de 60 % , par rapport à
la berline équivalente, dans la plupart des grandes villes.
Attention également à lobligation de posséder un parking
: certaines compagnies exigent, pour garantir le vol, un
parking privé, voire un box individuel fermé. Tout cela
en raison des risques élevés de vol et de vandalisme. Compréhensible,
quand on sait que le prix d'une capote complète tourne autour
de 30 000 francs et que celui de la toile (sans la doublure)
approche les 10 000 francs.
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Repères
Les
ventes de roadsters et de spiders en Europe (18 pays)
sont passées de 31 000 unités en 1995 à 119 000 unités
en 1998. Leur pénétration sur le marché global a plus
que triplé en quatre ans, passant de 0,26 % à
0,83 % . La BMW
Z3
a trusté la première place en 1996 (18 000 exemplaires)
et en 1997 (31 000 exemplaires), avant de fléchir
en 1998 (25 000 exemplaires). La
Mercedes SLK, qui a commencé par près de 4 000
exemplaires en 1996, talonnait la BMW en 1997 (30
816 exemplaires exactement), avant de prendre
la tête en 1998
(36
000 exemplaires) et en 1999. Pour information, la
troisième marche du podium, ces années-là, était disputée
par la Mazda
MX-5 et la
Fiat Barchetta. Quant à la Porsche
Boxster,
ses scores restent plus confidentiels : 627 exemplaires
en 1996, 9 240 exemplaires en 1997, 7 420 exemplaires
en 1998 et un peu plus en 1999, avec l'arrivée de
nouvelles motorisations en fin d'année. À la même
époque est apparu le roadster Audi. Si nous disposons
uniquement de chiffres Europe globaux pour le TT
(coupé et roadster), on peut toutefois avancer qu'il
est le plus rare des quatre sur le marché en France,
pour l'instant (75 unités vendues en 1999 et
133 unités en 2000).
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Dautres
roadsters allemands d'environ 200 ch
Mercedes
SL 280 : la fin de carrière se profile pour ce
roadster au superlatif lancé à la fin des années 1980.
Rien à redire, sauf qu'il galvaude un peu son appellation
SL (Sport und Licht), car il se caractérise plutôt
par son poids respectable et un comportement peu sportif
(agilité, freinage).
En
revanche, pour celui qui recherche un modèle Grand
Tourisme, confortable, sûr et rapide, pas d'hésitation
: le 2.8, de 193 ch, s'avère un peu juste (sauf pour
les inconditionnels de boîte manuelle). Préférer le
3.2 ou le V8, 5 litres, à partir de 130 000 francs,
pour un modèle âgé de dix ans. Léger restylage au
Salon de Turin 1998, avec l'apparition des V6, 2.8,
204 ch et 3.2, 224 ch, en remplacement des anciens
6 cylindres en ligne. Le roadster Wiesmann :
exclusif, donc cher, horriblement cher même, ce roadster
distribué au compte-gouttes en France par l'importateur
des Morgan se distingue par sa superbe finition, pour
un produit artisanal, et ses mécaniques BMW à six
cylindres 2.8 et 3.2 litres. Comme nous ne l'avons
jamais essayé, on ne vous en dira pas plus.
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