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Premier
constat, nous ne nous étendrons pas longtemps sur
le style de ces deux berlines. Même si la Mercedes
est entièrement nouvelle, elle arbore des lignes
classiques qui font indéniablement penser à la
Maybach au niveau de la partie arrière. Un mélange
dynamique qui contraste avec la poupe nettement
plus imposante.
L'Audi
A8 arbore depuis peu sur toute sa gamme la calandre
Single Frame qui était jusqu'alors réservée au
modèle 6.0 W12. Ainsi dotée, elle semble prête à dévorer
le bitume. Une nouvelle face avant qui lui sied à merveille.
Moteur
et comportement

Quel
que soit le modèle que vous choisissez, vous retrouverez
sous le capot de la belle un V6. Celui de la Mercedes
est un 3.5 qui développe 272 ch à 6 000 tr/min
contre un 3.2 à injection directe de 260 ch à 6
500 tr/min pour l'Audi qui remplace le V6 3.0 de
220 ch. Sur le papier, la S prend donc l'ascendant
sur l'A8 mais à l'usage, la situation s'inverse.
Ainsi,
le moteur FSI émet une sonorité envoûtante dès
la moindre pression sur la pédale d'accélérateur.
Côté sensations, les passagers sont gâtés puisque
le FSI donne l'impression de pousser plus fort, malgré un
couple inférieur à celui de la Mercedes (337 Nm
contre 357 Nm) et des chronos plus flatteurs.
Pour
expliquer cela, il faut principalement se tourner
du côté de la boîte de vitesses. La Tiptronic à 6
rapports de chez Audi est nettement plus rapide
que la 7G-Tronic de Mercedes qui souffre d'une
inertie et d'un temps de réaction nettement plus
importants. Cette différence de caractère est encore
plus flagrante en mode sport. Celui de Mercedes
qui joue sur l'amortissement et l'étagement des
vitesses n'entraîne pas de réelle modification
par rapport aux réglages standards. Sur l'A8, on
sent bien le changement car l'option sport s'accompagne
systématiquement d'un rétrogradage automatique
et de montées en régime plus rageuses.
Sur
autoroute, les deux berlines font jeu égal. Les
longs trajets ne leur font vraiment pas peur.
Sur
route, la transmission Quattro fait toute la différence.
Rivée à la route, l'A8 a un comportement quasi
parfait presque jamais pris à défaut quel que soit
l'état de la route. Le conducteur prend donc plaisir à enchaîner
les virages, même à rythme élevé. Il en oublie
presque même le gabarit de la voiture. C'est loin
d'être le cas de la Mercedes qui pêche incontestablement
par un manque d'agilité et par un poids plus conséquence
d'environ 100 kg.
Confort
et équipement

Si
la Mercedes est dépassée en matière de comportement,
l'étoile prend sa revanche en matière de confort.
Avec ses sièges dignes de ceux d'un salon, un silence
de fonctionnement impressionnant et une filtration
des irrégularités exemplaire, la S soigne ses
occupants. Ceux de l'A8 devront composer avec des
sièges moins confortables malgré les nombreux réglages,
un amortissement plus ferme dû notamment à la monte
en 19 pouces de notre modèle d'essai et quelques
vibrations. Le prix de la sportivité diront certains.
On
reprochera aussi à la création d'Ingolstadt une
implantation de certains réglages nettement moins
pratiques que sur la Mercedes. Par exemple les
commandes de sièges placées sur le côté sont peu
accessibles sur l'Audi alors qu'elles sont faciles
d'accès sur la portière de la Mercedes.
A
l'arrière, l'Audi est plus spacieuse mais les passagers
devront s'accommoder d'un important tunnel de transmission
qui condamne quasiment la place centrale.
Du
point de vue équipement, on atteint ici des sommets.
Notre
Mercedes d'essai comportait de série l'ABS, l'ESP,
10 airbags, la climatisation automatique quadrizone,
l'allumage automatique, la direction assistée,
4 vitres électriques, les sièges avant chauffants,
le radar de recul, le chargeur 6 CD, la sellerie
cuir, le GPS avec DVD et la suspension pneumatique.
Elle est aussi équipée des jantes alliage 17 pouces,
des sièges climatisés à l'avant et du toit ouvrant électrique.
Dotation
identique sur l'A8 mais notre modèle qui était
décliné dans une finition Avus était richement
pourvue avec de série des jantes 19 pouces, des
feux au xénon directionnels, un double vitrage,
un coffre électrique et un toit ouvrant. A cela,
il faut ajouter quelques options supplémentaires
comme la climatisation quadrizone, la fonction
One-touch memory, une alarme antivol avec protection
anti-remorquage, la sellerie cuir Naturel couplé à un
intérieur recouvert intégralement de la même matière.
Même
si l'équipement est pléthorique, il est toujours
possible d'opter pour des options. A ce petit jeu,
Mercedes est le plus fort avec notamment les feux
bixénon directionnels (1665 €), les sièges
AR massants (1325 €) et surtout la vision
nocturne (2000 €). Pas mal également chez
Audi avec la climatisation quadrizone (770 €),
les feux directionnels (1840 €) ou les sièges
climatisés et massants.
Budget

Arrivons à la
facture finale et c'est là que cela fait mal. Comptez
82 900 € pour la Mercedes et 75400 € pour
l'Audi dans sa finition standard. Notre version
d'essai de cette dernière était l'Avus, c'est à dire
le haut de gamme qui nécessite 15 000 euros supplémentaires
auquel il faut ajouter de nombreuses options soit
un total de 94 870 €. Notre Mercedes était
en revanche facturée 85 970 €. Une différence
de 10 000 € à l'avantage de l'étoile sur les
modèles à notre disposition
En
revanche, à équipement équivalent, l'Audi A8 est
donc moins chère que la Classe S mais cette dernière
profite d'une qualité de fabrication supérieure.
On retiendra notamment la planche de bord entièrement
recouverte de cuir contre du plastique sur l'A8,
la qualité de certains commodos ou la moquette
moins épaisse.
Si
vous avez frissonné à la vue des prix, accrochez-vous
car les consommations sont du même acabit. Durant
notre essai, nous avons enregistré une moyenne
de 17 l/100 km contre près de 25 l/100 km pour
l'Audi. Une différence colossale qui s'explique
principalement par le côté joueur de l'A8. Le conducteur
ne peut pas résister à adopter une conduite dynamique
et cela a des conséquences à la pompe. On est donc
très loin des moyennes mixtes annoncées pour les
constructeurs qui oscillent aux environs de 10
et 11 litres.
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Texte & Photos:
Olivier Pagès
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