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Lappel
des chevaux, lécot à la pompe ?
Les
deux moteurs de la gamme naissante proviennent de larsenal
BMW et sont associés uniquement à des boîtes automatiques
empruntées au X5. En essence, adieu au bon vieux V8 Rover
au profit du 4.4 litres bavarois dun rendement bien
supérieur. Le V8 allemand, à la belle discrétion et au velouté
de fonctionnement idoine, se distingue par un couple respectable
de 440 Nm, dont une bonne part est disponible très tôt,
et une puissance en nette hausse de 286 chevaux.
Les
performances, avec près de 210 km/h en vitesse de pointe
et un peu plus de 30 secondes au 1000 m D.A, se situent
certes en dessous de celles dun X5 pareillement motorisé
ou dun Classe M 4.3 de 272 ch, mais le poids et les
résistances aérodynamiques à lavancement ne sont pas
comparables. En revanche, le nouveau Range enrhume lancien
à moteur Rover 4.6 litres 217 ch tout comme le Toy
Land Cruiser (LC) SW au paisible V8 4.7 litres. La boîte
de vitesses automatique à 5 rapports et commande impulsionnelle
Steptronic participe au remarquable agrément de conduite.
Le
3.0 d rebaptisé Td6, dépourvu lui aussi de boîte manuelle,
voit sa puissance décroître de 183 à 177 ch tout comme le
couple perd 20 Nm par rapport au BMW X5. Il en reste 390
Nm, disponibles, comme sur le X5, à 2000 tr/mn. Là encore,
les performances ne sont pas comparables, loin sen
faut (179-206 km/h en vitesse maxi et 34-31 secondes au
1000 m D.A), et surtout restent inférieures au LC SW 4.2
TD. Elles surpassent néanmoins largement celles procurées
par lancien modèle équipé du 2.5 td BMW à injection
indirecte. Idem en matière dagrément, entre de bien
meilleures ressources à bas régime et lonctuosité
de fonctionnement du 6 cylindres à rampe commune.
Le moteur
apparaît toutefois franchement plus sonore que dans le X5
malgré linsonorisation générale soignée. Le niveau
sonore reste très supportable, au niveau dun Classe
M 2.7 CDi, mais il sagit dun faux-pas pour qui
se veut le roi des 4x4. Les bruits aérodynamiques sont également
un peu plus importants sur langlais dès quil
sagit de fendre lair à des vitesses proscrites.
Bon accord moteur/boîte mais il ne faut pas sattendre
à des miracles avec un rapport poids/puissance qui frise
15 kg/ch. Une boîte mécanique apporterait un regain de dynamisme.
En attendant mieux
Comme pour le X5, il manque à la
gamme un V8 au gazole dont dispose le Mercedes G avec son
4 litres de 250 chevaux. Le V8 245 ch de lancienne
740 d ferait laffaire. À moins que lon ne voit
arriver un gros V6 issu de la collaboration entre Ford et
Peugeot.
La consommation
se retrouve en hausse de 30 % par rapport
à une BMW série 5 bva équipée de moteurs identiques, et
plus comparable, 15 % au-dessus de celle
du X5. Le poids et la surface frontale en sont évidemment
la cause. Mais bon, vu le prix du ticket dentrée,
quelques litres de plus ne vont pas rebuter la clientèle,
à moins quelle possède une fibre écologique prononcée.
Nos relevés avec la V8 oscillent entre 14 et 27 l/100
avec une moyenne de 19 litres (dans ces proportions, on
vous épargne les décimales), ce qui représente un soupçon
de plus que le précédent Range 4.6, tout à fait acceptable
compte tenu de la progression des performances.
Remarque
identique à propos de la version Td6, qui a brûlé sur la
moyenne de notre court essai, 14,4 l/100. Une consommation
spécifique à la baisse par rapport au 2.5 TD, remarquable
si on veut bien prendre en compte les facteurs de performances
(SCx de 1,12 et masse de 2 520 kg) dégradés. Vive
linjection directe à rampe commune.
Lappel
de la forêt
Labandon
du châssis séparé et des essieux rigides à barres Panhard
pouvait faire craindre que le Range ne perde ses capacités
de franchisseur pour devenir un simple SUV tout chemin de
plus. Il nen est rien, comme le prouve sa bonne réduction
en gamme courte qui bénéficie dune pédale daccélérateur
à cartographie spécifique permettant de doser subtilement
les gaz dans les passages délicats, les débattements de
roues augmentés de 5 cm à lavant (27 cm) et de 10
cm à larrière (33 cm) grâce à une soupape qui interconnecte
désormais les ressorts pneumatiques, ou la garde au sol
maximale qui gagne 61 mm, à 281 mm. Avec les pneus de série
peu sculptés, nous nous sommes contentés dexplorer
les capacités de lengin sur terrain sec principalement,
le DCS in ou off et le Hill Descent Control (à lintervention
plus rapide que sur un X5) on. On en retient quil
conforte ses capacités de crapahuteur face au précédent
modèle et aux SUV de BMW, Lexus ou Mercedes.
Il
reste généralement tout aussi efficace que le Land Cruiser
SW 100 malgré le poids, et labsence de blocage de
différentiel arrière (et avant, face au Classe G) ne semble
guère le handicaper en matière de motricité qui étonne toujours,
y compris dans une passe difficile grâce au blocage électronique
de la roue délestée via lantipatinage ETC intégré
au contrôle de stabilité. Cette sorte dautobloquant
jouant sur les freins et la gestion moteur vaut presque
les blocages mécaniques de différentiels "à lancienne".
Le différentiel central qui répartit le couple aux essieux
(50/50 en condition dadhérence normale) a été dailleurs
préféré au viscocoupleur du Freelander pour sa plus grande
rapidité de réaction, favorisant le bon fonctionnement du
DCS et de lHDC. Toutes ces aides à la conduite, comme
le principe de la suspension pneumatique à hauteur variable,
sont reprises par le Cayenne qui, en revanche, se contente
dangles dattaque et de sortie plus ordinaires.
Du grand
art, ben oui, mais il y a comme une contradiction :
il est trop beau et trop cher pour risquer de le ruiner
en tout-terrain, même si seule la lèvre-spoiler en bas du
bouclier avant semble vraiment vulnérable, et même si rien
ne grince à lintérieur après une sévère séance de
trous et de bosses.
Lappel
du bitume et du pavé
Les
qualités routières ne frisent pas la perfection atteinte
par le X5, mais progressent encore dune génération
à lautre avec ladoption de suspensions indépendantes
bien guidées, à doubles triangles superposés à larrière
à linstar du Cayenne. Le comportement dynamique reste
pataud en comparaison du X5 en raison du poids, encore,
et de la préférence accordée par Land Rover au confort de
marche. Cela dit, la sécurité active est de haut niveau
sans même solliciter lintervention du contrôle de
stabilité (DCS, lESP de BMW), naturellement proposé
en série. La précision de conduite na rien à envier
toutefois au Mercedes Classe M, et encore moins au G. La
direction a perdu son boîtier à recirculation de billes
pour une crémaillère signée ZF (fournisseur de BMW) à assistance
variable Servotronic. Idéalement paramétrée, elle se montre
précise et agréable en toutes conditions. Malgré le gabarit
imposant, le diamètre de braquage reste raisonnable. La
puissance et lendurance du freinage surprennent favorablement
malgré lénorme masse à ralentir. Les grandes jantes
de 18 pouces (16 auparavant) permettant de loger de
grands disques y contribuent. On se situe dans la bonne
moyenne des 4x4, encore assez loin de lefficacité
dune Porsche 911 quand même. Au moins, grâce au déport
négatif du train avant et aux différentes aides électroniques,
la stabilité en phase de freinage semble impossible à prendre
en défaut.
Le
meilleur pour la fin : le confort de roulage ne pâtit
aucunement du centre de gravité haut, ou de mouvements de
roulis mal contrôlés malgré la souplesse et les longs débattements
des suspensions. Les coussins dair faisant office
de ressorts associés à de classiques amortisseurs garantissent
un confort stupéfiant, au-delà de tous les SUV connus, digne
des limousines de prestige que le Range entend affronter.
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Le Range-Rover en 10 chiffres clés

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