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Un
nouveau 2 litres décliné en trois variantes turbo
Quand
un constructeur tente léquilibre entre agrément, vertus
écologiques et coût de fabrication, un moteur à essence
4 cylindres turbocompressé conserve ses chances face à la
solution des 5 et 6 cylindres atmosphériques. Saab défend
mordicus cette alternative depuis près de vingt ans, lui
permettant de se démarquer au passage des autres. Quoique
Il existe un 1.8 turbo mis à toutes les sauces au sein du
groupe Volkswagen et les motoristes de Renault, persuadés
des qualités dune telle proposition, lont adoptée
sur les Vel Satis et Avantime daccès et la retiendront
pour une version haut de gamme de la future
Mégane.
Continuité dans le principe donc ; toutefois Saab étrenne
un nouveau 2 litres tout alu dorigine Opel qui permet
un gain dune quinzaine de kilos. Lintégration
au sein du groupe GM se poursuit insensiblement. Cela dit,
les économies déchelle se font principalement sur
le bloc, les pièces mobiles et les accessoires périphériques
étant spécifiques au constructeur suédois. Ce moteur décliné
en trois variantes 150, 175 et 210 ch se distingue par ses
deux arbres déquilibrage et son volant dinertie
à double masse, solution généralement retenue sur des 4
cylindres de plus forte cylindrée. Ces dispositifs permettent
effectivement déradiquer les vibrations et apportent
un fonctionnement feutré de la mécanique à bas régime, en
complément de lagrément procuré par le système de
gestion moteur sophistiqué Trionic 8.
Même
le 2.0T de lAero équipé dun gros turbo soufflant
à 0,85 bar sans temps de réponse se montre toujours civil
et souple malgré ses 210 ch et ses 300 Nm disponibles dès
2500 tours. Cependant, les plus exigeants regretteront lonctuosité
et la musicalité des six cylindres 3 litres des concurrentes
directes. Voire le V6 3.2 litres de la toute nouvelle Vectra
GTS. Sobre en usage courant (consommations normalisées égales
au 2.2 147 ch de la Vectra), le 2.0T peut franchir le cap
des 16 l/100 km, comme ce fut le cas lors de notre
essai mené à un rythme effréné. A noter sa nouvelle boîte
manuelle à six rapports agréable à manier malgré les débattements
un poil trop importants, et relativement bien étagée. Les
150 et 175 ch se contentent dune boîte à 5 rapports
- à la sélection bien remaniée - mais partagent
avec lAero une nouvelle transmission automatique à
5 rapports dorigine Aisin Warner qui nous a séduits,
même sans recourir au mode Sentronic manuel, autrement dit
à commande séquentielle (au volant en option, possibilité
indisponible sur la Vectra). Les démultiplications de boîte
(manuelle et automatique) apparaissent plutôt longues, caractéristique
appréciable sur autoroute fluide, nettement moins sur un
itinéraire encombré ou tourmenté.
La
9.3 équipée du 150 ch est badgée 1.8t, référence explicite
à lAudi A4 1.8T de même puissance, proche rivale quelle
surclasse en agrément par un moteur moins creux à bas régime
et sans inertie désagréable, constitue une honorable version
daccès. Notre préférence va néanmoins à la 2.0t 175
ch qui dispose dun couple supérieur à 240 Nm (valeur
maxi de la 1.8t) entre 1800 et 5000 tr/mn, autorisant une
conduite confortable avec de la réserve toujours disponible
sous le pied droit comme un style plus sportif (et efficace)
en changeant de rapport aux abords des 6000 tours selon
lhumeur du pilote. Bref, on tient certainement là
un des meilleurs moteurs dans la classe des 160/180 ch de
1.8 à 2 litres, 4, 5 et 6 cylindres confondus, affiché qui
plus est à un tarif plus raisonnable que le 2.0 T de lAero.
Un
diesel 2.2 pratiquement inchangé
A
côté des trois motorisations à essence, on trouve un unique
diesel. Il sagit toujours du 2.2 16V TiD, fort de
125 ch et 270 Nm (disponibles entre 1500 et 3000 tours grâce
au turbo à géométrie variable). Il évolue timidement par
rapport à lancien modèle où il faisait preuve dune
bonne sobriété et dune discrétion appréciable malgré
sa rugosité à froid. Ce handicap et les vibrations devraient
sestomper en raison de ladoption dun volant
dinertie bi-masse. A défaut de rampe commune, sa pompe
rotative voit sa pression maximale passer de 1300 à 1800
bars. Nous navons pas pris en main cette version diesel
proposée à un prix identique à la 1.8t, mais elle devrait
encore offrir des prestations correctes pour une motorisation
dentrée de gamme. On précise "encore" car
un doute nous assaille en matière dagrément sur route,
non pas en raison de laccroissement du poids de lauto
modéré -, mais à cause de lallongement
des trois derniers rapports de boîte. Seule la boîte manuelle
est prévue pour linstant en diesel. Saab annonce 200
km/h en vitesse maxi et des accélérations correctes (11,0
secondes de 0 à 100 km/h) pour une consommation normalisée
de 6,6 l/100 km (la moyenne mesurée par nos soins avoisine
8,0 l aux 100 km avec la Vectra équipée du même moteur).
Labsence
de motorisation TiD haut de gamme face aux 140 à 170 ch
de la concurrence demeure pour linstant la plus grosse
lacune de la 9.3 dans nos contrées, où le gazole reste plébiscité.
Un
comportement transfiguré, saabpristi !
Partir
de la plate-forme de la nouvelle Opel Vectra, dotée dautant
de qualités que celle de la Calibra utilisée précédemment
avait de défauts, a permis entre autres de doubler la rigidité
de la coque (!!!) et délargir considérablement les
voies par rapport à lancienne 9.3. Bref, sur cette
base saine, le responsable châssis Ekkehard Schwartz, transfuge
de BMW, a peaufiné des trains roulants aussi rigoureux que
sophistiqués, en particulier la suspension arrière à quatre
bras et essieu à cinématique active (variation du pincement).
En auscultant ce fameux train arrière, on aperçoit le berceau
arrondi au centre qui laisse présager ladoption dune
future transmission à 4 roues motrices, façon Audi ou Volvo.
La transmission intégrale ferait-elle une adepte de plus
après la BMW Série 3 et la Jaguar X-Type ? Effectivement,
la nouvelle 9.3 va y venir également, comme nous lont
bien confirmé les ingénieurs responsables du châssis. Une
bonne chose, car avec la 2.0T 210 ch, on note encore quelques
pertes de motricité sur le mouillé ou plutôt quelques interventions
de lantipatinage TCS, phénomène presque normal quand
300 Nm déboulent aux seules roues avant et bien moindre
que dans le passé. Le contrôle de stabilité (ESP), désactivable,
module son intervention finement selon nos premiers tests
menés sur route ouverte.
Le freinage,
avec ABS + EBV et assistance au freinage durgence
MBA, se montre efficace et endurant, au moins sur les versions
175 et 210 ch essayées. La direction la plus directe jamais
montée sur une Saab dispose dune assistance classique
à pompe hydraulique. Elle procure une précision très appréciable
et une linéarité satisfaisante, sans remontée de couple
quand on remet les gaz en sortie de virage. Le tout permet
de conjuguer plaisir de conduite et sécurité active de haut
niveau, largement aussi bien quà bord dune Audi
A4 ou Volvo S60, pour se cantonner au clan des tractions
avant. Dautant que le contrôle dassiette (en
particulier le roulis moins prononcé que sur lancienne
"sportive" 9.3 Viggen 225 ch) ne saccompagne
pas de réactions sèches des suspensions, même sur la 2.0T
pourtant chaussée de 17 pouces à profil bas.
On la
compris, le confort de suspension progresse également. Lamortissement
nous a paru encore meilleur que sur la Vectra GTS et pas
très loin de notre référence dans la catégorie, à savoir
la BMW Série 3. Linsonorisation rejoint également
les références de la catégorie, aussi bien pour la mécanique,
les remous dair parfaitement contenus jusquà
150 km/h, que les bruits de roulements très discrets.
Enfin,
la climatisation séparée droite/gauche a été particulièrement
appréciée au cours de cet essai effectué au milieu de lété
sous un climat tropical humide semblable à celui dAbidjan
alors que nous étions bien au cur de la Suède.
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La Saab 9.3 en 10 chiffres clés
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