Un an après les V6 et le V8 à essence, la sculpturale 300C passe au Diesel avec
l’excellent 3 litres Mercedes. Le "muscle car" y perd une once de
magie –au moins par rapport au 5.7
Hemi, mais pas en agrément comme nous avons pu le constater lors de cet essai
réalisé sur la Côte d’Azur. Côté budget, elle devient presque raisonnable.
Alors, on craque ? Caradisiac TV : voir l'essai vidéo de la
Chrysler 300C 3.0 CRD
La 300C, largement inspirée des "Muscle
cars" des années 1950 cache désormais derrière sa large calandre
chromée un moteur Diesel. Une démarche qui paraîtra iconoclaste aux puristes,
mais parfaitement adaptée à notre "vieille Europe" où plus de 70 % des grandes routières (segment H) roulent au gazole. C'est d'autant plus vrai
qu'il s'agit non pas d'un Diesel bourdonnant et fumant, mais du tout récent V6
Mercedes dévoilé au printemps 2005, équipé ici en série d'un filtre à
particules sans entretien.
Même si son gabarit imposant (5 m de long) la situe parmi les berlines de
prestige genre Audi A8 ou BMW
Série 7 (ou encore Jaguar XJ, Mercedes Classe S ou VW Phaeton), de par son habitabilité, ses prestations dynamiques et ses
tarifs, la 300C est plutôt à comparer aux grandes routières A6, Série 5, et S-Type, (sans oublier les Mercedes Classe E, Peugeot 607, Renault Vel Satis, Saab 9.5 et Volvo S80). On
ne reviendra pas ici sur les qualités intrinsèques du modèle, largement abordé
lors de l'essai des versions à essence.
S'y référer pour l'habitacle, le coffre, la
finition, le confort ou la tenue de route. Petite mise au point toutefois sur
ce dernier point. Le train avant manque de précision, sans que
l'on sache si c'est imputable aux pneus à flancs hauts (rapport d'aspect de 60)
ou à des silentblocs insuffisamment fermes. Le déphasage entre le temps où le
conducteur tourne le -grand- volant et celui où la voiture s'inscrit réellement
dans le virage perturbe une conduite musclée et retarde d'une fraction de
seconde une manouvre d'évitement. Cela ne provient en tous cas pas de la
direction à crémaillère à assistance constante bien calibrée, ni de l'efficiente
suspension avant à triangles superposés. Ces considérations ne nous empêchent
pas de juger le comportement de cette lourde propulsion sûr et plaisant dans
l'ensemble. Il est en réalité moins pataud qu'il n'y paraît de prime abord.