Essai nouveauté - Audi RS4: du bonheur tout simplement
Un moteur digne d'une pièce orfèvrerie
La RS 4 marque un tournant dans la conception des modèles sportifs de
la marque aux anneaux sur de nombreux points. Tout d'abord, au niveau de la
puissance. La progression par rapport à l'ancienne génération apparue en 2000
qui développait 380 ch est impressionnante. Ensuite, les solutions choisies
sont totalement inédites puisque les ingénieurs d'Ingolstadt ne sont pas tombés
dans la facilité. Ils ont tout d'abord opté pour un V8 en lieu et place d'un V6
et celui-ci ne s'est pas vu greffer un turbo. C'est donc un important travail sur
le moteur atmosphérique qui a été effectué.
Concrètement, la RS4 est animée par le V8 4.2 FSI qui équipe la S4 mais
celui-ci a subi un traitement de choc afin de pouvoir élargir la plage
d'utilisation grâce à un nouveau calage de la distribution. Le résultat est
bluffant avec un rupteur situé à 8 250 tr/min.
Les données techniques sont du même acabit puisque ce V8 développe 420
ch soit plus de 100 chevaux au litre et 430 Nm de couple à 5 500 tr/min dont
90 % c'est à dire l'équivalent de 390 Nm est disponible entre 2 250 et 7 600
tr/min.
A l'usage, on ne peut qu'être émerveillé par le caractère de ce moteur.
Première impression, dès la mise en route qui s'effectue grâce à un bouton
placé près du frein à main, on est fasciné par le bruit du V8 qui est tout simplement
envoûtant. Mon Dieu, que le chant d'un V8 est beau. Une fois passée cette
période d'émerveillement, on découvre avec bonheur que le V8 répond à la
moindre sollicitation. Les reprises et les accélérations vous scotchent au
siège mais cela n'a rien de violent. La puissance arrive progressivement mais
régulièrement, tout comme le couple. Quel que soit le rapport engagé, la RS4
répond toujours présente. Aucun souci donc pour les dépassements. Autre bonne
nouvelle, vous n'aurez pas besoin de jouer du levier de vitesses. Ici, tout se
fait dans la facilité. Même si le V8 dispose d'une puissance importante, celui-ci se veut
relativement docile. Ainsi, au-delà de son comportement, la RS4 peut également
convenir à un usage quotidien. C'est là d'ailleurs que réside justement l'un de
ses principaux points forts puisque l'Audi RS4 est polyvalente à souhait et
peut même être menée par une personne ayant une expérience très réduite de la
conduite tant la prise en main est facile.
Cette impression est notamment due à
la boîte de vitesses mécanique à 6 rapports courts qui est un modèle de douceur
et de précision. On regrettera toutefois l'absence de boîte DSG mais
rassurez-vous celle-ci devrait arriver dans quelques mois car elle est pour
l'instant réservée aux modèles à moteurs transversaux.
Ceux qui souhaitent taquiner du chrono peuvent également le faire
puisque l'Audi RS4 peut se transformer en bête de circuit. Pour cela, il suffit
de presser sur le bouton "S" se trouvant sur le coté droit du volant.
Cette action entraîne trois changements conséquents: tout d'abord une ouverture
de clapets supplémentaires au niveau de l'échappement qui augmente encore la
sonorité du V8, ensuite une réponse plus directe de la pédale d'accélérateur et
enfin une adaptation automobile du baquet à la morphologie du pilote. Difficile
de faire mieux.
Les performances vont d'ailleurs dans ce sens. Même si la vitesse
maximale est bridée électroniquement, l'Audi RS4 dans une version libre devrait
dépasser les 300 km/h. Le plus impressionnant est sans aucun doute les
accélérations puisque le 0 à 100 km/h est abattu en 4,8 secondes soit des
chronos identiques à ceux d'une Ferrari F430 ou d'une Porsche 911 (997). Les
200 km/h sont atteints en 16,6 secondes soit 0.2 s de plus que la belle italienne.
Exceptionnel pour une berline familiale.
Côté consommation, pas de surprise à attendre même si le constructeur annonce une moyenne mixte de 13.4 l/100 km. Celle-ci devrait allègrement dépasser les 20 l/100 km en conduite sportive.