Tout comme la Kia
Cee’d a remplacé une Cerato bien
vite dépassée en décembre 2006, la Hyundai
i30 remplace cette automne une insipide Accent, avec en France un
retard de quelques mois sur le calendrier prévu initialement.

Les deux partagent une base identique, les différences se limitent à la
marque des pneumatiques, à la possibilité de choix de
filtre à particules (FAP), à la forme et la couleur de
l’éclairage de l’instrumentation ou au dessin de
la console centrale ainsi que quelques autres détails à bord,
et naturellement au style extérieur. Si le profil de la i30 ressemble
beaucoup à celui de sa cousine, sa proue et sa poupe se démarquent
plus nettement. A propos de la face avant, certains regretteront
qu’elle
se soit affadie par rapport au prototype
Arnej’s exposé au Mondial de Paris en 2006. Nous vous laissons élire
la plus belle entre la Cee’d et la i30…

Pour donner un
look un peu plus méchant à la i30, Hyundai propose un
pack Sport commis par MS Design qui inclut un cache calandre noir
brillant, un bouclier avant, des bas de caisse latéraux, un bouclier
arrière,
deux sorties d'échappement, un becquet de hayon et des jantes
de 17 pouces spécifiques... (18 pouces en option)... et une suspension
surbaissée pour un prix inconnu.
Les différences les plus
significatives entre les deux moyennes du groupe se situent « ailleurs ».
La première, c’est que la Kia est déjà produite
en Europe (dans la nouvelle usine Zilina en Slovaquie) tandis que
la Hyundai restera produite hors CEE (en Corée) jusqu’en à la
mise en service de l’usine de Nosovice (Tchèquie) en 2009,
ce qui alourdit son coût d’environ 10 % en raison des droits
de douane. Une partie de cet écart se retrouve naturellement
sur les tarifs catalogue entre la Cee’d et la i30. La seconde
différence importante tient à leur distribution en France
: Kia s’apparente à une filiale directement liée à la
maison mère en Corée (et bénéficie de son
puissant soutien) tandis que Hyundai France dépend d’un
distributeur indépendant qui vend 230 000 autos par an dans plusieurs
pays européens (dont 90 000 Hyundai sur les 340 000 voitures
de la marque écoulés annuellement en Europe). Même
si l’importateur de Hyundai est implanté depuis plus longtemps
en France (15 ans) et vend plus de voitures que la filiale de Kia
(28 000 contre 19 000/an prévus en 2007), la lutte est inégale.
Entre un budget pub pour le lancement de la Cee’d près
de dix fois supérieur à celui de la i30, un plus large
choix en motorisations et en niveaux d’équipement, et une
garantie de 7 ans, on se demande comment Kia gagne de l’argent
avec son nouveau modèle en France. D’autant que les ventes
de la Cee’d sont pour l’instant correctes, mais pas exceptionnelles.
Elles devraient toutefois décoller avec l’intéressante
version
SW commercialisée cet automne, soit plusieurs mois
avant le break Hyundai (i30
CW comme crosswagon) qui arrivera en France au courant du premier
trimestre 2008. Drôle de politique dont on se demande quels enseignements
en tirent les stratèges du groupe Hyundai en Corée : saine émulation
ou combat fratricide. Cela noté, la bataille n’est pas
perdu d’avance pour Hyundai en France. A bien y repenser, l’argument
de la garantie de 7 ans n’est pas aussi attrayant que ça
dans la mesure où elle est limitée à 150.000 kilomètres,
et quand on sait qu’il implique un entretien suivi, obligatoirement
dans le réseau Kia. Dans ce cas, les vidanges ont le net désavantage
d’être très rapprochées, tous les 15 000 kilomètres
contre le double pour les rivales françaises de la Kia par exemple.
Le coût de l’entretien relativise en conséquence
grandement l’intérêt de la garantie de sept ans.
Il faut convenir qu’elle devrait faciliter la revente en occasion,
puisqu’elle est cessible nouvel acheteur. A noter que la seconde
offre de garantie de Kia se calque tout simplement sur celle de Hyundai
: couverture de 3 ans avec kilométrage illimité. Enfin,
Hyundai peut toujours compter sur un réseau plus dense que celui
son frère ennemi à la politique commerciale agressive.