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Sur
le marché de l'occasion
Les
amateurs de grandes berlines fuiraient-ils la personnalité
extrême des Saab? Méconnues du grand public et peu nombreuses
à arpenter nos routes, les 9.5 peinent en effet à faire
valoir leurs droits sur notre territoire. Certes, il faut
reconnaître que les tarifs de la gamme ne les placent pas
à la portée de toutes les bourses. S'affichant entre 200
000 francs et 300 000 francs, la 9.5 s'adresse implicitement
à une certaine élite financière, une clientèle
souvent peu sensible à l'exotisme et apparemment convaincue
que seule la tradition a du bon. De plus, démunie de motorisation
Diesel, la gamme 9.5 ne peut véritablement déployer ses
ailes dans le segment des grandes routières. Le marché de
l'occasion sera donc à l'image du parc roulant : sélectif
et restreint. Tentez toujours de profiter de la prochaine
modification technique du moteur 2.3 T (gain de 15 ch supplémentaires)
pour faire chuter les prix des versions précédentes
Présentation
Avec
une calandre de Saab 900 et un profil de 9000 des années
80, la 9.5 ne renie pas le genre et perpétue l'exclusivité
d'image. Reconnaissable au premier coup d'il, la voiture
arbore un aspect flatteur et cossu. L'agencement intérieur
de l'auto est tout aussi fidèle à l'esprit de la marque.
La planche de bord, massive et remarquablement bien finie,
s'oriente naturellement vers le conducteur. À l'image d'un
cockpit d'avion, une multitude de commandes sont à la disposition
du pilote.
Le
design très particulier des aérateurs quadrillés renforce
l'aspect high-tech de l'ensemble. Une atmosphère confinée
en apparence, qui préserve néanmoins le confort des passagers.
L'aisance à bord est toutefois nettement supérieure à ce
que l'on pouvait trouver sur les anciennes générations de
Saab. Ne vous méprenez pas sur sa carrosserie, en dépit
de l'importance de sa lunette arrière, la 9.5 n'est pas
une berline à hayon ; son coffre à ouverture classique dispose
cependant d'un très important volume, qui le place dans
la catégorie des 500 dm3.
Conduite
Ne
cherchez pas le démarreur au tableau de bord, le contacteur
est placé sur la console centrale, à côté du levier de vitesses.
Un conseil d'ami à l'attention des nouveaux arrivants chez
Saab : sachez qu'il vous faudra impérativement enclencher
la marche arrière pour parvenir à ôter la clef de contact
du Neiman, une caractéristique originale, propre aux voitures
de la marque.
Derrière une certaine férocité mécanique, la 9.5 est peu
encline à soutenir le rythme d'une conduite trop sportive.
Ses suspensions garantissent avant tout une grande souplesse
d'amortissement afin d'offrir un maximum de confort aux
voyageurs. Le système de freinage aura également tôt fait
d'être confronté au poids respectable de l'auto : une
endurance très moyenne, aux coups de freins répétés à vive
allure. Pour pleinement apprécier cette 9.5, il est donc
souhaitable de ne pas la brusquer plus que de raison. Mais
évitons les considérations hâtives ou inconsidérées, car,
précise en direction et rigoureuse en virage, la voiture
se montre très sécurisante en utilisation normale et ne
souffre d'aucune critique en termes de comportement routier.
Une mondaine pleine de charmes, qui ne tardera pas à vous
faire découvrir ses talents au fil des kilomètres parcourus.
Sécurité/Performances
Noblesse
oblige, la 9.5 refuse donc obstinément de s'alimenter en
gasoil et ne compte que sur des blocs essence. L'accès de
gamme, un 2.0 Turbo basse pression, possède une remarquable
onctuosité de fonctionnement.
Réagissant à la moindre sollicitation de l'accélérateur,
ce 4 cylindres de 150 ch suffit amplement à dynamiser la
voiture. Cette disponibilité mécanique se double de surcroît
d'excellentes valeurs de reprise.
Plus puissante encore, la version 2.3 Turbo (170 ch)
profite de l'augmentation de sa cylindrée et de son couple
pour arguer d'une souplesse encore supérieure. En fonction
de l'offre disponible en seconde main, arrêtez votre choix
sur l'une ou l'autre sans aucune arrière-pensée. Inversement,
le très (trop) sportif 2.3 T Aéro (220 ch) préfère
avancer une certaine violence à l'accélération, au risque
de détériorer l'efficacité de son train avant sans
véritable intérêt pour qui ne recherche pas les performances
extrêmes.
En dépit du notable surcoût à l'achat, la 9.5 3.0 V6 (200 ch)
est, elle, à conseiller pour le standing de sa mécanique.
La douceur de fonctionnement de sa boîte automatique (hélas
! à quatre rapports seulement) s'accorde parfaitement à
la philosophie routière de la 9.5. Avec cette version haut
de gamme, prévoyez cependant une nette élévation de la consommation
moyenne.
Fiabilité
Les
9.5 sont apparues fin 1997. Ce modèle très récent ne
semble pas avoir souffert de déficiences mécaniques majeures.
Une opération de réglage du système d'embrayage fut réalisée
en concession sur les premiers modèles. Certains propriétaires
ont également signalé des dysfonctionnements électroniques
sans conséquence (informations erronées de l'ordinateur
de bord). À l'image des anciennes Saab 900, la qualité
des matériaux utilisés sur la 9.5 laisse présager de son
excellente tenue dans le temps.
Conclusion
Surprenante,
décalée, minoritaire, la Saab 9.5 permet tout simplement
de rouler différent. Son habitacle, à l'esthétique sans
pareille, la distingue étrangement du lot. Conduire une
Saab, c'est appartenir à un clan d'initiés. Quelle que soit
sa motorisation, la 9.5 procure un bel agrément de conduite
et des performances de haut niveau. Une berline routière
à la fois élégante, sécurisante et particulièrement confortable.
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