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A
la recherche des contractuelles
Ainsi
équipés, nous sommes partis quelques jours plus tard à la "chasse
aux pervenches"
pour prendre des contraventions.
Cétait pour nous le seul moyen de mettre en uvre
notre test dans des conditions réelles. En théorie, le procédé
était simple : il suffisait dabord de garer notre
véhicule sur des stationnements réservés sans en payer le
prix. Ensuite, il ne nous restait plus quà attendre,
cachés, pour savoir si les agents verbalisateurs sont injustement
plus cléments avec un député ou un gendarme quavec
tout autre conducteur et sassurer quils se montrent
compréhensifs avec un médecin ou un handicapé.
Direction
les Champs-Elysées à Paris, quartier où les contractuelles
sont généralement nombreuses. Pour ne pas rester des heures
à attendre, nous sommes allés au devant de ces dames. Mais
nous avons eu beaucoup de mal à les localiser. Pourtant,
dans ces rues souvent embouteillées, tout automobiliste,
conscient du danger qui rode, nose commettre la moindre
infraction au stationnement, tant il est persuadé quil
va immanquablement se faire verbaliser.
Et
nous avons dû tourner une bonne heure avant de découvrir,
rue de Ponthieu, lobjet de notre convoitise. Par chance,
à ce moment-là, nous avons trouvé une place immédiatement.
Le temps de placer le gyrophare sur le tableau de bord,
de sortir rapidement et de senfuir vers un lieu propice
à lobservation. A savoir et selon les cas, sous un
porche, planqués devant un kiosque à journaux ou mêlés à
la foule.
Nos
félicitations aux pervenches
Nous
avons pu ainsi voir nos chères contractuelles au travail
et surprise, nous avons fait, au cours de cette première
investigation, une constatation (confirmée par la suite
de notre enquête) qui nous a véritablement réjouis. Quel
ne fut pas notre étonnement, en effet, de découvrir que
ces charmantes demoiselles ne sont absolument pas, et contrairement
aux idées reçues, des maniaques du carnet à souches. Cachés
cette fois derrière une vitrine, nous avons pu observer
pour la première fois leur manège.
Comprenez
quelles nalignent pas sauvagement des rangées
de voitures comme sil fallait faire du chiffre, méfait
dont on les a tellement souvent soupçonnées. Tout au contraire,
elles affichent une certaine nonchalance, voire une lenteur
dans leur démarche. Vraiment, elles ne se pressent pas.
Elles butinent les pare-brise avec douceur, soulevant délicatement
vos balais dessuie-glaces pour y déposer des papillons.
Témoins
de ces agissements, nous avons dû patienter longuement avant
de les voir enfin sapprocher de notre voiture-espionne.
Et, rien que pour cela, pour ce manque de conscience professionnelle
qui nous arrange bien, nous devons les remercier. Ensuite,
bien sûr. Le rêve sest rompu : la contravention
est tombée. Au cours de nos mises en scène suivantes, elles
se sont toujours montrées aussi peu empressées, mais également
toujours aussi coriaces. Justes parfois, mais souvent impitoyables,
appliquant à la lettre un règlement qui ne tient pas compte
des cas particuliers.
Un
mystère irrésolu
En
tout cas, notre enquête aura révélé un mystère qui restera
irrésolu : pourquoi récolte-t-on toujours beaucoup
de PV alors que les contractuelles donnent limpression
de ne pas trop réprimander ? Nhésitez pas à nous
faire part de vos commentaires et de vos expériences à ce
sujet en rejoignant notre forum. Mais attention : pas
dambiguïté sur nos intentions. Amis internautes, nous
ne vous proposons pas de faire de même. Nallez pas
dans notre forum nous expliquer que vous vous êtes retrouvés
au poste de police après avoir suivi notre exemple. Ces
petites plaisanteries pourraient vous coûter quelques billets
de 500 francs. Pour prendre connaissance des sanctions encourues,
reportez-vous à la fin de ce dossier aux conseils de Pierre
Barreyre, lavocat-conseil de Caradisiac.
Malgré
cela, notre enquête a aussi quelques vertus pratiques. Vous
pourrez ainsi vous inspirer de la deuxième partie de notre
reportage (cf "Nos dix pièges") pour tenter de
passer à travers les mailles du filet. Nous avons, en effet,
également voulu savoir si les contractuelles sont sensibles
aux petits "mots doux" affichés derrière les pare-brise.
Plus précisément, des mots dexcuses écrits aux contractuelles
par le propriétaire du véhicule précisant que, se retrouvant
sans monnaie, il ne peut payer lhorodateur. Cinq situations
ont ainsi été mises en scène. Après avoir lu notre deuxième
enquête, effectuée cette fois avec une voiture plus modeste,
vous saurez par exemple si le "Madame, je suis allé
chercher de la monnaie. Je reviens dans cinq minutes"
peut entraîner lindulgence des agents verbalisateurs.
A propos, pendant que vous nous lisiez, vous avez mis de
largent dans lhorodateur ?

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