Depuis
son adolescence, Lola éprouve une admiration
sans retenue pour le sport automobile et plus particulièrement
la Formule 1.
Tous
les dimanches, c'est le même rituel. La beauté endiablée
enfile son survêtement en éponge rose,
emprunté à sa vieille tante Gilberte,
puis s'installe confortablement dans son fauteuil
suédois pour regarder la retransmission du
Grand Prix.
Son amour pour la F1 est si fort, que
Lola fait l'impasse sur sa vie privée le temps
de la saison. Les sorties en boîte de nuit
sont proscrites, les speed-dating entre copines ajournés
et les soirées de l'amical des boulistes alsaciens
reportées. Les fesses bien calées dans
son fauteuil, elle contemple en salivant, le contenu
des cockpits. Que ne donnerait-elle pas pour prendre
la place de ces jeunes femmes qui soutiennent les
pilotes avant le départ. A chaque baissé de
drapeau à damier, Lola s'époumone.
Ce qui lui a valu quelques contentieux, oralement
résolus, avec son voisinage. La course lancée,
Lola retient son souffle, espérant à chaque
virage que son chouchou remportera le Grand Prix.
Le pare-choc contre pare-choc, les têtes à queue
et les burns n'ont plus de secret pour Lola qui connaît
le jargon automobile sur le bout de la langue. Cette
saison Lola est heureuse car c'est son pilotes fétiche
qui a été couronné.