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Organisée par Maurice Mestivier, le dynamique Président de l'AGAGI, le produit financier de cette manifestation doit servir à alimenter les caisses du Comité National de l'Accueil des Prisonniers. Si le soutien du Général de Gaulle balaye comme un coup de baguette magique les réticences administratives, les problèmes d'intendance s'avèrent plus aigus.
L'essence, le nerf de la guerre qui dépend uniquement
de la bonne volonté des Américains, ne sera débloquée
qu'après de longues "palabres" diplomatiques. Dans
cette période de rationnements et de pénurie, l'initiative
relève de la gageure. Les bolides d'avant-guerre
soigneusement protégés dans différentes retraites,
doivent être réveillés
avec douceur, comme autant de "Belles au bois dormant".
Après quelques hoquets et quintes de toux, les puissantes
mécaniques se remettent à tourner comme des horloges
mais, peu de monde se risquerait à parier sur la
résistance des pneumatiques. En dépit de ces difficultés,
les organisateurs parviennent néanmoins à réunir
48 motos et 45 voitures. Ces courses se déroulent
sur un tracé long de 2,779 km qui emprunte les allées
du bois du Boulogne. Cette renaissance aussi symbolique
qu'émouvante du sport automobile, sera la plus importante
manifestation sportive de l'époque avec près de 100
000 spectateurs.
LES COURSES
Coupe Robert Benoist A la fin d'une course disputée sur 36 tours (soit 100,044 km) et réservée aux voitures de moins de 1500 cm3, la victoire revient à la Simca 8-1100 cm3 d'Amédée Gordini. Sur la voiture lauréate à l'Indice de Performance des 24 Heures du Mans 1939, le "Sorcier" n'a laissé aucune chance à ses adversaires. Très vite débarrassé de la menaçante DB-1500 de Charles Deutsch, il a en effet mené l'épreuve de bout en bout, reléguant ses rivaux àbonne distance.
Coupe de la Libération
Disputée sur la même distance que la course réservée aux voiturettes, cette épreuve
regroupe un plateau assez hétéroclite de voitures d'une cylindrée allant de 1500 à 3000
cm3. Raymond Louveau, sur Maserati 4ICL, domine aisément la course et s'impose
devant la MG d'Auguste Veuillet, le futur importateur Porsche et fondateur de
Sonauto, Maurice Mestivier, le président de l'AGACI, termine, quant à lui en
cinquième position, avec son Amilcar.
Coupe des Prisonniers Le clou de de réunion ouvert aux voitures de Grand Prix se dispute sur 43 tours, soit 119,497 km. Jean-Pierre Wimille sur la Bugatti 50 B de 4,7 litres et Raymond Sommer sur la Talbot "Grand Prix" font logiquement figures de favoris. Le plateau est complété par une importante cohorte de Delahaye 135 (Chaboud, Grignard, Villeneuve, Cornet, Trillaud, Chotard et Wormser), les Bugatti type 51 de Maurice Trintignant et Marcel Balsa, la 57 de De Saugé, l'Alfa Romeo Tipo B (1936) de Philippe Etancelin, la Maserati 8 CM de Louis Gérard et la Talbot 3,9 litres de "Levegh".
Sommer part en tête, mais Wimille, mal placé au départ (sa voiture prête au dernier
moment l'a empèché de participer aux essais) ne va pas tarder à remonter. Quatrième à la
fin du premier tour, il talonnne Sommer dès le troisième et au passage suivant,
il est en tête. dès lors, la course est jouée. Wimille prend régulièrement de
l'avance sur Sommer, pendant que ce dernier domine nettement ses poursuivants.
Etancelin déchaîne l'enthousiasme du public en faisant le spectacle à l'arrière
avec une Alfa qui refuse obstinément de rester sur la piste, mais il doit bientôt
abandonner sur panne mécanique. A la fin de la course, Gérard perd sa troisième
place à la suite d'une cabriole, heureusement sans gravité au profit de la Delahaye
de Chaboud. Vainqueur, Wimille s'octroyait également le record du tour à plus
de 116 km/h de moyenne.
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