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Salon de Genève : bientôt le seul grand salon européen ?

Publié dans Salons > Salon de Genève

par , mis à jour

Salon de Genève : bientôt le seul grand salon européen ?

Le salon suisse qui s'ouvre aujourd'hui au public a le vent en poupe. Plus petit, plus accessible, plus fréquent et plus neutre que ses copains allemands ou français, il pourrait, à terme, leur piquer la première place en devenant le seul salon vraiment susceptible de rayonner à travers l'Europe. Et reléguer les deux autres en ligue 2 des manifestations automobiles du Vieux continent, en les transformant en événements dont l'influence ne dépasse plus l'Hexagone ou la patrie de Goethe. Explications.

A moins d’avoir passé les trois dernières semaines privé d’Internet, il est impossible pour un lecteur de Caradisiac d’ignorer que mardi, pour la presse, et aujourd'hui, pour tout le monde, le salon de Genève ouvre ses portes. Un raout pré-printanier déjà surmédiatisé auquel rien ne manque : pas une hôtesse sur son trente et un, pas un vendeur avec des promos plein les mains et, surtout, pas un stand (ou presque) sans nouveautés qui vont bien. Toutes les marques sont là, premium ou pas. Et ce n’est pas parce que le pouvoir d’achat helvétique est à la fête que les généralistes vont faire banquette. Il y en aura pour tout le monde parmi les 55 premières mondiales ou européennes. Signe du succès de la manifestation suisse : le très attendu trophée de la voiture européenne de l’année y a été décerné mardi en ouverture du banquet, comme chaque année.

Genève n’est pas juste un rendez-vous, mais une obligation pour tous les professionnels du secteur, alors que Paris et son Mondial semblent l’être de moins en moins. Ford, Jaguar et Land Rover ont déjà jeté l’éponge et Mazda pourrait bien en faire autant. Des défections à la Porte de Versailles qui pourraient bien se reproduire, peut-être avec d’autres marques, dans l’autre salon biennal, celui de Francfort, dont la prochaine édition se tiendra à la rentrée 2017.

  • Francfort et Paris, salons nationalistes

Mais pourquoi ce désamour du Mondial et de la Frankfurter Messe ? Et, surtout, pourquoi cet attrait pour le lac Léman ? C’est que tout concourt à hisser le salon helvète au premier rang des salons européens. Et que tout concourt, au final, à ce qu’il devienne le seul raout automobile continental, les deux autres étant relégués en ligue 2, au niveau de manifestations juste nationales, comme le sont aujourd'hui ceux de Bruxelles ou Barcelone. Des salons qui ont une raison d'être essentielle : celle de draïner vers eux une foule de passionnés, et de clients éventuels (Paris attire tout de même une moyenne de 1,4 million de visiteurs). Des événements qui resteront donc essentiels en termes de ventes, mais secondaires en termes de rendez-vous professionnels, de révélations médiatiques, de cogitations prospectives et de réflexions économiques. Autant d'ingrédients qui composent la recette d'un grand salon, comme celui de Genève. Pour nombre de raisons.

La situation économique du rendez-vous suisse, d’abord, est idéale. La Suisse est un pays neutre, et pas seulement en termes guerriers. Il n’y aucun constructeur helvétique. Un élément qui change fondamentalement la donne, puisque les deux autres salons rendent avant tout hommage à leurs marques locales. Au Mondial de Paris, la grande allée centrale, qui traverse le Hall 1 depuis l’entrée principale, est rebaptisée l’allée Renault-PSA par les habitués. Et pour cause. Les deux constructeurs se font face et disposent des meilleurs emplacements de tout le Centre des Expositions. Les importateurs ? Ils sont relégués dans les halls annexes, ou quand ils ont la chance -comme Ford- d’être des assidus de l’Hexagone (l’Américain est présent chez nous depuis 1907), une prime à l’ancienneté leur permet de disposer d’un stand dans le hall royal. Mais ce sera tout au fond, à droite, près de la sortie. C’est bon pour la sécurité, pas forcément pour l’attrait.

Au salon de Francfort, c’est pire, ou du moins différent. Les locaux (Daimler, BMW et groupe VW) ne disposent pas simplement de stands bien placés, mais carrément de halls entiers, quand les marques étrangères se partagent ceux qui restent. Rien de tel en Suisse, où chacun se retrouve sur un pied d’égalité, qu’il soit français, allemand, américain, japonais ou coréen.

Trop grand, trop loin

Mais la neutralité suisse n’est pas la seule raison qui pourrait imposer Genève comme le premier (le seul ?) des salons européens. Sa position géographique, sa taille, sa périodicité, ses dates et son accessibilité plaident aussi en sa faveur. Accessible, il l’est de tout le continent, car situé à cinq minutes à pied de l’aéroport international. Ce qui n’est pas le cas de la Porte de Versailles, pas vraiment aux abords des pistes de Roissy. En plus, il est tout petit. A taille humaine du moins, et ne nécessite pas d’être marathonien pour courir d’un hall à l’autre, comme c'est le cas du très athlétique salon de Francfort. Et, contrairement à ses rivaux, le salon de Genève se déroule chaque année à la toute fin de l’hiver. Le meilleur moment pour lancer une nouvelle auto. Car, c’est au printemps que les vrais gens préfèrent acheter leur nouvelle monture. Histoire d’être livrés à temps pour pouvoir l’étrenner pendant les vacances d’été. Petit rappel : les deux autres manifestations se tiennent tous les deux ans, aux moment des premières grisailles de l’automne. Si l'on ajoute à cette liste de griefs la présence de plus en plus importante des constructeurs automobiles dans les salons high tech comme le CES de Las Vegas, ou, plus récemment, le MWC de Barcelone, on mesure l'étendue du problème.

Évidemment, rien n’est perdu pour que les deux manifestations retrouvent leur entrain, pour que Francfort et Paris renouent avec le glamour des temps anciens. Il suffirait que leurs comités d’organisation affichent une vraie neutralité, qu’ils se rapprochent de leurs aéroports respectifs, qu’ils rapetissent, se piquent de high tech et changent leur calendrier. C’est pas tout à fait gagné.

 

NB : A la suite de la parution de cet article, les organisateurs du Mondial de l'Automobile nous ont contactés pour nous faire savoir que Jaguar-Land Rover participeront au prochain salon français qui se déroulera du 1er au 16 octobre prochains à Paris.

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Commentaires (39)

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Le Mondial pourrait très bien être à Villepinte : ce parc expo a une surface similaire à celui de la Porte de Versailles et est situé à une station de RER de l'aéroport Charles de Gaulle. Mais d'un côté, le 9-3, c'est bien moins glamour que Paris : un des atouts du Mondial, c'est justement d'être localisé en pleine ville...

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"A moins d’avoir passé les trois dernières semaines privé d’Internet, il est impossible pour un lecteur de Caradisiac d’ignorer que"

Internet n'étant pas la seule source d'infos sur cette planète, arrêtez de vous prendre pour le centre du monde.

Par

Avec internet et les teasings marketing calibrés qui révèlent tout avant les salons ou presque, forcément les constructeurs tuent les salons.

Il coûte combien le m² de stand à Paris vs Genève ?

Par

"Avec internet et les teasings marketing calibrés qui révèlent tout avant les salons ou presque, forcément les constructeurs tuent les salons."

+1

Par

Peut-on vraiment comparer le mondial de l'automobile de Paris/salon de Francfort et le salon international de l'auto de Genève ? La réponse est non !

Paris et Francfort sont les pieds à terre des 2 plus grosses industries automobiles du continent, ils font au moins le million d'entrées et semblent néanmoins se maintenir, tandis que le salon de Genève, plus petit a du mal à passer la barre des 800 000 visiteurs. De plus, la proximité avec l'aéroport n'est que secondaire, c'est la capacité de ceux ci qui comptent (RCDG et Francfort sont dans le top 3 européen à ce niveau là).

De plus, le salon de Genève a maintenant plus vocation à présenter de nouveaux véhicules, car effectivement sa position neutre est parfaite pour éviter de se faire écraser par les concurrents locaux dans un des 2 autres salons où l'ont retrouve plus de concepts cars.

Les salons de Paris et Francfort se destinent finalement beaucoup plus à la vente indirecte de véhicules aux locaux ( Français et allemands) en leur montrant "queskon sè fer".

Sinon, je remettrai sa neutralité en cause en évoquant le fait qu'il n'y a pas de grand salon automobile italien et donc que celui ci comble plutôt bien le trou pour Fiat, Alfa romeo et autres marques de luxe.

Par

les grands salon vont se faire bouffer par les salons alternatifs et plus branchés comme le CES de Las Vegas

Par

Le salon de paris est le reflet de la déchéance des constructeurs franchouillards. Ils ont detruit de plaisir de conduire, et de même pour ce salon de seconde zone, ça n'est que justice :biggrin::biggrin::biggrin:

Par

En réponse à GrosMytho

les grands salon vont se faire bouffer par les salons alternatifs et plus branchés comme le CES de Las Vegas

Tant que la fréquentation se comptera en million de visiteurs

je crois qu'ils ont encore de beaux jours devant eux.

Par

En réponse à Electroplast

Le salon de paris est le reflet de la déchéance des constructeurs franchouillards. Ils ont detruit de plaisir de conduire, et de même pour ce salon de seconde zone, ça n'est que justice :biggrin::biggrin::biggrin:

Je pense au contraire que rare sont les conctructeurs generalistes à soigner autant l'agrement du conducteurs au volant sur la route que les constructeurs Francais.

Par

En réponse à AtomicCity

"Avec internet et les teasings marketing calibrés qui révèlent tout avant les salons ou presque, forcément les constructeurs tuent les salons."

+1

Il y'a quand même une différence entre voir un véhicule en images sur Internet ou sur un magazine, et de le voir de visu comme spectateur sur place au salon :bah:

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