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Voitures autonomes : qui en veut vraiment ?

Dans Futurs modèles / Technologie

Le gouvernement allemand n'a pas confiance dans le système Autopilot des Tesla. En fait, qui a vraiment confiance en la voiture autonome ? Les investisseurs, les consultants et les constructeurs. Reste à convaincre les consommateurs.

Voitures autonomes : qui en veut vraiment ?

Serait-ce un retour à l'envoyeur ? La réponse allemande à la justice américaine qui frotte le museau de Volkswagen dans ses vilains petits logiciels truqueurs ? Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, un rapport interne du ministère des Transports allemand pointerait les lacunes du système Autopilot du constructeur américain Tesla. La fonction de conduite automatisée des Model S et X ne serait pas sûre.

Les enquêteurs lui reprochent de ne pas alerter le conducteur quand elle ne "comprend" pas une situation, accusent le radar de n'avoir pas une portée de détection suffisante en dépassement et jugent le freinage d'urgence pas assez réactif. Selon le Spiegel, le rapport conclurait que l'Autopilot représente "un danger considérable pour la circulation".

Une critique en règle qui arrive après l'accident mortel dont a été victime cet été un américain dont la Tesla a été scalpée par un semi remorque sur une autoroute de Floride. La caméra latérale de sa Model S n'avait pas repéré le camion qui se rabattait sur lui pour prendre une bretelle de sortie et dont la remorque blanche se confondait avec le ciel blanc. Le conducteur n'aurait pas eu la moindre réaction : il regardait un DVD. Depuis, quelques autres accidents étranges ont impliqué des Tesla, dont un avec un autocar... en Allemagne. Le constructeur rétorque qu'il ne faut pas confondre l'Autopilot avec un système pleinement autonome et qu'il recommande aux utilisateurs de "rester vigilant à tout moment" et de garder les mains sur le volant. Les mains sur le volant ?

Je les avais la dernière fois que j'ai conduit une Mercedes Classe S. C'est même obligé pour faire fonctionner ce que la marque n'ose qualifier de pilotage automatique mais y ressemble : régulateur de vitesse adaptatif, aide au maintien dans la file et freinage d'urgence automatique. Il suffit de prendre la roue d'un bon rouleur et de se laisser conduire car c'est vraiment de cela qu'il s'agit. Après 100 km d'oisiveté, j'étais à ce point engourdi et abruti que je loupais ma sortie d'autoroute, celle que je prends depuis trente ans. Je ne m'en suis aperçu qu'en attrapant de justesse la suivante. Je ne dormais pas, j'étais tout simplement en pilotage automatique, aussi vigilant qu'un gigot tiède.

En fait, garder les mains sur le volant pour être en mesure de réagir, c'est un conseil aussi pertinent que celui de garder la main sur la télécommande pour ne pas s'endormir devant un documentaire animalier. Quand son cerveau n'est pas sollicité, l'être humain s'assoupit, mains sur le volant ou pas.

 

Voitures autonomes : qui en veut vraiment ?

 

C'est bien ennuyeux car avant la voiture totalement et parfaitement autonome qui se passera de volant et de pédales, il y aura la généralisation de ces systèmes de conduite "semi autonomes". Une voiture peut-elle être "semi-autonome" ? Pour moi, il en va de l'autonomie des voitures comme de l'honnêteté de l'homme : on l'est totalement et parfaitement, ou pas du tout. Mais la question est ailleurs.

A quelles normes de sécurité et d'efficacité devront répondre ces voitures ? Comment réglementer leur utilisation ? Ce sont précisément les interrogations que soulève le ministère des Transports allemand. Et qui appelleront rapidement une réponse de la réglementation européenne. Comme il y a des normes de pollution, de bruit et de sécurité, il y aura des normes "d'autonomie".

C'est bien cela qui me fiche les jetons. Depuis le scandale Volkswagen et ses suites, nous savons que les constructeurs trichent avec la lettre ou l'esprit des textes, que certains sont prêts aux pires compromissions techniques pour gagner quelques dizaines d'euros par voiture. Au delà des logiciels truqués de Volkswagen, on a vu des systèmes de dépollution, ceux de Renault et Opel entre autres, incapables de fonctionner en dehors de la plage de température du test d'homologation, soit la moitié de l'année en Europe du Nord. Et depuis longtemps ont sait que la plupart de ces dispositifs s'encrassent et ne peuvent fonctionner durablement... en ville, là où ils sont censés être utiles.

Qui voudra bien croire que les systèmes de conduite autonome échapperont à cette logique mercantile, que les bureaux d'étude n'exploiteront pas les non-dits, les zones d'ombre ou les imprécisions de la réglementation pour économiser trois composants et deux capteurs ? Qui saura se persuader que les fournisseurs de ces merveilles ne seront pas soumis aux diktat des cost killers ? Quand ces voitures passeront le cap des 5 ou 15 ans, des 100 000 ou 200 000 km, qui voudra leur confier sa peau ?

Voitures autonomes : qui en veut vraiment ?

Pour l'heure, la confiance n'est pas au rendez vous. Une récente étude du cabinet d'audit Deloitte montre que, depuis deux ans, l'appétence des automobilistes pour l'autonomisation de leur voiture diminue et que la somme supplémentaire qu'ils sont prêts à y consacrer a été divisée par trois.

"Il y a un important travail d'éducation et d'illustration des nouveaux services à réaliser pour que les consommateurs perçoivent bien ce que sera la mobilité de demain" a commenté un responsable de l'étude. Un important travail d'éducation ? Je préfèrerais qu'il s'agisse d'un important travail d'ingénierie.

 

 

 

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Commentaires (73)

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DEGUN !!!!!

Par

Il faut laisser du temps a la technologie de se perfectionner. Mais une voiture purement autonome il faudra encore minimum 10 ans de développement. Et de tout façon il faudra un mode manuellement comme les avion.

Par

Enfin le retour de Jean Savary et avec un bon article.

Par

Il est probable que le concept de voiture autonome ne fonctionne de façon sûre que si 100% des voitures fonctionnent en mode autonome.

Sur une portion de route où il y a 100 véhicules et où 99 roulent en mode autonome, laissez un seul type pressé rouler plus vite que tous les autres et slalomer entre tous les véhicules et les risques de carambolage ne seraient sans doute pas minces. Il suffit que deux ou trois voitures autonomes interprètent mal le comportement du chauffard en question, voire une seule.

Et donc lorsque 100% des voitures roulent en mode autonome, on n'est plus très loin de ce qu'on appelle un train.

Par

De toute façon du moment ou ce système est déconnectable , vous croyez vraiment que le mec hyper pressé va resté bien sagement avec son autopilot qui respecte les distances de sécurité , bien callé aux limitations de vitesse et tout ? Soyons sérieux .... :buzz:

Par

même un conducteur de train doit toujours garder les mains sur une commande pour pouvoir continuer à rouler, et pourtant lui il a des rails...

Par

bah!

un petit rappel historique sur le nombre d'avions qui se sont crashés il y a un peu plus d'un siècle avant qu'on ne parvienne enfin à en faire voler?

et pourtant, à l'époque, certains ont dû affirmer que c'était de la folie de vouloir voler.. et qu'il n'y aurait donc jamais d'avions...

donc, si, la voiture autonome sera une réalité d'ici peu. et tant pis si c'est encore loin d'être parfait.

c'est en persévérant qu'on progresse, pas en laissant tomber de suite...

si on n'écoutait que ceux qui critiquent toutes les tentatives d'évolution vers autre chose, on en serait encore à chasser le mammouth.

Par

Je serai enKore à moto qd les autres seront ds leur tgv ..!!

Par

Le problème c'est qu'il faudrait que toutes les voitures soient autonomes et qu'elles communiquent entre elles pour que ce soit réellement efficace.

Par

En réponse à Dumbphone

Il est probable que le concept de voiture autonome ne fonctionne de façon sûre que si 100% des voitures fonctionnent en mode autonome.

Sur une portion de route où il y a 100 véhicules et où 99 roulent en mode autonome, laissez un seul type pressé rouler plus vite que tous les autres et slalomer entre tous les véhicules et les risques de carambolage ne seraient sans doute pas minces. Il suffit que deux ou trois voitures autonomes interprètent mal le comportement du chauffard en question, voire une seule.

Et donc lorsque 100% des voitures roulent en mode autonome, on n'est plus très loin de ce qu'on appelle un train.

je ne vois pas comment on peut comparer une voiture autonome avec un train?

quand tu prends le train, tu dois te rendre toi-même jusqu'à une gare.

et le train te dépose ensuite à une autre gare.

la voiture autonome est garée quant à elle devant chez toi, et elle peut t'amener à la destination souhaitée, qui peut être à 50km de la première gare...

ensuite, elle peut être TA voiture personnelle, avec les avantages que cela procure. Rien à voir avec un train que tu partages avec d'autres passagers.

enfin, elle part QUAND tu le souhaites, et non pas quand la sncf le souhaite.

bref, c'est tout simplement 2 modes de transport radicalement différents.

sauf sur un point: ce n'est pas toi qui conduit.

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