Publi info

Salon de Francfort 2019

Le salon automobile international se meurt, vive le salon régional

Dans Salons / Salon de Francfort

Le salon automobile international se meurt, vive le salon régional

Au prochain Salon de Francfort, il y aura un nombre record de constructeurs absents. Dans la foulée, le modeste Salon de Lyon fera le plein. La revanche de David contre Goliath.

La rentrée automobile est toujours marquée par un grand salon, avec l'alternance de Paris et Francfort. Cette fois, c'est en Allemagne que l'industrie automobile s'est donnée rendez-vous. Du moins une partie. Le programme des réjouissances peut sembler… déprimant.

La mise en ligne du plan des halls l'a confirmé : un grand nombre de constructeurs va manquer à l'appel. Francfort avait déjà dû faire face à des défections en 2017, mais cette fois cela atteint un niveau jamais vu pour un grand show européen. Les visiteurs ne verront pas Citroën, DS et Peugeot, aucune marque du groupe FCA, pas même Ferrari, Nissan ou encore Kia. On note que la firme coréenne ne figure pas sur le plan… alors que son siège européen est collé au salon !

Cette fuite des marques n'est pas nouvelle. On a déjà évoqué à de nombreuses reprises les raisons. C'est bien sûr avant tout une question de gros sous, la participation a un tel salon réclamant un budget colossal… alors que le retour sur investissement n'est pas là. Des constructeurs préfèrent utiliser l'argent pour d'autres types de communication, notamment le digital, qui permet de toucher plus facilement plus de monde. Heureusement, ils n'oublient pas le monde réel, mais ils aiment participer à d'autres types d'événements pour toucher d'autres publics : rendez-vous sportifs, par exemple les 24 Heures du Mans, salons technologiques comme le CES de Las Vegas ou VivaTech à Paris, concours d'élégance…

Le salon automobile traditionnel est-il mort ? Pas encore. Mais les gros calibres ne se portent vraiment pas bien. Le nombre d'absences ne faisant qu'augmenter, leur avenir semble clairement menacé. Les organisateurs tentent bien de réagir pour sauver leur rendez-vous. Du côté de Detroit, on a par exemple décidé de changer la date. Dès 2020, l'événement se passera en juin (au lieu de janvier), un moment où il y a moins de concurrence entre salons.

À Paris, on a tout revu en 2018 : durée raccourcie, ajout de la moto… Un big bang couronné de succès… mais une refonte est déjà prévue pour 2020. Ses nouveaux organisateurs veulent en faire un festival. Mais ils auront beau tout faire, si les marques jugent que ces salons sont passés de mode, elles ne reviendront pas rapidement, surtout si elles trouvent que cela coûte toujours trop cher pour un intérêt limité.

Le problème, c'est l'argent ? Voilà qui a donné des idées à l'organisateur du Salon de Lyon. Il a imaginé une formule économique assumée : de petits stands, des décors minimalistes "clé en mains", une durée de seulement 5 jours. Cela peut sembler cheap, mais l'idée est de se focaliser sur le produit. Et ça marche : toutes les firmes représentatives du marché répondent présentes ! Alors qu'à Francfort, on verra une moitié des marques, elles seront quasiment toute là à Lyon, du 26 au 30 septembre.

Le salon prend ainsi des allures de "super-concession". Il séduira particulièrement ceux qui veulent changer de voiture, d'autant qu'il est possible d'essayer les autos puis de passer commande grâce aux distributeurs locaux. Mais le salon n'est pas une simple foire à l'auto car les marques apportent leur soutien. Cela permet d'avoir de nombreuses nouveautés en avant-première. En 2017, plus d'une dizaine de modèles s'étaient montrés à Lyon plusieurs semaines avant leur lancement français. Le casting 2019 n'est pas encore connu, mais on espère découvrir le nouveau Renault Captur, le Peugeot 2008…

L'organisation plus économique permet surtout d'avoir un prix d'accès imbattable : 6 € en pré-vente, 7 € sur place. L'entrée au Mondial de l'Automobile en 2018 coûtait 18 € ! Un argument de poids pour attirer les visiteurs, le salon étant ainsi un événement abordable et donc une sortie familiale, d'autant que les organisateurs n'ont bien sûr pas oublié la partie passion. De nombreuses expositions et animations raviront petits et grands.

Et ça marche. 55 000 personnes ont visité le Salon en 2015, 62 000 en 2017. Ironie de l'histoire, en 2013, le Salon de Lyon avait été annulé. Ces événements de second plan avaient été les premiers à souffrir de l'absence de constructeurs en quête d'économie. Les voici maintenant devenus l'avenir du salon automobile. La recette lyonnaise s'est d'ailleurs exportée à Toulouse. Face à des événements internationaux devenus trop clinquants et trop chers, les petits salons prennent leur revanche avec une formule simple et basique qui satisfait marques et visiteurs.

PUBLICITE : PROFITEZ DE L'OFFRE

Commentaires (44)

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire

Lire les commentaires

Par

Pourquoi les visiteurs ne se déplacent plus dans les salons :

- Absence d'hôtesses sexy

- Trop de publicité pour l'écologie qui tue le plaisir automobile

- Des véhicules présentés trop chers (tjs le haut de gamme full option, franchement qui achète une Golf à 60'000 EUR ?).

- Prix des parkings et de la restauration trop élevés (en tout cas à Genève).

Par

Imagine tu vas au salon de Lyon pour voir le nouveau captur et 2008.. La tristesse

Pour y avoir déjà été franchement c'est pas ouf..

Par

En réponse à gotomtom

Pourquoi les visiteurs ne se déplacent plus dans les salons :

- Absence d'hôtesses sexy

- Trop de publicité pour l'écologie qui tue le plaisir automobile

- Des véhicules présentés trop chers (tjs le haut de gamme full option, franchement qui achète une Golf à 60'000 EUR ?).

- Prix des parkings et de la restauration trop élevés (en tout cas à Genève).

C'est clair. C'est devenu la propagande des voitures a pile :vomi:

Par

Et si c'était seulement de la lassitude face a une offre devenue pléthorique et sans grande différence d'un modèle a l'autre. Le rêve est fini chez nous. De plus en plus, du fait de leur nombre, les voitures sont vues comme une nuisance. Seul le coté utilitaire justifie leur existence.

Par

L'automobile passion n'existe plus.

Les écolos ont reussi cette première étape, la seconde sera de nous plumer sur le tarif de l'électricité et des recharges lorsqu'on roulera pour la plupart en véhicule électrique.

Et à coté de ça aux USA ils continueront d'acheter des V8.

Par

En réponse à LePassionné

Imagine tu vas au salon de Lyon pour voir le nouveau captur et 2008.. La tristesse

Pour y avoir déjà été franchement c'est pas ouf..

la question est de savoir pourquoi on se rend à un salon automobile.

pour ma part, c'est pour y voir/tester ce que je pourrais acheter.

quant aux caisses hors de prix, non seulement, ça n'est pas dans mon budget, mais elles sont souvent inaccessibles. alors, si c'est juste pour baver/rêver de loin derrière une cohue de visiteurs...

enfin, avec l'avènement d'internet, il est tellement plus simple d'avoir toutes les infos plus rapidement et sans se déplacer... mais c'est valable un peu pour tout.

reste que s'installer dans une voiture qu'on souhaite acheter n'est pas idiot pour la tester, mais ça, on peut le faire en concession. et puis, de manière générale, le choix d'un véhicule reste limité une fois qu'on tient compte de tout un tas de contraintes.

Par

En réponse à CruchotCars

L'automobile passion n'existe plus.

Les écolos ont reussi cette première étape, la seconde sera de nous plumer sur le tarif de l'électricité et des recharges lorsqu'on roulera pour la plupart en véhicule électrique.

Et à coté de ça aux USA ils continueront d'acheter des V8.

ce ne sont pas les bobo-ecolos qui font chier, ils ne sont qu'une stricte minorité.

ce sont les gouvernements successifs élus par une majorité de français.:bah:

bref, les français se lamentent (comme d'hab) alors qu'ils sont globalement eux-même directement ou indirectement à l'origine de ces contraintes/décisions.:bah:

j'en connais des comme ça qui se lamentent de l'autophobie ambiante et qui, pourtant, soutiennent LREM et Macron... autant dire que la logique de certains dépasse l'entendement.

Par

En réponse à GY201

Et si c'était seulement de la lassitude face a une offre devenue pléthorique et sans grande différence d'un modèle a l'autre. Le rêve est fini chez nous. De plus en plus, du fait de leur nombre, les voitures sont vues comme une nuisance. Seul le coté utilitaire justifie leur existence.

la voiture coûte de plus en plus cher à l'usage. alors, oui, on se focalise de plus en plus sur son côté pratique et son utilité par rapport à ses besoins.

raison pour laquelle je m'oriente vers une électrique en 2020.

sans quoi, j'aurais bien tenté une mx5 ou une nissan v6. mais à un moment donné, je fais mes comptes, sachant que j'ai 90 bornes à faire chaque jour...:bah:

Par

Pas de Kia à Francfort ?

Ils ont vachement envie de présenter aux potentiels clients la XCeed dites donc !

:jap:

Par

En réponse à mynameisfedo

ce ne sont pas les bobo-ecolos qui font chier, ils ne sont qu'une stricte minorité.

ce sont les gouvernements successifs élus par une majorité de français.:bah:

bref, les français se lamentent (comme d'hab) alors qu'ils sont globalement eux-même directement ou indirectement à l'origine de ces contraintes/décisions.:bah:

j'en connais des comme ça qui se lamentent de l'autophobie ambiante et qui, pourtant, soutiennent LREM et Macron... autant dire que la logique de certains dépasse l'entendement.

peut être que les gens votent pour un programme, pour un édile qui globalement entend mettre en place des mesures qu'on soutient, au sacrifice de petits plaisirs perso ou de remise en cause de certains acquis si appréciables et appréciés? qui peut se targuer de voter pour quelqu'un dont il adopte 100 % des idées?

Déposer un commentaire

Pour déposer un commentaire, veuillez vous identifier ou créer un compte.

Identifiez-vous

Se connecter ou S'inscrire