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En direct du Salon de la Moto : un monde qui vit avec la peur au ventre

Dans Moto / Salon

En direct du Salon de la Moto : un monde qui vit avec la peur au ventre

Paris ouvre donc sa porte de Versailles au monde bigarré et débridé de la moto. Un univers qui croque la vie en roulant serein et sûr de ses valeurs, avalant, au rythme de sa passion, tous les obstacles que l'existence s'échine à nous mettre sous les roues pour tester notre niveau de résilience. Oui mais ça, comme dirait l'autre, c'était avant. Car depuis que cette foutue crise nous est tombée dessus, ce n'est plus de résilience dont il s'agît mais bien de résistance.


Il faut le savoir, cette édition du Salon de la Moto est placée sous le signe de l'inquiétude et la peur exsude même des murs encadrant les travées. D'ailleurs, sur le guide presse remis, la terrible réalité n'est pas occultée, ni édulcorée. Dès les premières pages, on trouve un tableau des ventes de motocycles par catégorie sur une période allant de janvier à octobre 2013. Et qu'y voit-on ? Tous les genres, du custom aux routières en passant par les scooters, les quads et autres quadricycles sans oublier les tous terrains et les tricycles, sont en berne. Certaines accusent même des valeurs asymptotes d'effondrement. Au final, c'est une déflation totale de 13,44% que l'on regrette par rapport à un précédant exercice déjà très compliqué, avec un volume de 154.428 véhicules.


Il n'y a donc pas de quoi pavoiser, et dans les halls du Salon cette conjoncture se sent. Les sous manquent, leurs rentrées se font rares et lorsqu'elles sont possibles, c'est à vil prix. Les espaces publicitaires tournent parfois à l'aumône et c'est l'ensemble des acteurs de la moto, des constructeurs aux équipementiers en passant par les médias et autres organisateurs qui tirent la langue. La moto n'a jamais eu d'aide, la moto n'a jamais eu les faveurs d'un politique qui la considère comme une victime expiatoire idéale, et la moto est à ce point fragilisée qu'elle vacille sur ses bases. Elle se réduit si vite comme peau de chagrin que le rythme fait penser à une purge.


En direct du Salon de la Moto : un monde qui vit avec la peur au ventre


Pourtant, comme dans un ultime assaut face à une adversité trop grande, les constructeurs sortent de nouveaux modèles bien léchés, ébauchent d'enthousiasmants projets d'avenir, et, envers et contre tout, tiennent la barre malgré les vents et les courants contraires qui poussent au naufrage. Certes, sur le pont, il y a encore un orchestre qui joue dans l'indifférence générale heureux d'être arrivé à un bon moment et jouissant d'une position inatteignable par les temps qui courent. D'aucuns, aussi, en profitent pour exceller dans les clauses léonines. Et pourtant, ceux-là sombrent aussi. Des signes de basse époque qui montrent que, décidément, rien ne nous sera épargné. Raison de plus pour garder sa dignité.


C'est dans cette tempête qu'il faut s'affirmer pour mieux la braver. Ailleurs ce n'est guère plus facile, même si, dans ce type de rapprochement, on trouve rarement de la consolation. Il faudra pourtant bien en sortir car on ne sait jamais ce que peut enfanter un chaos nourrit par le désespoir et la rancoeur. Mais ça aussi, ça dépasse, et de loin, le monde de la moto.


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Commentaires (1)

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Par Anonyme

 Une passion brillamment exprimée ainsi qu'une bien triste réalité. Bravo et respect

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