Des routes en noyaux d’olives ? Barcelone tente le pari !
La municipalité de Barcelone, en Espagne, a décidé de secouer le cocotier – ou plutôt l’olivier – en testant une idée pour le moins insolite : fabriquer de l’asphalte à partir de millions de noyaux d’olives. Une innovation pour le moins inattendue.

S’il y a bien un élément qui n’a pas beaucoup évolué depuis des décennies dans le paysage des usagers de la route, c’est le bitume sous nos roues.
Or si la recette s’est régulièrement améliorée à la marge, l’enrobé traditionnel qui tapisse nos villes et nos autoroutes reste une usine à CO₂ lors de sa fabrication, sans parler de son origine pétrolière.
Pourtant, de nombreuses entreprises travaillent sur différents moyens de réduire l’impact écologique de l’asphalte.
Après les routes en mégots de cigarettes recyclés, l’Espagne réfléchit à une nouvelle recette pour son bitume. L’idée nous vient cette fois de la municipalité de Barcelone, en utilisant un ingrédient qui, jusqu’à récemment, semblait voué uniquement au chauffage domestique ou aux centrales à biomasse : les noyaux d’olive.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet municipal, porté par la mairie de Barcelone, la fondation BIT Habitat et BIMSA, avec pour objectif de développer de nouveaux matériaux pour les infrastructures publiques.
Parmi les propositions retenues figure le « biochar », un système qui remplace une partie des ingrédients traditionnels de l’asphalte par du charbon issu de noyaux d’olive et de biomasse de pin. Le concept semble simple, mais il implique une ingénierie complexe.
Moins de CO² dans l’air et des rues plus saines

En grandissant, l’olivier absorbe le CO₂ présent dans l’atmosphère. Ce carbone se retrouve stocké de manière très dense dans le noyau de l’olive. Plutôt que de brûler ces déchets agricoles dans des centrales à biomasse (ce qui recracherait le CO₂ dans l’air), le projet consiste à les transformer par un procédé thermique en biochar, un charbon ultra-stable.
En somme, une partie du carbone capté par l’arbre est empêchée de retourner dans l’atmosphère et reste piégée sous la chaussée pendant des décennies. Les estimations du projet suggèrent que ce système pourrait réduire jusqu’à 76 % les émissions de CO₂ par rapport aux mélanges conventionnels. Non seulement il pollue moins, mais il pourrait aussi offrir une meilleure durabilité.
De l’asphalte en noyaux d’olive dès 2026 !
Les premiers tests en laboratoire menés par l’UPC se veulent prometteurs. Non seulement la formule ne sacrifie rien aux performances, mais elle ferait même mieux que le bitume standard avec une excellente résistance à l’humidité, une meilleure résistance face aux fissures et aux nids-de-poule et des performances stables malgré les grosses amplitudes thermiques.
Pour l’instant, la technologie n’est pas encore commercialisée, mais Barcelone va servir de laboratoire à ciel ouvert. Après les phases d’essais réalisées en laboratoire, les premiers tests grandeur nature auront lieu dès le mois de septembre 2026.
Une longue phase d’observation sera menée tout au long de l’année 2027 pour voir comment le matériau vieillit sous les roues des voitures, des bus et des scooters, pour des conclusions définitives attendues en 2028.









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