Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

Amaxophobie, la peur silencieuse : un motard sur trois ressent de l'anxiété – Et vous, vous êtes concerné ?

Dans Moto / Pratique

Jérôme Burgel

La phrase, vous l'avez déjà entendue ou prononcée : « Je n'ai pas envie de faire de la moto ces derniers temps. » Ce n'est pas une perte de passion. C'est peut-être l'amaxophobie, une peur intense de conduire. Un tiers des conducteurs avouent ressentir de l'anxiété au volant. Les motards, plus vulnérables, sont exposés. La bonne nouvelle : la thérapie fonctionne. La passion, parfois, se soigne.

Amaxophobie, la peur silencieuse : un motard sur trois ressent de l'anxiété – Et vous, vous êtes concerné ?

Vous n’avez peut-être pas perdu votre passion de la moto mais vous avez sans doute rencontré dans ce cas cette peur silencieuse qui pousse des milliers de motards à ranger leur casque… Pendant longtemps, le scénario est toujours le même. La moto reste au garage un week-end. Puis deux. Puis un mois.

On se trouve de bonnes raisons : manque de temps, météo médiocre, fatigue, obligations familiales ou professionnelles. Et pourtant, quelque chose finit par sembler étrange. Car au fond, l'envie est toujours là. La passion n'a pas disparu. Mais la simple idée de reprendre la route, en revanche, provoque désormais un léger malaise. Une hésitation. Parfois même une véritable angoisse.

Pour les psychologues, ce phénomène porte un nom que beaucoup de motards découvrent seulement aujourd'hui : l'amaxophobie. Et contrairement aux idées reçues, elle ne touche pas uniquement les débutants.

L'image classique de la peur à moto est celle du jeune conducteur qui découvre la circulation. Pourtant, la réalité observée par les spécialistes est souvent tout autre. Les consultations concernent régulièrement des personnes qui roulent depuis vingt ans. Des motards ayant parcouru des centaines de milliers de kilomètres. Des pilotes parfaitement compétents. Des passionnés qui n'ont jamais perdu leur amour de la moto.

C'est précisément ce qui rend le phénomène si déroutant. Le problème n'est pas la technique. Le problème n'est pas l'expérience. Le problème se situe ailleurs. Dans la manière dont le cerveau interprète progressivement le risque.

Amaxophobie, la peur silencieuse : un motard sur trois ressent de l'anxiété – Et vous, vous êtes concerné ?

Quand le cerveau commence à voir le danger partout

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n'est même pas nécessaire d'avoir subi un accident pour développer cette peur. Une grosse frayeur peut suffire. Être témoin d'une collision également.Parfois, une longue période sans rouler joue le même rôle. Parfois encore, c'est l'accumulation permanente d'informations sur les accidents qui modifie inconsciemment notre perception.

Le cerveau établit alors une association de plus en plus forte entre la moto et le danger. Et ce mécanisme est particulièrement puissant chez les motards. Pourquoi ? Parce qu'une moto rappelle constamment sa propre vulnérabilité. Une réalité que le cerveau n'oublie jamais.

À bord d'une voiture, le conducteur est entouré d'une carrosserie, d'airbags, de ceintures de sécurité et de multiples dispositifs de protection. À moto, la réalité est différente. Le corps est directement exposé. La moindre erreur peut entraîner des conséquences importantes.

Les études de sécurité routière montrent depuis longtemps que le risque de blessure grave est nettement plus élevé à moto qu'en automobile. Même lorsque nous n'y pensons pas consciemment, notre cerveau enregistre cette information. Et parfois, il finit par lui accorder une importance excessive. C'est à ce moment que la peur commence à prendre le dessus.

L'aspect le plus pervers de l'amaxophobie est qu'elle se nourrit elle-même. Le mécanisme est simple. Un motard hésite à sortir. Il reste finalement chez lui. L'anxiété disparaît immédiatement. Le cerveau interprète alors ce soulagement comme une récompense. Il conclut que l'évitement était la bonne décision.

Le problème est qu'à chaque répétition, la peur gagne du terrain. La sortie suivante devient encore plus difficile. Puis celle d'après. Jusqu'au jour où une simple balade dominicale provoque un niveau d'appréhension totalement disproportionné.

Beaucoup de motards pensent alors avoir perdu leur passion. Or c'est souvent l'inverse. « Je n'ai plus envie de rouler » n'est pas toujours la vérité. C'est probablement l'enseignement le plus intéressant des travaux consacrés à l'amaxophobie. Dans de nombreux cas, la passion reste intacte.

Amaxophobie, la peur silencieuse : un motard sur trois ressent de l'anxiété – Et vous, vous êtes concerné ?

Les personnes concernées continuent de regarder les courses. Continuent de lire la presse spécialisée. Continuent de s'intéresser aux nouveautés. Continuent même parfois d'acheter des équipements. Ce qu'elles évitent n'est pas la moto. C'est l'émotion négative que leur cerveau associe désormais à son utilisation. La nuance est fondamentale. Car elle change totalement la manière d'aborder le problème.

La bonne nouvelle est que les spécialistes considèrent l'amaxophobie comme l'un des troubles anxieux répondant le mieux aux traitements actuels. La thérapie cognitivo-comportementale donne d'excellents résultats. L'exposition progressive permet souvent de retrouver progressivement confiance.

Les nouvelles approches utilisant la réalité virtuelle commencent également à produire des résultats prometteurs. L'objectif n'est pas de supprimer toute prudence. L'objectif est de rétablir une perception réaliste du risque. Ni minimisée. Ni exagérée.

Au fond, l'amaxophobie pose une question que beaucoup de motards n'osent pas se poser. Et si le problème n'était pas la perte de passion ? Et si cette hésitation croissante n'était pas le signe que l'on aime moins la moto qu'avant ?

Les psychologues avancent une hypothèse différente. Dans bien des cas, le passionné est toujours là. Le plaisir aussi. C'est simplement le cerveau qui, au fil du temps, a commencé à confondre prudence et menace permanente. Et cette distinction change tout. Car on peut perdre une passion. Mais lorsque c'est seulement la peur qui a pris les commandes, il est souvent possible de reprendre le guidon.

Mots clés :

Commentaires ()

Déposer un commentaire

 

SPONSORISE

Derniers articles moto

Articles moto les plus populaires