2. Sur route, la Bantam 350 est-elle la meilleure des BSA modernes ?

Avec ses airs d’ancienne revisitée, la Bantam pourrait n’avoir que de la gueule et ne rien en faire. Ce n’est pas le cas et tant mieux. Quitte à investir 3 999 € dans une moto, autant pouvoir s’en servir et surtout bien s’en servir. À ce titre, la BSA n’a de cesse de surprendre très favorablement. Déjà, son moteur fait rapidement oublier sa cylindrée au profit de sensations multiples. Sonorité flatteuse, présente, pétaradante lorsque l’on coupe les gaz dans les tours, elle est expressive ! Et pas seulement en matière d’échappement. Les vibrations caractéristiques d’un monocylindre sont elles aussi au rendez-vous. Elles se baladent gentiment entre le guidon et le fessier et contribuent tout autant que le compte-tour à renseigner sur le régime moteur une fois initié.
Un bloc né pour ne pas toujours rouler à bloc
Surtout, les performances du bloc-moteur sont tout à son honneur. Une souplesse appréciable, une force tangible et une excellente réactivité sont autant de points positifs, quel que soit l’environnement ou la vitesse engagée. Si le dernier rapport ne passe qu’à partir de 50 km/h un peu plus haut que le régime de ralenti, le premier a déjà énergiquement poussé son petit monde à près de 40 en toute simplicité et avec les formes.

En troisième ou en quatrième, on évolue ainsi confortablement dans la zone entre 3 000 et 6 000 t/min (où se trouve justement le couple maximal) sans jamais avoir l’impression de manquer d’allant, avant une montée en régime plus véloce menant vers la puissance maximale, située à 7 750 tr/min. Il est ainsi possible d’aller chercher les 80 km/h au rupteur en trois, 100 en quatre, 125 en 5, tandis que la vitesse maximale se situe à près de 136 km/h en six en conditions normales. Il a de la santé, ce moulin ! Suffisamment en tout cas pour pouvoir se lancer sur une autoroute et ne pas avoir à le regretter. Et assez pour se faire grand plaisir sur route où la partie cycle est à la hauteur de l’entrain.
Ferme mais juste
Bien que ferme d’amortissement, surtout à l’arrière avec un combiné capable de « taper » sur un dos-d'âne, par exemple, tout en conservant une bonne hydraulique et de la retenue, la Bantam 350 tient la route et même le pavé, qui renvoie simplement ses chocs dans le fessier. Du fait d’un débattement moins limité (135 mm contre 100 mm à l’arrière), la fourche se montre plus « souple » et permet une bonne lecture de la route ainsi qu’un guidage serein. La roue avant, étroite et de plus grand diamètre, apporte un supplément de maniabilité et une stabilité supérieure, sans inertie particulière. Elle est bien secondée par un pneumatique sportif dans son profil comme dans son grip.
Un petit roadster quasi sportif

L’arrière, en 17 pouces, affiche un très honorable 150 de large, apportant lui aussi une bonne stabilité sur l’angle. En résulte une moto facile à basculer d’un angle sur l’autre, posée au sol par un poids utile lui conférant des sensations de « plus grosse »… cylindrée, et par un frein arrière performant. À même de stopper l’équipage en ville, il ne provoque aucun déclenchement intempestif de l’ABS et retarde copieusement son entrée en action. Idem à l’avant, où il laisse encore longuement la main, notamment grâce à une précision importante dans le levier et une force plus que suffisante. La fourche ne vrille aucunement malgré l’unique disque, ce qui se montre favorable pour la trajectoire. Par contre, elle peut sembler plonger tout en étant une fois encore bien gérée dans sa détente.
Chaud devant. Et dessus !
Heureusement que les pneus MRF Zapper, une référence illustrement inconnue dans notre contrée et issue de la gamme du manufacturier indien MRF TYres, est aussi confortable que sportive. De manière inattendue, la gomme contribue au sentiment de sécurité et confère à la moto des capacités insoupçonnées. À l’aise dans le très sinueux comme dans les portions plus rectilignes, où son moteur fait une fois encore montre d’un caractère séduisant, la BSA semble bonne partout et ne manquer de rien. Reste à composer selpon nous avec une production de chaleur importante au niveau de la jambe droite, exposée à la ligne d’échappement. Un phénomène perceptible lors de notre essai et à confirmer. Le ventilateur du radiateur tournait également très souvent, sans sembler pouvoir rafraîchir suffisamment. Probablement un petit souci de mise en route, la moto étant tout fraîchement déballée, mais suffisant pour être noté. Sait-on jamais.
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