Comment faire durer sa batterie moto, qu’en faire en fin de vie ? Les conseils d’un pro pour tout savoir
Particulièrement sensible aux variations de températures, nécessitant un entretien régulier pour durer et hautement recyclable, la batterie est un élément indispensable de nos motos, mais aussi une pièce d’usure qu’il convient de bichonner. Pour savoir comment optimiser sa durée de vie, faire les bons gestes pour l’entretenir et la recycler sans risque, un professionnel nous donne ses conseils.

Tomber en panne de batterie au moment de lancer le démarreur, c’est le cauchemar classique du motard. Et au prix où coûtent les batteries modernes (qu’elles soient au plomb, au Gel, AGM ou Lithium), voir sa batterie en bout de course au bout d’un an ou deux fait toujours mal au portefeuille.
Heureusement, avec quelques bons réflexes et un minimum d’entretien, on peut facilement optimiser la durée de vie de sa batterie. Voici nos conseils éprouvés, et ceux de Hugo Bouquet de Jolinière, Responsable des marchés Automobile et Transports de Batribox, pour ne plus jamais rester sur le carreau !
Batterie moto : les bonnes pratiques pour prolonger sa durée de vie
- Investir dans un chargeur « intelligent » (maintien de charge)
C’est l’achat le plus rentable pour un motard car lors d’une longue période d’inutilisation de la moto, le chargeur permet de maintenir un niveau de charge nécessaire au bon fonctionnement de la batterie au moment où le véhicule sera appelé à reprendre la route. Il faut toutefois veilleur à utiliser un chargeur spécifique moto (Type Optimate, TecMate, NOCO). Il adapte l’ampérage (environ 1/10ᵉ de la capacité de la batterie) et bascule automatiquement en mode « maintien de charge » dès que la batterie est pleine.
Lors d’un hivernage, laissez la batterie branchée au chargeur si elle reste sur la moto, ou démontez-la et rechargez-la une fois par mois.

- La protéger du froid mais aussi de la chaleur
Le froid paralyse la réaction chimique. Si votre moto dort dehors ou dans un garage très froid, retirez la batterie et stockez-la dans une pièce sèche entre 10 °C et 20 °C. Il faut veiller à la conserver au maximum à température à peu près constante pour éviter les mauvaises surprises au redémarrage. Une précaution qui est aussi à prendre l’été, où il est conseillé de ne pas stationner son véhicule au soleil, exposé à de fortes chaleurs, cela pourrait entraîner une déformation de la batterie et une fuite d’électrolytes.
- Entretenir les cosses
L’oxydation crée de la résistance, ce qui fatigue le démarreur et empêche la batterie de bien se recharger en roulant. Pour éviter cela, passez un coup de brosse métallique ou de papier abrasif fin sur les bornes oxydées. Il est aussi possible d’appliquer une fine couche de graisse diélectrique (ou graisse neutre) sur les bornes pour bloquer l’humidité.
Le conseil d’un pro : « Lorsque la moto ne roule pas, en particulier l’hiver, il est déconseillé de la démarrer juste pour la faire tourner quelques minutes. Seul le fait de rouler régulièrement permet à la batterie de se recharger. Les systèmes qui puisent de l’énergie (alarme, veilleuse, démarrage sans clé, etc.) peuvent aussi être déconnectés si cela est possible. Un système de maintien de charge permet efficacement à la batterie de redémarrer une fois que la période d’inutilisation est terminée. »

Comment savoir si sa batterie est en fin de vie ?
Avant de se retrouver en panne au milieu de nulle part, il est possible de guetter quelques signes d’essoufflement de sa batterie :
- Le démarreur « hésite » : Après la pression sur le démarreur, le moteur tourne lourdement avant de se lancer.
- L’électronique bégaie : Au moment d’appuyer sur le démarreur, l’écran du tableau de bord s’éteint puis se réinitialise.
- Faire un test au multimètre (moteur éteint) : de 12,6V à 12,8V : la batterie est en pleine forme, de 12,0V à 12,3V : la batterie est déchargée et aura besoin d’une charge lente, sous 11,5V : la batterie est en décharge profonde. Si après 12h de charge elle ne remonte pas au-dessus de 12,4V, elle est « sulfatée » ou a un élément mort. Elle est généralement bonne à changer. Une batterie gonflée, déformée ou qui dégage une odeur d’œuf pourri (acide/soufre) doit être débranchée immédiatement et remplacée.
Le conseil d’un pro : « Pour vérifier l’état de sa batterie, on peut utiliser chez soi un multimètre, ou le faire chez un professionnel. Un cyclage (vider entièrement la batterie puis la recharger, NDR), peut aussi permettre de connaître avec précision l’état de santé de la batterie. Cela peut-être pertinent avant un road-trip ou même en reprise de saison. »

Que faire d’une batterie en fin de vie ? (Législation et Recyclage)
Une batterie usagée contient du plomb, de l’acide sulfurique ou du lithium : c’est un déchet dangereux et très polluant. Il est strictement interdit (et passible d’une amende forfaitaire de 460 € et jusqu’à 1 600 € si l’infraction est requalifiée en dépôt sauvage de déchets avec un véhicule) de la jeter dans les ordures ménagères ou la nature.
En France, tout vendeur de batteries (magasin moto, centre auto, grande surface, accessoiriste) a l’obligation légale de reprendre gratuitement votre ancienne batterie usagée à l’achat d’une neuve. Mais pas seulement. Les distributeurs de certains produits soumis à responsabilité élargie du producteur (REP) doivent aussi reprendre sans frais les produits usagés dont les consommateurs se défont. Il existe 2 types de reprises : la reprise « 1 pour 1 », concernant l’achat d’un produit équivalent par le consommateur, et la reprise sans obligation d’achat. Les déchetteries disposent elles-aussi d’un bac spécifique pour la collecte des batteries et de nombreux points de collectes sont à disposition pour y déposer sa batterie en fin de vie (garages, accessoiristes, revendeurs, concessions, etc.).
- Que devient une batterie hors d’usage ?
Collectées, les batteries usagées sont envoyées dans différents centres de traitement. Les batteries se recyclent très bien (à plus de 90 % pour le plomb). Le plomb est fondu pour refaire de nouvelles batteries ou diverses pièces. L’acide est neutralisé ou transformé en sulfate de sodium (utilisé dans les lessives). Le plastique du bac est broyé pour fabriquer de nouveaux boîtiers.

Le conseil d’un pro : « Pour la batterie, le consommateur ne doit jamais payer pour son recyclage. C’est le principe du pollueur/payeur qui s’applique. En plus de nos points de collectes classiques nous mettons en place un réseau de plus en plus dense, notamment avec des grandes marques de motos. À ce jour nous travaillons déjà avec Honda et Suzuki qui disposent de contenants de collectes. La régénération de batteries, afin de proposer des batteries d’occasion en bon état de fonctionnement est également une piste intéressante, toujours dans le but d’améliorer l’impact environnemental des véhicules. »













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