Financement du permis par le CPF : les changements qui ont fait plonger la demande
Le financement du permis moto avec le CPF (Compte professionnel de formation) n’a pas fait long feu. Le (trop) grand succès de cette possibilité a rapidement entraîné un sérieux coup de frein de l’État sur les conditions d’accession à la formation entraînant de facto une baisse radicale de la demande.

La possibilité de financer sa formation au permis moto avec le CPF (Compte professionnel de formation) a connu un succès tel que le dispositif et les conditions d’accession se sont considérablement durcies progressivement.
Face au nombre d’inscriptions dans les moto-écoles qui a rapidement explosé, le Gouvernement avait, quelques mois seulement après la mise en place du financement du permis moto avec le CPF, pris la décision de restreindre l’accès aux formations des permis moto et auto.
Conséquence directe de ce durcissement des règles : l’utilisation du CPF pour financer le permis moto a « chuté de 94 % entre 2024 et 2025 (7 800 entrées en formation en 2025 contre 130 200 en 2024) » a précisé la Dares (la Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques du ministère du Travail).
Cette dégringolade spectaculaire est le principal moteur de la baisse globale de l’utilisation du CPF (-11 %). Elle s’accompagne d’une autre statistique amusante : la part des hommes parmi les utilisateurs du compte de formation est revenue de 54 % à 51 %. Faut-il y voir un lien direct ? Sans doute.
Le permis moto gratuit, c’est fini !
Désormais, pour pouvoir financer ses leçons de conduite et s’aligner sur les épreuves du plateau et de la circulation, il faut justifier d’un usage strictement professionnel du futur deux-roues. Fini le permis « plaisir » pour aller rouler le week-end entre copains sur les petites routes de campagne.
À cela s’ajoute une autre règle introduite mi-2024 : le financement CPF d’un permis léger est désormais interdit si vous possédez déjà un autre permis de la même catégorie. Si vous avez déjà le permis B (voiture), vous ne pouvez plus utiliser vos droits pour la moto, et inversement. Seul rescapé de ce grand nettoyage réglementaire : le permis poids lourd, qui progresse de 28 %, porté par les besoins réels de recrutement des transporteurs.
La chute libre pour l’utilisation du CPF dans les moto-écoles
Au-delà de la moto, c’est tout le fonctionnement du CPF qui a pris un sérieux coup dans l’aile. La mise en place d’une franchise de 100 euros au printemps 2024 (relevée à 150 euros depuis avril dernier) a calmé les ardeurs des salariés. Seules 35 % des formations commencées sont aujourd’hui financées à 100 % par les seuls droits CPF de l’utilisateur, contre plus de 60 % auparavant.
L’intégration du permis moto dans le CPF avait provoqué un formidable appel d’air dont ont largement profité les moto-écoles mais aussi tous les constructeurs proposant des motos A2 dans leurs gammes.
Mais ce dispositif a rapidement été victime de son succès et son objectif de base biaisé : beaucoup l’utilisaient pour s’offrir un permis moto aux frais de la princesse.
Le retour à la réalité est brutal, surtout pour les moto-écoles qui voient un tiers de leur clientèle s’évaporer.









Déposer un commentaire
Alerte de modération
Les données que vous renseignez dans ce formulaire sont traitées par GROUPE LA CENTRALE en qualité de responsable de traitement.
Les données obligatoires sont celles signalées par un astérisque dans ce formulaire.
Ces données sont utilisées à des fins de :
Vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement de ces données, d’un droit de limitation du traitement, d’un droit d’opposition, du droit à la portabilité de vos données et du droit d’introduite une réclamation auprès d’une autorité de contrôle (en France, la CNIL).
Pour en savoir plus sur le traitement de vos données : Politique de confidentialité
Alerte de modération