La Chine ose l’impensable : une moto de 1000 cc avec… direction assistée
Depuis des décennies, la direction à moyeu fait partie de ces idées fascinantes qui promettent de révolutionner la moto… sans jamais vraiment s’imposer. Sur le papier, le concept est séduisant : dissocier les forces de freinage, de suspension et de direction afin de maintenir une géométrie stable et d’améliorer le comportement dans les situations extrêmes. Dans la réalité, personne n’a encore réussi à transformer cette promesse en solution viable pour la production de série. Aujourd’hui pourtant, un constructeur semble prêt à relancer le pari. Et comme souvent ces dernières années, l’initiative vient de Chine.

Selon plusieurs brevets récemment publiés, le groupe chinois Zongshen, via sa marque premium Cyclone, travaille sur un système inédit de direction à moyeu intégrant une assistance hydraulique et électrique.
L’idée est radicale : abandonner la transmission purement mécanique de la direction pour introduire une assistance comparable à celle utilisée depuis plus de 75 ans dans l’automobile.
Dans ce système, le guidon actionne une pompe hydraulique qui envoie la pression vers un servomécanisme chargé de faire pivoter la roue avant. Un moteur électrique intégré vient compléter l’ensemble pour fournir une assistance supplémentaire.
Le résultat attendu ? Une direction plus légère, plus précise et plus stable, en particulier sur les motos lourdes.
La direction à moyeu n’est pas une nouveauté. Des constructeurs prestigieux comme Bimota ont défendu ce concept pendant des décennies, notamment avec la célèbre série Bimota Tesi.

L’approche Zongshen : assistance hydraulique + électrique
Ces machines ont démontré que la solution était techniquement possible… mais elles ont aussi révélé ses limites : complexité mécanique, coûts élevés et sensations de direction parfois déroutantes.
Les biellettes nécessaires pour transmettre la rotation au moyeu introduisent souvent du jeu ou des frictions, ce qui donne une direction moins intuitive qu’une fourche classique.
Le projet de Zongshen cherche précisément à corriger ces défauts. Le brevet montre un monobras oscillant avant accompagné de deux amortisseurs, tandis que la direction n’est plus assurée par un simple système mécanique mais par un circuit assisté.
L’assistance électrique pourrait même fonctionner de différentes manières : assistance permanente, assistance uniquement à basse vitesse, assistance variable selon le mode de conduite ;
Une solution particulièrement pertinente pour une moto comme la Cyclone RA1000, une machine imposante et ambitieuse destinée au segment haut de gamme.
Avec un tel système, il deviendrait possible d’intégrer une roue avant très large sans les compromis habituels imposés par une fourche conventionnelle.
Reste évidemment la question essentielle : cela fonctionnera-t-il réellement ? Si la direction à moyeu a disparu du marché, ce n’est pas faute d’idées. C’est simplement parce qu’aucun constructeur n’a encore trouvé le compromis idéal entre sensations de pilotage, fiabilité, coût et entretien.
Zongshen parie que la combinaison hydraulique + électrique pourrait enfin résoudre l’équation.
Et au vu de la vitesse à laquelle les constructeurs chinois progressent dans l’industrie moto, cette hypothèse n’a plus rien d’utopique.
Si cette technologie voit réellement le jour, elle pourrait marquer une étape symbolique : celle où la Chine ne se contente plus d’imiter les solutions techniques existantes… mais commence à résoudre les problèmes que les autres ont laissés en suspens.














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