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« Dans 5 ans, 50 % des marques seront chinoises » : l’avertissement brutal qui vise l’Europe… et annonce un séisme

Dans Moto / Pratique

Jérôme Burgel

Il y a des déclarations qui ressemblent à de la provocation. Et puis il y a celles qui sonnent comme un plan déjà en marche. Lorsque Zhang Xue affirme, sans trembler, que « dans cinq ans, 50 % des marques les plus importantes seront chinoises », il ne cherche pas à faire du bruit : il décrit un basculement qu’il considère déjà inévitable. Et le plus troublant, ce n’est pas la phrase. C’est la cohérence de tout ce qui l’entoure.

« Dans 5 ans, 50 % des marques seront chinoises » : l’avertissement brutal qui vise l’Europe… et annonce un séisme

Zhang Xue ne parle pas en observateur. Il parle en acteur. Ancien fondateur de KOVE, il a quitté un premier projet pour en lancer un autre immédiatement, avec une ambition claire : accélérer, produire, imposer.

Son diagnostic est limpide : « Dans cinq ans, les marques chinoises connaîtront une croissance très rapide. Elles deviendront des leaders. 50 % des marques les plus importantes seront chinoises. » Ce n’est pas une hypothèse. C’est un objectif. Et dans la foulée, il précise le cœur de sa stratégie, avec une lucidité presque brutale :

« Les motos sportives représentent le segment le plus vendu et le plus intéressant en Chine. Ce modèle me permet de gérer l’entreprise et de réaliser des bénéfices. Et ce n’est qu’avec des bénéfices que je peux faire d’autres choses ; sinon, je ferai faillite. »

Tout est dit. La performance, le marketing, l’image… viennent après. D’abord, il faut générer du volume, du cash, et construire une base industrielle solide.

« Dans 5 ans, 50 % des marques seront chinoises » : l’avertissement brutal qui vise l’Europe… et annonce un séisme

Une prophétie… ou un calendrier industriel déjà lancé ?

Ce qui distingue réellement cette nouvelle génération de constructeurs chinois, ce n’est pas seulement leur vitesse d’exécution. C’est leur manière de produire.

Zhang Xue l’assume sans détour : « Nous fabriquons uniquement le châssis et le moteur ; tout le reste provient de fournisseurs externes. »

Ce modèle hybride, qui pourrait passer pour une faiblesse ailleurs, devient ici une force. Il permet d’aller vite, très vite, tout en s’appuyant sur des spécialistes pour chaque composant. Résultat : une montée en gamme accélérée, sans les lourdeurs structurelles des grands groupes historiques.

Et lorsqu’il montre sa moto pour en démontrer la qualité, il ne choisit pas un argument marketing abstrait. Il pointe un détail concret : « Regardez ça… Ça bouge à peine. Il n’y a aucun jeu, vous voyez ? »

Puis il attaque frontalement la concurrence : « Vous ne trouverez pas mieux. Essayez de regarder d'autres motos chinoises. Les autres sont pareilles. »

Le message est clair : la qualité n’est plus un point faible. Elle est devenue un standard. Mais le véritable choc vient des chiffres.

« Cette année, nous avons lancé six nouveaux modèles. L'année prochaine, nous en aurons probablement quinze. » Quinze modèles en une année.

Dans une industrie où un cycle de développement peut durer plusieurs années, cette cadence est presque irréelle. Et elle s’appuie sur des investissements humains massifs : « Nous avons actuellement 200 ingénieurs… l'année prochaine, nous en aurons entre 300 et 400. » Ce n’est plus de la croissance. C’est une montée en puissance industrielle.

Ce qui rend cette stratégie encore plus offensive, c’est son objectif géographique. L’Europe n’est pas un marché secondaire. C’est la cible. « Toute la gamme sera lancée en Europe l'année prochaine. »

« Dans 5 ans, 50 % des marques seront chinoises » : l’avertissement brutal qui vise l’Europe… et annonce un séisme

Autrement dit, il ne s’agit plus d’exporter quelques modèles pour tester le terrain. Il s’agit de s’implanter, de s’imposer, et de concurrencer directement les références historiques — Ducati, Yamaha, Honda — sur leur propre territoire.

Et pourtant, ce qui rend le discours de Zhang Xue crédible, c’est qu’il ne nie pas les failles actuelles. Il les expose, presque méthodiquement : « Sans aucun doute, la marque. La réputation se construit sur des décennies, pas sur des années. »

Puis : « Le temps de développement doit être plus long. » Et enfin : « La gestion doit être davantage automatisée. »

Autrement dit, tout n’est pas parfait. Mais tout est identifié. Et surtout, tout est en cours de correction.

Au milieu de cette vision industrielle, une phrase ressort, presque brutale dans sa simplicité : « Ce n'est qu'avec des profits que je peux faire d'autres choses ; sinon, je meurs. »

C’est une philosophie. Une ligne directrice. Une manière de penser qui tranche avec les logiques plus conservatrices de certaines marques historiques.

Ce que décrit Zhang Xue n’est pas seulement l’ascension de la Chine. C’est la transformation d’une industrie entière.

Une industrie où la vitesse de développement explose, les modèles économiques se simplifient la technologie circule plus vite que jamais, et où, surtout, la hiérarchie n’est plus figée. Alors, les constructeurs historiques sont-ils prêts à évoluer au même rythme… ou vont-ils regarder le train passer ?

Zhang Xue n'est pas un simple PDG, c'est un pilote-ingénieur passionné comme Soichiro Honda l'était. Son départ de Kove lui a permis de supprimer toute bureaucratie pour créer une structure encore plus agile. La barrière psychologique des acheteurs européens pourrait tout aussi bien tomber bien avant les cinq ans annoncés.

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