MotoGP en ville : et l’environnement dans tout ça ?
Dès 2027, le paddock MotoGP va prendre possession des rues d’Adélaïde, en Australie. Prévu pour la période 2027-2032, ce Grand Prix d’Australie marquerait alors une grande première pour MotoGP reine en s’installant au cœur de la ville, au détriment du circuit historique de Phillip Island. Toutefois, la perspective de voir une piste et ses infrastructures s’implanter dans les Adélaïde Park Lands (la ceinture verte protégée entourant la ville) divise déjà profondément la population locale. Et ce n’est peut-être que le début.

Dans quelques semaines, le mythique tracé de Phillip Island résonnera une dernière fois au son des prototypes de MotoGP.
Comme cela a déjà été annoncé, le circuit insulaire cédera sa place à un nouveau tracé semi-urbain dans les rues d’Adélaïde, à l’image de celui sur lequel posaient leurs roues les Formule 1 de 1985 et 1995.
Si cette volonté d’investir les cœurs de villes est impulsée par le promoteur du championnat du monde, la Dorna, et le propriétaire du MotoGP, le groupe américain Liberty Media, le projet australien fait déjà face à une féroce opposition.
Une coalition de résidents, d’associations et de défenseurs de l’environnement a officiellement interpellé Jorge Viegas (président de la FIM), mais aussi Carmelo Ezpeleta (PDG du MotoGP) et Derek Chang (PDG de Liberty Media).
En cause, l’environnement et l’impact du circuit et de l’événement sur la biodiversité locale. La coalition indique qu’environ 40 % du tracé traverserait les Park Lands. Plus de 200 arbres (voire jusqu’à 400 selon certaines estimations, contre 45 annoncés par le gouvernement) risqueraient d’être abattus, dont des eucalyptus centenaires et une oliveraie historique de 150 ans.

Via une pétition, la campagne « Stop the Chop » a déjà réuni plus de 40 000 signatures manuscrites (un seuil permettant de réclamer une enquête parlementaire) et plus de 50 000 soutiens en ligne.
Les signataires demandent notamment une étude d’impact environnemental indépendante et publique, s’appuyant sur le Code de l’environnement 2026 de la FIM qui préconise d’éviter toute atteinte aux habitats naturels, et cite son principe fondamental : « protéger la nature et éviter de nuire aux habitats et aux espèces ». Un objectif que les signataires jugent incompatible avec ce projet.
MotoGP vs environnement, un combat perdu d’avance ?
Face aux critiques, le gouvernement d’Australie-Méridionale (emmené par le Premier ministre Peter Malinauskas) défend un projet majeur pour l’économie et le tourisme local, rejetant pour l’instant l’alternative de délocaliser la course sur le circuit permanent de « The Bend », situé à 100 kilomètres au sud-est d’Adélaïde.
De son côté, Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP, se veut rassurant et joue l’apaisement : « Comme chacun le sait, nous roulerons l’année prochaine avec du carburant 100 % durable ; nous avons réduit la capacité des réservoirs et nous menons d’importantes actions concernant notre logistique et nos opérations. L’impact environnemental sur le parc (d’Adélaïde) a été une priorité pour nous dès le départ. Nous compensons ailleurs toutes les modifications que nous avons pu effectuer. Par exemple, pour chaque section de revêtement asphalté permanent posée, d’autres zones seront transformées en espaces verts. Un travail minutieux a été accompli pour définir avec soin le tracé du circuit afin d’en minimiser l’impact, notamment sur les arbres indigènes, ce qui constitue la priorité absolue. De plus, nous garantissons un bilan positif pour tout arbre devant être déplacé, en compensant son retrait par de nouvelles plantations ailleurs. »

L’honneur est donc sauf selon le boss de la Dorna, dont les engagements environnementaux semblent avoir été étudiés avec sérieux. L’avenir nous permettra toutefois d’en juger.
Concernant le projet lui-même, il a déclaré : « C’est probablement le projet le plus ambitieux que nous ayons jamais entrepris. Il marquera véritablement le début d’une nouvelle ère pour le MotoGP, même si nous ne considérons pas le projet d’Adélaïde comme un modèle à reproduire dix fois par an. Je pense qu’il ouvrira les yeux du monde entier en démontrant qu’une telle réalisation est possible. Nous sommes très optimistes. »
Le boss de la Dorna juge-t-il sans doute qu’il n’y a pas déjà assez de circuits capables d’accueillir le MotoGP dans le monde pour vouloir en créer de nouveaux en plein cœur des villes. Et tant pis s’il faut pour cela sacrifier quelques arbres…

Les travaux de construction doivent débuter fin 2026 pour une première épreuve programmée en novembre 2027.











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