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2. Mv Agusta Brutale 675 : se méfier des apparences

Mv Agusta Brutale 675 : une chanson en 1500 mesures

« C'est quoi cette crevette ? »… Voilà les premiers mots qui me sont venus à la bouche quand je suis venue la chercher. Je ne sais pas si c'est l'habitude de voir ses grandes sœurs ou l'effet podium lors des salons, mais je la voyais beaucoup plus imposante dans mes souvenirs. Avec en plus ses lignes ramassées, son arrière très court, la Brutale 675 fait petite.


Pendant que je faisais le tour, un énorme paradoxe esthétique s'est imposé à moi. Certes, cette B3 a la patte MV Agusta, c'est certain, juste par la forme du réservoir, son phare rond plongeant ou encore son monobras. Mais d'un autre côté, je ne m'enlevais pas de la tête qu'elle ressemble un peu trop à une japonaise. Probablement, les petites touches de plastique par-ci par-là, des touches de finitions très propres mais très loin des qualités esthétiques de la 1000. Il est certain qu'au prix proposé, il fallait bien faire des coupes quelque part. Mais l'ensemble reste toutefois équilibré et agréable à l'œil. On aimera la sortie d'échappement 3 pots, le monobras, la qualité de la peinture, les finitions propres, mais on aimera moins, cet horrible support de plaque qui gâche son côté « petit cul » et les plaques métalliques qui cachent le radiateur. On les aurait préférées en version peinte.


Mv Agusta Brutale 675 : une chanson en 1500 mesures


A bord, la position est ajustée, pas trop droite ni trop avancée. Pas de galère pour régler les larges rétroviseurs (c'est un détail mais sur beaucoup de modèles, ce n'est pas pratique). Cette machine ne sera pas faite pour les grands gabarits de plus du mètre quatre-vingt. Les cale-pieds placés plutôt haut se révéleront peu pratiques pour les grandes jambes. En revanche, pour les petites tailles, cette moto est idéale ! Tout viendra se placer idéalement sous la main sauf les palettes de navigation de l'ordinateur de bord. Des boutons placés sous une couche de caoutchouc. Avec ou sans gants c'est une galère pour faire ses sélections ou la simple remise à 0 du Trip partiel. Un vrai bémol car le menu est plutôt complet avec un indicateur de rapport engagé, quatre modes de réglage suivant le terrain et ses envies et la possibilité de régler le « traction control » de manière indépendante au programme choisi (de 1 à 8). La lisibilité des compteurs est bonne mais on regrettera tout de même l'absence de jauge d'essence.


Bon ce n'est pas tout ça mais j'ai des kilomètres à faire moi avec cette B3. Je saute dans ma combinaison et mes bottes, m'installe au guidon et m'attèle à faire une manœuvre… Enfin des manœuvres puisqu'il ne faudra pas compter sur l'immense rayon de braquage pour vous aider. Je tourne la clé et je démarre. Première constatation, on s'attend à ce que le trois cylindres fasse un peu plus de bruit, ce n'est pas gênant en soi (surtout sur les longs trajets), mais là où la déception est grande, c'est sur la sonorité. Je suppose que c'est le catalyseur qui déforme le bruit de la machine. On se retrouve face à un son très métallique assez désagréable. On s'attendait à beaucoup mieux de la part d'une marque comme MV Agusta. Dès les premiers kilomètres, on peut sentir la nervosité de la Brutale. Son poids plume et sa maniabilité sont un bonheur même s'il vous faudra un petit temps d'adaptation pour sa prise en main. Elle laisse même transparaître qu'elle ne serait pas à mettre dans les mains d'un débutant.


Mv Agusta Brutale 675 : une chanson en 1500 mesures


Bon pas forcément jouissif mais nécessaire, je fais les premiers kilomètres sur l'autoroute avec la belle en direction de la Savoie. Cela m'a permis de constater que la Mv offre à la fois stabilité à haute vitesse, une très bonne protection pour un roadster et surtout confortable. Ce dernier point est d'ailleurs très étonnant quand on voit la petite selle proposée. La position n'est pas fatigante et taper de la borne avec est une formalité. Idem, pour la ville, la Brutale se faufile de partout avec beaucoup de facilité. On domine d'ailleurs plutôt bien la circulation et avec son gabarit « crevette », on n'a pas cette peur d'embarquer tous les rétros qui passent à porté de guidon. La seule chose qui pourrait venir ternir ce tableau reste la chaleur qui émane du moteur en pleine été (idéal par contre en hiver). Même constatation dès que l'on cumule les 200 kilomètres sans s'arrêter, on peut sentir la chaleur remonter et ce, peu importe la vitesse à laquelle on se trouve.


Au quotidien, la Brutale B3 se révèle plutôt facile à vivre, bien qu'il ne faille pas trop compter sur elle pour vous laisser une quelconque place sous la selle pour y mettre une tenue de pluie par exemple. C'est surtout sur sa légèreté et sur sa petitesse que la Mv prouve bien sa valeur. Je ne serai pas étonnée de voir des motards l'utiliser pour aller au boulot tous les jours avec. Plus discrète que ses grandes sœurs, elle attire moins les regards. Grâce à une ouverture des gaz assouplie et aux 3 pattes, pas de risque de caler ou de se faire surprendre pas des à-coups moteurs. La très longue plage du couple, laisse un véritable confort de conduite en ville et sur les trajets quotidiens. Inutile de se tracasser à changer de rapport.


Mais là où la Brutale se retrouve dans son terrain de prédilection est sans conteste la portion viroleuse. Là où tu enchaînes les épingles, où tu penches à en faire racler les cale-pieds et où tu as les oreilles bouchées à force de prendre de l'altitude. Des centaines de virages que la Brutale prend sans broncher. Car oui, le plus gros point fort de cette machine reste sans doute sa partie cycle. Aussi bien la tenue de route que le système de freinage. Elle est joueuse mais obéit au doigt et à l'œil aux placements en courbe. Inutile de corriger sa trajectoire, elle ne bougera pas d'un cm. Quant au système de freinage, il est progressif et mordant. Pas de violente secousse ou de mouvement « cheval à bascule ». Et même si vous arrivez un peu brusquement dans un virage, la B3 se laissera corriger sans sourciller. Un conseil tout de même, investissez dans des pneus qui auront un minimum d'accroche. Nous avions pour cet essai des Pirelli Angel qui avaient beaucoup de mal à monter en température et ne mettaient pas en confiance pour pencher toujours un peu plus. Je serais même d'avis d'opter pour des profils triangulaires qui aideront à garder une bonne maniabilité dès que le rythme s'accélère.


Mv Agusta Brutale 675 : une chanson en 1500 mesures


La B3 reste toutefois un paradoxe. Elle est très facile à l'usage et pourrait convenir aux débutants, mais le moteur 3 cylindres montre tout à fait le contraire. Il propose des plages de couple qui n'en finissent pas sur chaque rapport et la puissance qui va crescendo. Il reste assez souple, mais on ne peut se défaire de la sensation qu'il va brusquement donner un coup de cul à un changement de rapport (montant ou descendant) ou à une réouverture des gaz un peu trop franche. Les sons parasites et le bruit pas très agréable renforcent ce sentiment. D'ailleurs il suffit de passer un mode Sport pour se rendre compte que le 3 cylindres est un véritable petit démon. Amateurs de moto nerveuse, vous allez être servis. Le mode Normal vous offrira un peu plus de souplesse sous la barre des 8000 tr/min. La présence du Traction Control jouera en votre faveur en cas d'emballement du moulin et la tenue de route saine de la moto vous évitera certains désagréments.


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