Vietnam, la capitulation : Honda fait plier Hanoï, le moteur à essence tue la ZFE – 80 % de parts de marché, zéro remords !
Le Vietnam rêvait de bannir les motos à essence de sa capitale d'ici juillet 2026 pour sauver ses poumons. Un projet radical, ambitieux, presque héroïque. Mais c’était sans compter sur la réalité brute du terrain : dans ce pays, on ne défie pas le roi Honda. Face à une simple protestation du géant japonais, les autorités de Hanoï ont fait machine arrière, prouvant que la puissance d'une marque peut faire trembler un État.

C’est une séquence qui risque de faire énormément parler dans toute l’industrie moto mondiale. Le Vietnam voulait frapper fort. Très fort. L’objectif affiché par Hanoï était clair : interdire progressivement les motos à essence dans le centre-ville dès 2026 afin de lutter contre la pollution atmosphérique devenue critique.
Sur le papier, le projet semblait presque inévitable dans un monde obsédé par l’électrification. Puis Honda est intervenu. Et tout a changé.
Car ce qui vient de se produire au Vietnam montre une réalité que beaucoup de gouvernements commencent à découvrir brutalement : interdire la moto thermique dans certains pays revient presque à toucher au cœur même du fonctionnement économique et social du pays.
Et au Vietnam, cela signifie directement toucher à Honda. Parce que là-bas, Honda n’est pas simplement un constructeur parmi d’autres. Honda EST littéralement la moto vietnamienne. La marque japonaise contrôlerait environ 80 % du marché national avec une présence industrielle gigantesque : usines, sous-traitance, milliers d’emplois, réseau économique entier dépendant de la moto.
Et surtout, dans un pays où près de 80 % de la population utilise quotidiennement une moto comme principal moyen de transport, le sujet devient explosif politiquement. Contrairement à l’Europe où la moto reste souvent associée au loisir ou à la passion, au Vietnam elle représente : le travail, la mobilité, la livraison, les déplacements familiaux et la survie économique quotidienne.
Autrement dit : toucher à la moto thermique là-bas, c’est toucher directement à la vie quotidienne de millions de personnes. Et Honda l’a parfaitement compris. Selon plusieurs informations relayées notamment par Reuters, la marque japonaise a publiquement exprimé ses doutes sur la faisabilité d’une transition aussi rapide.

Honda, un État dans l’État
Le constructeur aurait alerté sur les risques économiques, les difficultés logistiques, l’absence d’infrastructures suffisantes et surtout le danger d’une électrification forcée trop brutale. Et visiblement… cela a suffi.
Parce qu’après l’intervention de Honda, le gouvernement vietnamien a considérablement reculé. Le projet initial d’interdiction massive a quasiment été vidé de sa substance. Les dernières versions évoquées ne parlent plus d’une véritable interdiction globale des motos thermiques.
À la place, Hanoï travaillerait désormais sur quelque chose de beaucoup plus limité : quelques routes spécifiques, une petite zone d’environ un demi-kilomètre carré, uniquement certains jours, et principalement le week-end.
Autrement dit : on est passé d’une révolution anti-thermique à une simple zone à faibles émissions très symbolique. Cette marche arrière montre les limites concrètes des grands discours politiques sur l’électrification. Sur le papier, remplacer des millions de motos thermiques semble simple. Dans la réalité, c’est une autre histoire.
Surtout dans des pays émergents où les infrastructures électriques restent fragiles, le coût des motos électriques demeure élevé, les batteries posent encore des problèmes et où la mobilité individuelle est absolument vitale.
Mais cette affaire raconte aussi autre chose : la puissance politique gigantesque que certaines marques moto conservent encore dans certaines régions du monde. Honda n’a pas officiellement “bloqué” le gouvernement. Mais son poids économique, social et industriel a clairement influencé le débat. Du coup, que se passera-t-il lorsque d’autres pays tenteront des transitions similaires ?
Parce que le Vietnam pourrait bien devenir un cas d’école mondial. Un exemple montrant que l’électrification forcée des deux-roues ne dépend pas seulement des gouvernements, des réglementations ou de l’écologie… Mais aussi de la capacité des grandes marques à accepter — ou non — la vitesse du changement. Dans cette bataille, Honda vient peut-être de rappeler qu’en Asie, certaines entreprises possèdent encore une influence presque comparable à celle d’un État.
Ce rétropédalage montre que l’électrification massive des mobilités est un mirage technique pour beaucoup d’États, mais il révèle surtout une vérité brutale. Le gouvernement vietnamien a découvert à ses dépens que, face à un empire industriel de la taille de Honda, l'ambition politique ne pèse pas bien lourd. Honda ne vend pas seulement des moteurs ; la marque dicte désormais le calendrier du pays.














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