Aprilia transforme les repose-pieds en ailes : génie aérodynamique ou délire d’ingénieur ?
À Noale, on ne s’ennuie jamais. Aprilia vient de déposer un brevet qui prouve une chose : la chasse aux millièmes ne s’arrête pas aux carénages avant. Cette fois, la cible est inattendue : la zone arrière latérale de la moto, là où les jambes du pilote, la carrosserie et le flux d’air se livrent habituellement à une bataille chaotique.

L’idée ? Remplacer les repose-pieds passager par des ailes aérodynamiques amovibles lorsque la moto roule en solo. Oui, des ailes à la place des cale-pieds. Traditionnellement, l’aéro moto s’est concentrée sur l’avant : ailerons, effet de sol, gestion des vortex. Ici, Aprilia attaque une zone négligée : l’arrière latéral, là où le flux devient turbulent à haute vitesse.
Le brevet propose de convertir cet espace inefficace en surface aérodynamique active. Concrètement, lorsque le pilote roule sans passager, il retire les repose-pieds arrière et installe ces éléments profilés directement sur les fixations d’origine. Pas une modification permanente, mais un accessoire modulaire.
C’est malin : la moto reste homologuée route, mais peut être configurée “mode piste” en quelques minutes.
Le détail fascinant se situe dans le fonctionnement dynamique. Les ailes ont une forme effilée, plus large à la base, qui canalise l’air vers l’arrière en ligne droite pour réduire la turbulence autour des bottes. Mais c’est en virage que la magie opère.
Lorsque le pilote sort le genou, un canal se crée naturellement entre sa jambe et la moto. Selon la logique du brevet, ce flux guidé frappe l’aile intérieure et génère une charge supplémentaire au moment précis où la moto est à l’angle maximal. Le pilote n’est plus un élément perturbateur du flux : il devient partie intégrante du dispositif aérodynamique. C’est une approche presque MotoGP transposée à la route.

Une idée pensée pour la piste
Les croquis du brevet rappellent fortement la silhouette agressive de la Aprilia RSV4, mais le concept reste universel. Sa modularité permettrait théoriquement de l’adapter à d’autres modèles sportifs de la gamme.
Sur route ouverte ? L’intérêt est marginal. À 90 ou 130 km/h, l’effet sera quasi imperceptible. Sur circuit, en revanche, où vitesse, stabilité en appui et précision d’entrée de courbe comptent, l’idée prend du sens. À haute inclinaison, quelques kilos d’appui supplémentaires peuvent changer la lecture du grip arrière.
Rien ne garantit que ces ailes arrière verront un jour la production. Mais ce brevet vu par SoyMotero en dit long : Aprilia continue d’explorer des zones que d’autres ignorent. L’aérodynamique moto ne se limite plus au carénage avant ; elle devient tridimensionnelle, intégrée au corps du pilote.
C’est typiquement le genre d’innovation qui semblait absurde il y a dix ans… avant que tout le monde ne copie les ailerons avant de Ducati. À Noale, ils ne suivent pas la tendance. Ils essaient de la créer.















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