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Zéro Américain, zéro Anglais, 6 Italiens et 9 Espagnols : le gros problème de diversité du MotoGP

Dans Moto / Sport

Olivier Cottrel

Avec une grille composée à presque 70 % de seulement deux nationalités : espagnole et italienne, la catégorie reine du championnat du monde MotoGP peine à assumer son statut de compétition internationale. Un constat que souhaiterait modifier rapidement le propriétaire américain du MotoGP, quitte à sacrifier quelques pilotes talentueux au nom de leurs nationalités.

Zéro Américain, zéro Anglais, 6 Italiens et 9 Espagnols : le gros problème de diversité du MotoGP

Neuf Espagnols, six Italiens : la catégorie reine du championnat du monde MotoGP ne laisse actuellement que des miettes aux autres nationalités.

Et s’il y a bien un domaine où l’excès de réussite devient un véritable poison, c’est le sport business. À force d’avoir développé le championnat d’Espagne en véritable couveuse à champions, la Dorna, promoteur du MotoGP a réussi l’exploit de créer une armada imbattable, mais totalement indigeste pour le reste de la planète.

Si les filières espagnoles et italiennes sont toujours considérées comme les meilleurs apprentissages pour former les pilotes d’élite de demain, cela pose désormais un vrai problème à la Dorna et aux nouveaux propriétaires du MotoGP, le groupe américain Liberty Media, qui vise une expansion mondiale.

Car cette domination outrageuse des Espagnols et Italiens sur la concurrence n’encourage pas le développement commercial de la discipline. Pour vendre des droits TV au bout du monde, il faut des héros locaux.

Rappelez-vous les années 80 et 90. À l’époque, la catégorie reine était un véritable choc des cultures : les Américains (Lawson, Rainey, Schwantz) se disputaient avec les Australiens (Doohan, Gardner), pendant que quelques Italiens essayaient de suivre le rythme. Côté espagnol ? C’était la misère. Puis Crivillé a débloqué le compteur en 1992. Sete Gibernau a entretenu la flamme, avant que la machine de guerre ne s’emballe avec les Pedrosa, Lorenzo, Márquez et le petit dernier, Pedro Acosta. Résultat des courses ? Une razzia absolue : 221 victoires en catégorie reine depuis 1992 et 13 titres mondiaux dans la besace, seulement bousculée par la légende Valentino Rossi, le talent de Stoner, la fougue du regretté Nicky Hayden, l’émergence d’un Fabio Quartararo et la réussite de Bagnaia.

Un championnat ultra-dominé par les Espagnols, un vrai problème pour le MotoGP

Zéro Américain, zéro Anglais, 6 Italiens et 9 Espagnols : le gros problème de diversité du MotoGP

Et l’année prochaine, la grille comptera toujours neufs représentants ibériques. Rins et Viñales plient bagage, mais les pépites Holgado et Guevara déboulent pour prendre le relais. Sans oublier David Alonso, qui court sous bannière colombienne mais possède la double nationalité.

Alors la Dorna tente de sauver les meubles. Quitte à encourager la promotion d’un Senna Agius chez Tech3, aux références moins évidentes qu’un Manuel Gonzalez, pourtant en tête du championnat Moto2 à l’heure actuelle.

C’est toute l’ironie du sort. Dorna a si bien fait son travail de formation en Espagne que le produit s’est asphyxié de l’intérieur. Alors que le groupe américain Liberty Media a désormais les commandes du championnat, le chantier s’annonce colossal : il va falloir rapidement former de jeunes pilotes français, américains, anglais, allemands, asiatiques si le propriétaire veut vendre son « produit » aux quatre coins du monde.

L’art de piloter est universel, mais en business, la carte d’identité reste le premier sponsor, et la diversité le meilleur moyen d’étendre un empire pour convertir de nouveaux adeptes.

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