Rachat de Ducati : Rome brandit le « Golden Power » pour rapatrier son joyau national
Le dossier Ducati est officiellement devenu une affaire d’État en Italie. Alors que les rumeurs s’emballent concernant le futur de la marque de Bologne, le Gouvernement italien compte bien rapatrier sous ses couleurs son trésor national, aujourd’hui propriété du groupe Volkswagen.

Officiellement, Ducati n’est pas à vendre.
Rattrapé par des difficultés financières, le groupe allemand Volkswagen/Audi, qui détient la firme de Bologne cherche toutefois des solutions dégager des liquidités.
Devant ces incertitudes entourant le futur de Ducati, le Gouvernement italien prend les devants. Le ministre italien des Entreprises et du « Made in Italy », Adolfo Urso, s’est ainsi rendu en personne sur le site historique de Ducati, flanqué des têtes d’affiche du patronat (Confindustria) et des élus locaux.
Devant Claudio Domenicali et les salariés, le message a été lâché sans filtre : « Le moment est venu pour cette entreprise de revenir pleinement entre des mains italiennes. »
Finie la posture défensive visant simplement à protéger les emplois sur place : Rome veut peser sur l’identité du futur propriétaire en cas de vente effective.
L’Italie veut peser sur le futur de Ducati, et a les moyens de le faire
Un mois auparavant, le ministère italien avait autorisé un important accord de développement avec Ducati. Le programme baptisé « Ducati Raise the Bar », qui représente tout de même 121 millions d’euros d’investissements, dont plus de 99 millions consacrés à la recherche industrielle et au développement expérimental s’accompagne de 33 millions d’euros de contribution publique non remboursable.
En plus du coup de pouce financier, l’État possède un autre atout dans sa manche : le Golden Power. Un décret juridique ultra-puissant qui permet à l’État italien de s’immiscer, de poser des conditions strictes, voire de bloquer net une vente ou une prise de participation étrangère au sein d’une entreprise jugée « stratégique pour l’intérêt national ». L’objectif est simple : faire en sorte que si Volkswagen vend, le repreneur soit obligatoirement un consortium ou un fonds italien.
Le message ainsi envoyé par Rome est limpide : Ducati n’est pas un vulgaire actif financier. C’est un monument du patrimoine industriel italien, un joyau national.













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