L’avenir de Ducati inquiète l’Italie : le gouvernement promet de « sauvegarder » le constructeur
Ducati domine actuellement la scène sportive, mais son avenir industriel suscite désormais suffisamment d'inquiétudes pour faire réagir le gouvernement italien. Alors que Volkswagen réorganise profondément ses activités et que des interrogations entourent son portefeuille de marques, le ministre Adolfo Urso promet de « sauvegarder » Ducati, considérée comme un patrimoine industriel national.

Sur les circuits, Ducati représente aujourd'hui l'une des références absolues du sport motocycliste. Mais loin du MotoGP, c'est désormais l'avenir industriel du constructeur de Borgo Panigale qui mobilise les responsables politiques italiens. La raison se trouve en Allemagne.
Le groupe Volkswagen, auquel Ducati appartient par l'intermédiaire d'Audi, est engagé dans une profonde restructuration. Dans ce contexte, les interrogations concernant l'évolution de son portefeuille de participations ont suffisamment inquiété l'Émilie-Romagne pour que son président Michele de Pascale réclame l'ouverture d'un dialogue avec le gouvernement italien.
À ce stade, il faut toutefois être précis : aucune décision officielle de vendre Ducati n'a été annoncée par Volkswagen. Mais Rome ne souhaite manifestement pas attendre qu'une éventuelle décision soit prise pour s'intéresser au dossier.
Ducati : l'Italie promet de protéger un symbole du Made in Italy
Adolfo Urso, ministre italien des Entreprises et du Made in Italy, s'est directement entretenu avec Claudio Domenicali, PDG de Ducati. Son message est particulièrement significatif. Le gouvernement veut mettre en place un parcours permettant de « sauvegarder » une entreprise qu'il considère comme un symbole industriel italien.
Pour Urso, Ducati constitue un « patrimoine du pays », dont les succès dépassent largement la seule compétition motocycliste pour toucher aux domaines industriel, technologique et commercial. Ce vocabulaire montre à lui seul la dimension prise par le dossier.
Ducati appartient certes à un groupe allemand, mais l'Italie considère manifestement Borgo Panigale comme un actif industriel stratégique de son propre territoire. Et cette volonté politique ne se limite pas aux déclarations.
33 millions d'euros publics et 121 millions d'investissements
Un mois auparavant, le ministère italien avait autorisé un important accord de développement avec Ducati. Le programme baptisé « Ducati Raise the Bar » représente 121 millions d'euros d'investissements, dont plus de 99 millions consacrés à la recherche industrielle et au développement expérimental.
L'État italien accompagne ce programme avec 33 millions d'euros de contribution publique non remboursable. L'objectif annoncé est de renforcer la compétitivité, l'innovation et la croissance de Ducati, mais également son rôle dans la Motor Valley italienne et l'ensemble de la filière industrielle qui l'entoure.
Voilà qui replace les inquiétudes actuelles dans une perspective différente. Rome n'est pas simplement attachée sentimentalement à une marque centenaire : l'État vient d'engager des moyens importants pour accompagner son développement industriel à long terme.

Une inquiétude qui dépasse largement le MotoGP
Ducati s'est engagée en MotoGP jusqu'en 2031. Mais une éventuelle évolution de son actionnariat ne signifierait évidemment pas automatiquement la remise en cause de cet engagement sportif. Le sujet est beaucoup plus vaste.
Une marque comme Ducati représente une usine, des emplois, de la recherche, des fournisseurs, une expertise technologique et l'une des vitrines internationales les plus visibles de l'industrie italienne.
C'est précisément pourquoi l'Émilie-Romagne demande désormais que les informations entourant l'avenir de Ducati soient directement clarifiées avec Volkswagen. La région veut protéger les investissements, l'emploi et la continuité industrielle de Borgo Panigale.
Ducati sportive triomphante, Ducati industrielle sous surveillance
Il serait donc prématuré de présenter Ducati comme une entreprise menacée de disparition ou même comme une marque officiellement mise en vente. Ce que l'on observe est plus subtil. La restructuration de Volkswagen fait naître suffisamment d'incertitudes pour que les institutions italiennes commencent à se positionner avant même qu'une éventuelle décision concernant Ducati ne soit prise.
Pendant que Ducati accumule les succès en MotoGP et en Superbike, son avenir se retrouve discuté à un niveau beaucoup plus politique. L'Italie vient surtout d'envoyer un message à l'Allemagne : quelle que soit l'évolution du groupe Volkswagen, Ducati n'est pas considérée à Rome comme une simple ligne dans un portefeuille de marques. C'est une partie du patrimoine industriel italien. Et si son avenir devait réellement être remis en question, le gouvernement semble désormais décidé à entrer dans la partie.














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