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2. Essai - Aprilia RS 660 : l'eau et le feu !

Essai Aprilia RS 660

Posée tranquillement sur sa béquille, la RS 660 nous attend. Docile, sage et belle, elle fait bonne élève, avec sa tenue de sport (Replica), comme en tenue de ville acidulée (Acid Gold). En civile, on la rapprocherait volontiers de la Ducati 939, tout comme elle splendide, tout comme elle suréquipée (mais moins…), tout comme elle disponible en version A2, mais encore plus chère, du haut de ses 13 590 € au moment d'écrire ces lignes. Alors on relativise.

Essai Aprilia RS 660

Elle a des petits airs de Tuono V4, lesquelles nous accompagnent dans le périple du jour, mais distille l'impression que l'on pourrait avoir au guidon d'une VFR légère, d'une Ninja 650 optionnée… D'une moto construite d'un bloc. Indéfinissable. C'est là la seule chose qui n'évoque pas le sport, mais on sent immédiatement qu'elle n'est pas que ce qu'elle paraît. Il y a du roadster là-dedans, et du trail aussi, nous allons le découvrir. Perturbante, cette RS 660. Troublante. Et ce n'est qu'un début. 

Déjà, en mettant le contact. La présentation de l'instrumentation TFT couleur 5" apparaît presque décevante. Ça manque de peps. Le large encadrement noir, sûrement. Tiens, il rappelle en tout point la Moto Guzzi V85 TT. Une autre membre de la famille Piaggio. Avec les mêmes effets : comme un flottement, une impression de petitesse. À moins que ce ne soit l'agencement et le côté ultra-complet et très compact de l'affichage ?

Essai Aprilia RS 660

Idem lorsque d'une simple pression du pouce droit on accède au menu de configuration des 3 modes moteur principaux. "C'est tout ?" On s'attend à tellement… C'est propre, c'est limpide, mais quelque chose déçoit, malgré l'excellence du dispositif et sa facilité de mise en œuvre. C'est intuitif, c'est bien fait, comme toujours chez Aprilia, mais le graphisme manque cette fois de personnalité (selon nous). De joie. D'émotion, aussi. Enfin de "quelque chose" de l'ordre du plaisir, que l'on retrouve par exemple sur le bloc compteur de la Ninja 650.

Par contre, une fois que l'on démarre… C'est une toute autre histoire et le fameux "quelque chose" se produit. L'énergie passe, véhiculée par les pulsations rapprochées du moteur Aprilia, calé à 270°, comme sur une certaine Yamaha. Le bicylindre se met à crépiter, à vrombir, à vivre avant de se calmer un peu sur son régime de ralenti. Il respire fortement juste devant soi et souffle gravement au travers de son silencieux à position basse et double sortie (de chaque côté de la roue arrière, façon Panigale V2). C'est donc ça, ce nouveau moulin/manège à sensations ? Ça, ce truc en plus qui saisit déjà ? Oui.

Essai Aprilia RS 660

Un "ça" accompagné de vibrations dans la selle, d'un superbe réservoir que les jambes, même les plus longues, adoptent instantanément et d'un poste de conduite sobre et efficace. Là, côté bande-son comme ambiance à bord, plus de fausse note. Même la position de conduite relève du bon équilibre. Ni trop sur les poignets, ni trop relevée, le tout abrité derrière une bulle bombée typée endurance. On est sur une moyenne cylindrée, on le sait, on le sent, on le voit et on le vit, mais la justesse de la proposition est là. OK. On vibre à l'unisson.

Mode Dynamic choisi, assistances au mini, c'est parti pour une fraîche balade dans la province de Venise, jusqu'au pied des Alpes. Un panorama fantastique, un périple de 200 km débutant par la découverte de la mini muraille de Chine et du chateau de Marostica, avant de s'enfoncer dans les méandres épinglés des monts environnant, notamment entre Vallonara, Gallio et Fosse. Des routes impressionnantes, qui ne manquent pas de faire ressortir le meilleur et le pire de cette nouvelle RS 660.

Pour l'heure, régler le levier de frein Brembo est essentiel afin de ne pas planter involontairement l'avant ou de délester exagérément l'arrière, du fait d'un ABS résolument sportif, d'une puissance redoutable et d'un transfert de masse important liés à une fourche souple, tandis que le frein arrière bloque sans vergogne, faute de progressivité et de ressenti suffisants dans le levier (au point de désactiver le compteur de vitesse lors de nos tests…).

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Un blocage ? L'ABS est pourtant réglé sur niveau 1… Il est de fait désactivé à l'arrière, sans que cela ne soit spécifié. C'est noté, surtout après deux bonnes virgules et quelques sessions de validations. Danger. Passé sur 2, l'anti blocage intervient cette fois bien trop, toujours à l'arrière. Il gêne même les entrées en courbe ou l'évolution citadine. À revoir.

De l'aveu même de nos hôtes, cette présentation est si cruciale et déjà si tardive que certains ajustements n'ont pas été faits sur nos motos, pourtant issues de la production. Le développement électronique semble donc nécessiter encore une toute petite mise à jour/mise au point, à l'image du voyant restant allumé, ou des assistances AWC et ATC passant au rouge (rideau complet) en cours de roulage et se désactivant. nous avons été assurés que cela serait fait d'ici à la fin du mois et la livraison en concession. Impossible pour Aprilia de se louper à ce point et de casser son image revalorisée par ses derniers modèles.

À ce titre, un petit effort pourrait être effectué sur la visserie et boulonnerie, qui, on le voit sur les photos, n'est pas toujours assez valorisante dans le poste de conduite, au regard du tarif. Il n'augure pas forcément un vieillissement satisfaisant. Encore une fois, un propos à relativiser eu égard aux conditions de production des modèles essayés. D'ailleurs, aucune moto ne se comportait de manière similaire, tant d'un point de vue motorisation que sur le comportement de la partie cycle (notamment suspension). Niveau finition, donc, quelques améliorations sont envisageables.

Essai Aprilia RS 660

Parmi les 3 modèles à être passés dans nos mains, l'un semblait nettement plus sportif et moins confortable que celui nous étant apparu très routier dans son comportement, plus rond et moins surprenant. Enfin, le dernier à être passé au grill (un modèle noir), bénéficiait du meilleur comportement moteur du lot : mieux rempli, plus vif, plus réactif, plus agréable et surtout sans aucun message d'alerte. Il est aussi celui sur lequel nous avons complètement désactivé toutes les assistances. L'occasion de découvrir la RS 660 telle qu'elle est réellement, au naturel. Notre essai est la synthèse de ces trois motos et de nos impressions sur le mode Dynamic.

Elle est on ne peut plus impressionnante, cette RS 660. Au point de paraître plus que sa cylindrée réelle et sans laisser présager de son architecture moteur. Mêlant le couple important, fourni dès le premier tiers du comte tour (80 % à partir de 4 000 tr/min), le côté plus nerveux, sans être totalement explosif, prend le relais une fois les 5 000 révolutions minute passées. Sans oublier une véritable tendance à s'affoler 3 000 tr/min avant la zone rouge, soit approximativement le régime de puissance maximale. Pas de hasard ! La boîte de vitesse se montre agréable pour exploiter ce potentiel, tandis que le shifter permet de tirer pleinement sur les rapports.

L'allonge est réelle. La première atteint ainsi un improbable 110 km/h, tandis que la seconde pousse aux alentours de 145. En 3, on est déjà en train de se voir tutoyer le 200 compteur lorsque la rupture coupe l'élan aux alentours de 178 km/h. La RS étant on ne peut plus légère, le ressenti de la vitesse s'en trouve décuplé. Impressionnante, donc. Et pourtant, c'est la souplesse moteur qui va le plus faire son petit effet. En 6, on évolue ainsi à 55 km/h aux alentours de 2 700 tr/min. Sur les rapports inférieurs, on écume d'autant plus facilement la ville, tout en souplesse, en douceur et même en silence, que le rayon de braquage est réduit, façon roadster. Elle tourne assez fort, cette petite ! On appréciera au passage les rétroviseurs facilement repliables et restant clairs malgré les vibrations ressenties par ailleurs. Par contre, malgré les températures plus que fraîches, notre pied droit chauffait fort en ville, du fait de sa proximité avec la ligne d'échappement. Peuvent faire pareil à droite, histoire de ne plus craindre l'hiver ?

Essai Aprilia RS 660

Dès que l'on accélère, la sonorité se renforce de manière importante, jouant sur la corde (vocale) sensible. Sympa, et surtout aucunement gênant sur les trajets les plus longs, que l'on supportera aisément. Déjà, la selle permet de réaliser de longues étapes sans souffrir, tandis que les suspensions peuvent être réglées pour offrir un comportement un peu plus souple ou au contraire bien plus raide. Ce que l'on perd dans un cas en efficacité à rythme hypersportif, on le gagne en sérénité pour les dos et surtout mentale : on la trouve plus ronde et plus adaptée à la route.

À l'attaque, en fonction de l'environnement et de l''état de la route, on regrette parfois de ne pas pouvoir intervenir sur les réglages électroniques en roulant : il faut s'arrêter, faire le réglage et repartir. Frustrant. Mais la RS s'adapte à toutes les situations dès lors que l'on gère les gaz. À ce sujet, la poignée droite profite de 3 niveaux de réponse, mais reste assez souple et avec une réponse très légèrement retardée. L'embrayage, pour sa part, reste souple et la réduction de couple efficace. D'autant plus que le frein moteur peut plus ou moins intervenir, selon le niveau choisi.

Au fait, quid de la consommation ? Lors des 200 km de cet essai, l'instrumentation de bord nous annonçait un appétit tournant aux alentours de 5 l/100 km pour une vitesse moyenne inférieure à 60 km/h (56 environ). Un cycle on ne peut plus mixte, avec des portions d'attaque, de la ville, de l'autoroute et tout ce qui fait que l'on peut affirmer que cette valeur est on ne peut plus juste et raisonnable. Encore un bon point pour la RS 660 et ses futures déclinaisons.

Essai Aprilia RS 660

Plus ça tourne, plus elle est à l'aise, cette RS 660. Plus elle paraît légère. Plus on la sent dans son élément. Elle est née ici, ne l'oublions pas. Et elle prouve être l'outil parfait pour écumer les S que nous pratiquons longuement, au choix sur le couple ou en mode attaque totale. Voici un scalpel, qui ne tremble que rarement en dehors des phases de freinage, où l'arrière tente parfois de doubler l'avant… Les revêtements (a) variés ont moins d'incidence sur la tenue de cap que les puissants étriers avant pour le moins vifs. Il y a de la nervosité jusque dans le freinage ! Heureusement que l'ABS est actif en courbe, et que la direction ne se relève que rarement. Si nos confrères ont trouvé à redire sur la suspension, elle fait plus que convenablement le job et de manière très convaincante selon nous.

La RS 660 efface les épingles dans lesquelles elle plonge sans y penser et dont elle ressort avec vigueur ou encore en se dressant sommairement sur la roue arrière (pour les téméraires). Car cela aussi, elle peut le faire, mais jamais involontairement. Les béquilles sont là pour garder les pneux en ligne et surtout au sol. Pourtant, il arrive encore que quelque chose échappe aux aides. Alors autant ne pas en avoir, si l'on pense disposer du niveau nécessaire pour s'en passer. Et là, c'est sport, qu'Aprilia le reconnaisse ou non.

Essai Aprilia RS 660

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