La SV650 de dernière génération (aujourd’hui disparue, mais toujours commercialisée) ne vous avait pas séduit par son look rétro et son manque de protection ? La SV7-GX pourrait bien vous intéresser. Répondant certes un peu tard à la mode des Crossover et se plaçant dans une catégorie aujourd’hui très disputée, aux côtés d’une onéreuse et puissante Triumph Tiger 660, d’un cher Yamaha Tracer 7 à l’image parfois troublée par une clientèle à laquelle one s’identifie pas forcément, d’une Ducati Multistrada V2 seule autre V2 à la sauce et au prix italiens et, dans une certaine mesure d’un vieillissant mais toujours vaillant Versys 650, la nouveauté Suzuki doit d’autant plus refaire son retard qu’elle arrive à rebours de la saison en concession. N’étant disponible à la livraison qu’après l’avoir été à l’essai dans la plupart d’entre elles, donc à la rentrée 2026 apparemment, elle fait le maximum pour vous inviter à attendre. Heureusement que son niveau de confort et de protection permet d’envisager une arrière-saison agréable, même en l’absence de poignées chauffantes.Ce timing pourrait bien priver Suzuki et son réseau de ventes pourtant méritées, ce modèle cumulant les atouts. En ne visant pas la surenchère électronique ou mécanique, en restant sur du connu et de l’efficace, avec des dimensions pneumatiques renforçant vivacité et agilité, en demeurant bien dimensionné pour un milieu de gamme et pour un milieu urbain ou rural aussi bien que pour tout type d’utilisation ou de conduite, ce « SUV » Suzuki peut en tout cas compter sur son prix pour retenir l’intérêt. Comptez « seulement » 7 999 € en juin 2026 pour le coloris blanc et 8 299 € pour les coloris spécifiques, dont le Suzuki Racing de cet essai. De quoi réfléchir, non ? Surtout lorsqu’une fois au guidon, on profite d’une machine très agréable à emmener, bien équipée pour voyager et ne demandant que très peu de conciliation ou d’entretien. Suzuki propose su coup une garantie pouvant aller jusqu’à 10 ans (2 ans de bases et un an renouvelable chaque année) sous condition de faire entretenir sa moto dans le réseau en temps et en heure. Pas mal comme argument.Par contre, il pourra lui manquer une béquille centrale et un régulateur de vitesse pour les plus exigeants, tandis que les poignées chauffantes de série n’auraient pas été de refus histoire d’enfoncer un clou déjà bien planté. Suzuki démontre en tout en tout cas que sobriété ne rime pas avec austérité, que l’on parle d’équipement ou de motorisation et surtout la marque prouve que les Japonais peuvent encore rivaliser avec des Chinoises venant chasser sur leurs terres et terrains, notamment grâce à leur maîtrise de la motorisation et des parties cycles performantes. Quand l’image et l’histoire de marque rivalisent avec l’ambition, on souhaite en tout cas à cette SV7-GX de rencontrer son public et de séduire aussi bien les vieux briscards que les jeunes conducteurs, séduits par sa ligne comme par ses caractéristiques et moins sensibles à des arguments marketing et visuels du style fourche inversée et étriers radiaux.