Votre navigateur ne supporte pas le code JavaScript.
Logo Caradisiac    

Publi info

BMW a livré sa technologie à la Chine… et s’est fait dépasser en Espagne. Et en France ? Le signal est déjà là

Dans Moto / Pratique

Jérôme Burgel

L’histoire retiendra 2025 comme l'année où le pragmatisme a terrassé le dogme premium en Espagne. En cédant la licence de son moteur bicylindre de 895 cc au constructeur chinois Loncin (maison mère de Voge), BMW ne pensait pas créer son plus redoutable concurrent. Aujourd'hui, les chiffres sont sans appel : Voge vend désormais plus de motos que BMW sur le sol espagnol. Et en France ? 

BMW a livré sa technologie à la Chine… et s’est fait dépasser en Espagne. Et en France ? Le signal est déjà là

BMW pensait céder une technologie secondaire. La Chine y a vu une opportunité stratégique. Résultat : Voge vend aujourd’hui plus de motos que BMW en Espagne. La question n’est donc plus si cette erreur était réelle, mais jusqu’où elle peut aller. Et surtout : la France est-elle à l’abri ?

Pendant des années, BMW Motorrad a appliqué une règle simple, presque idéologique : le client sensible au prix n’est pas un client BMW. Quelqu’un cherchant un gros trail abordable n’achèterait jamais une GS. Donc aucun risque à céder une technologie déjà amortie, considérée comme non stratégique.

C’est précisément cette certitude qui a permis à Voge de dépasser BMW en Espagne. Une “vieille” technologie devenue redoutable. L’accord industriel semblait sans danger. BMW a autorisé Voge à exploiter un moteur qu’elle ne juge plus prioritaire.

Pas le plus récent. Pas le plus puissant. Pas le plus sophistiqué. Mais fiable, éprouvé, maîtrisé. Une erreur classique : sous-estimer la valeur d’une base saine.

BMW a livré sa technologie à la Chine… et s’est fait dépasser en Espagne. Et en France ? Le signal est déjà là

La Voge 900DSX, ou comment retourner une arme contre son créateur

La clé du séisme s’appelle Voge 900DSX. Son moteur ? Le bicylindre parallèle 895 cc de l’ancienne BMW F 850 GS. Vilebrequin à 270°, 95 ch, 95 Nm, architecture moderne, compatible permis A2.  Rien d’exotique. Juste tout ce qu’il faut, là où il faut. Les cotes internes, le taux de compression, l’architecture générale ? Toujours utilisés par BMW sur la F 900 GS actuelle.

Chez Voge, la puissance est simplement limitée à 95 ch au lieu de 105. Et cela suffit largement. L’Espagne a répondu à l’appel. Très fort. Les chiffres espagnols sont sans appel : Voge a connu une croissance explosive, pendant que BMW progressait à peine.

Ce n’est pas BMW qui s’effondre. C’est le marché qui accélère… sans elle. La 900DSX est devenue l’un des trails les plus vendus du pays, grâce à une équation simple : moteur reconnu + équipement sérieux + prix agressif. Le logo n’a plus suffi.

Et en France ? BMW résiste… pour l’instant. BMW conserve encore une position solide dans l’hexagone. Le réseau est dense, l’image premium reste forte, et la GS continue de dominer symboliquement le segment.

Mais le signal espagnol ne peut pas être ignoré. Voge progresse aussi en France. Plus lentement, plus discrètement, mais régulièrement. Et surtout, la même logique commence à s’installer : inflation persistante, budgets moto sous pression, motards rationnels, recherche de valeur réelle, pas seulement d’image.

La question n’est donc pas si le phénomène espagnol est reproductible. La vraie question est : quand ? Voge n’a pas battu BMW en innovation. C’est pire que ça. Voge a battu BMW avec la BMW d’hier, dans un monde où le prix, la constance du produit et la crédibilité technique comptent plus que le prestige.

L’ennemi n’est pas arrivé de l’extérieur. Il est né d’une décision validée, signée et assumée par BMW elle-même. L’Espagne n’est pas une anomalie, c’est un avertissement. BMW n’a pas commis une erreur technique. Elle a commis une erreur de lecture du marché.

L’Espagne a servi de laboratoire. La France observe encore. Et le jour où le motard français cessera de payer le badge avant le produit, l’histoire espagnole pourrait bien se répéter. Et cette fois, BMW ne pourra pas dire qu’elle ne savait pas.

BMW a livré sa technologie à la Chine… et s’est fait dépasser en Espagne. Et en France ? Le signal est déjà là
Commentaires ()

Déposer un commentaire

SPONSORISE

Actualité Bmw

Toute l'actualité