BMW : quand la marque a failli tout arrêter (et comment la GS l’a sauvée)
Imaginez un monde où BMW ne fabriquerait que des voitures. Ce scénario a failli devenir réalité par deux fois. À chaque crise, un homme a osé dire « non » au conseil d’administration pour imposer une vision qui semblait alors totalement folle. Retour sur l’histoire secrète d’une résurrection.

À la fin des années 1960, la marque BMW Motorrad est dans une impasse.
Si leurs motos sont reconnues pour leur fiabilité, l’arrivée de modèles japonais aux looks aguicheurs et aux motorisations innovantes bouleverse l’industrie moto européenne et ringardise quelque peu les productions locales. Cette période de doutes pousse même les cadres de BMW à envisager de fermer la division moto pour se concentrer sur l’automobile, alors en pleine explosion.
Parmi eux, Bob Lutz est un motard pur jus. L’ancien pilote de chasse dans les Marines (armée américaine) possède lui-même une Honda et avoue sans complexe qu’il s’amuse plus à son guidon qu’avec ses propres produits. Il engage alors le designer Hans Muth et lui donne carte blanche. Résultat ? La R 90 S. Couleurs dégradées peintes à la main, premier carénage avec tête de fourche de série… BMW redore son image, et surtout, la renouvelle. La marque est sauvée, pour un temps seulement.
Fin des années 1970, rebelote. La concurrence japonaise est partout et BMW s’apprête à abandonner le vieux moteur Boxer, jugé préhistorique, pour lancer la série K à 4 cylindres. Le Boxer semble condamné à mort par la direction de BMW.
La GS, le modèle décrié à ses débuts devenu une icône

L’étincelle vient cette fois de Karl-Heinz Gerlinger, patron des ventes. C’est en observant ses ingénieurs s’amuser durant leur pause déjeuner sur un prototype hybride : un vieux moteur de route monté dans un cadre de tout-terrain qu’il va avoir une idée révolutionnaire. Contre l’avis général, Gerlinger impose la création d’une moto, capable à la fois de traverser un continent sur autoroute et de s’aventurer dans le désert.
En 1980, la R 80 G/S (Gelände/Straße, soit en VF, littéralement terrain et rue) est lancée, et accueillie plutôt froidement. Jugée trop lourde pour le tout-terrain et trop haute pour la route, elle invente pourtant un nouveau segment : le maxi-rail. Sans le savoir à ce moment-là Gerlinger venait de créer la poule aux œufs d’or de BMW.
Et pour prouver que ce concept hybride n’est pas une erreur de casting, BMW l’envoie dans l’enfer du sable, le mythique rallye-raid Paris-Dakar. Les victoires s’enchaînent avec Hubert Auriol et Gaston Rahier. Elle devient alors incontournable pour tous les aventuriers et indestructible dans l’esprit du public, exactement comme le moteur de la R32 l’était 60 ans plus tôt.
Aujourd’hui, alors que la BMW R 1300 GS, l’ultime génération du modèle de maxi-trail allemand porte encore les ventes de la marque, il est bon de se rappeler que cette icône est née d’une désobéissance.
Sans Lutz et Gerlinger, le Boxer serait au musée et BMW ne serait qu’un fabricant de berlines.














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