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2. Essai - Ducati Panigale V2 955 : l'âme de fond et l'âme de forme

Essai Ducati V2 955 mod. 2020

Dès les premiers tours de roues, on se dit qu'elle a tout de ce qu'aurait pu et même dû être la Supersport. Elle est le lien entre ce roadster rendu sportif par carénage interposé et la Panigale V4. Elle est une sportive pure souche pour laquelle la route est faite et inversement. Quant à rouler en ville… et bien elle est loin d'y être déplacé ou ridicule. Déjà, la réactivité de l'accélérateur sans câble offre une petite latence qui pardonne, tandis que le bicylindre s'ébroue et commence à vibrer. Inutile d'imaginer dépasser le 4ème rapport en agglomération, la souplesse à bas régimes n'est assurément pas le fort du Superquadro. Pour autant, ce même rapport acceptera d'accrocher les 80 km/h sur route, à 4 000 tr/min, et la même vitesse en 6 000 à 3 000 tr/min. Il manifestera quoi qu'il arrive son appétit pour les tours tout en acceptant qu'on le muselle et lui impose une allure moins délurée, moins débridée.

Où que l'on évolue, on remarque rapidement la propension de la V2 à tirer court. 110 sont ainsi atteints à fond de 1, 140 sur le rapport suivant, passé sans peine à l'aide du shifter. L'occasion d'apprécier une boîte de vitesses agréable de fonctionnement et bien étagée. Passer les rapports "à l'ancienne" en faisant appel au levier d'embrayage ne change aucunement l'appréciation. On profite par contre d'une belle souplesse du dispositif amortissant le couple, et de la douceur de toucher du levier à commande hydraulique. On apprécie également de pouvoir se déplier au moindre feu ou moindre stop. La posture est résolument compacte et basculée sur l'avant. On s'y fait avec plaisir, le bénéficie dynamique étant évident. Sans parler du look.

Essai Ducati Panigale 955 mod. 2020
Elle est capable de tout et peu le faire avec les formes comme le fond. La V2 est une sportive pour quotidien enjoué.

De quoi se montrer précis dans les évolutions, et de quoi garder le fauve sous contrôle. Car en agglomération, quel que soit le mode moteur choisi, il grogne, il claque il cliquette, caquette et joue des claquettes, bref, il fait son show et même son chaud, manque de refroidissement oblige. Sur route, il prend tout son sens, se débat et s'ébat, mène la danse en y mettant les manières comme on lui rentre dans l'art et non dans le lard : il n'a rien de gras et distille une impression permanente de légèreté.

Évidemment, les rétroviseurs rigides et vibrants ne sont pas vos copains en agglomération et remonter les files demande parfois de serrer un peu les fesses à défaut de pouvoir resserrer les miroirs. Pour autant, on est très rapidement en confiance au guidon. D'une part, la Panigale V2 s'emmène facilement, toute gracile qu'elle est, d'autre part, on se rend rapidement compte que même s'il proteste en douceur, le bicylindre se plie à toutes les évolutions que l'on souhaite. Il offre un caractère et une démonstrativité mécanique devenus rares dans le monde de l'hyper efficacité voulu feutré et quelque part plus austère. Il est surtout en mesure de donner ces sensations inconnues par ailleurs, cet esprit Ducati que l'on voudrait ne jamais perdre, intimement lié à son architecture moteur.

Essai Ducati Panigale V2 mod. 2020
La protection offerte par la bulle est suffisante et sans turbulence pour un pilote d'1,80 m. La V2 prend soin de vous. 

Même passé Euro5, même plus puissant que par le passé, on apprécie son couple renforcé, et surtout l'application que l'on peut et que l'on doit mettre pour s'en rendre maître, mètre par mètre. On gagne du terrain, on évolue de plus en plus sereinement et de plus en plus efficacement, s'en remettant à des suspensions restant fermes, mais promptes à filtrer les principaux défauts de la route et à garder le cap souhaité.

Ce qui impressionne le plus sur cette V2 n'est autre que son train avant incisif à souhait. Il engage immédiatement, plonge à la moindre occasion et précède la moindre pensée de prise d'angle. Il est comme rivé à un fil conducteur, trouve instinctivement la corde, au point qu'il convient de contre braquer plus qu'à l'accoutumée, afin de ne plus se faire surprendre. Fait pour tourner court, pour enquiller de la courbe et du virolo, ce train avant encourage à s'appliquer, d'autant qu'il est sous l'égide d'un freinage résolument puissant : les Brembo M4.32 ne sont pas là pour la figuration, pas davantage que les disques de 320 mm de diamètre. Le toucher est léger, la maîtrise lourde. L'ABS, actif sur l'angle rappelons-le, n'a d'ailleurs jamais pointé le bout de son intervention lors de notre roulage. Au point que nous pouvions encore lever la roue arrière en fin de course, alors qu'il se trouvait dans sa position la moins intrusive.

Essai Ducati Panigale V2 mod. 2020
De chicanes rouges et blanches ? Il n'en faut pas plus pour se mettre à déhancher. Un exercice apprécié par la V2…

Alors on s'en donne à bi joie. C'est comme à cœur joie, mais lorsque l'on est ému et mû par un bicylindre expressif et enthousiasmant. Certes, la montée en régime peut apparaître assez linéaire et pour tout dire frustrante parfois, tant on a l'impression d'une allonge réduite. Pour autant, on prend vite la mesure de ce qui est à portée des gaz : de belles envolées, certes moins démonstratives qu'à l'accoutumée sur un moteur plus nerveux ou bien plus puissant, mais une délicatesse impressionnante et l'énergie dévorante d'un 5 à 7 des plus chaud. Une plage hyperludique, sonore et suivie d'une légère inflexion dans la voix comme dans la voie que l'on suit, que l'on scrute. De quoi renforcer l'impression de s'envoler ressentie par la suite, pour aller chercher le couple maximal, situé vers 9 000 tr/min. Venir titiller le pinacle des 12 000 apporte alors une prolongation bienvenue dans les extases parfaitement encadrées.

Car c'est bien là ce qui ressort de la personnalité de la Ducati V2 955 de 2020 : elle offre une maîtrise impériale de ce que l'on fait, évitant de manière innée les débordements, tutoyant avec délectation les limites sans jamais les franchir, sauf si l'on parle des panneaux de vitesse. Une vitesse qui ne rime plus avec danger, mais avec performance. De quoi mettre en valeur des assistances de haut vol les jours mauvais venus, tout en rappelant que l'on est capable de faire par soi-même au travers d'un feeling des plus pertinents et quasi absolu. La moto renseigne sur tout ce qu'il se passe, et comme toute italienne qui se respecte, elle y met les formes.

Essai Ducati Panigale V2 mod. 2020
Chaque balade peut se muer en autre chose. À commencer par une expérience, pas forcément véloce. Classe. V. 

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Commentaires (5)

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Par

Ducati toujours au top

Une gueule d’enfer

Par

Je retiens une plage hyperludique, des performances contenues mais adaptées au plus grand nombre soyons honnête, une plastique de rêve, bref une catégorie oubliée par beaucoup de constructeurs alors qu'elle est synonyme de performances adaptées sur route et même sur circuit. Bravo !

Reste le prix mais il faut bien se faire plaisir...

Par

qu elle est belle...

dommage pour le prix.

Par

bonjour€ (ducati

magnifique mot

le souci avec ducati c'est le cout d'utilisation espace révision plus large mais soit km ou tous les ans le passage à l'atelier coute bonbon

La fiabilité est e)

à méditerlle là sur la monster roulements moteurs à changer avant km cout révisionkm (avec règlage moteur)

Par

Je ne m'attendais pas à lire sur un site non spécialiste l'essai routier le plus pertinent sur cette V2!

Déjà, c'est un essai routier, ce qui correspond à l'usage majoritaire de cette machine. Ok, le jour où j'en aurai une (ou une génération avant, tellement elle m'a convaincue) elle ira tâter du circuit, mais très très occasionnellement.

Pour les points négatifs, ça me rassure de les lire, je me demandais si ça venait de moi de tout le temps m'accrocher la botte à ce foutu cale-pied, et de chercher quelques secondes comment chopper cette béquille :biggrin:

Si j'ai été tant emballé par cette machine, c'est parce que je ne cherche pas le truc le plus puissant dispo à ce prix. Au contraire, même je trouve ça idiot de proposer des machines monstrueuses avec une bardée de béquilles électroniques pour éviter le high-side au moindre éternuement en sortie de courbe.

Non, ce que je recherche, c'est une machine expressive, pas neutre, joyeuse quoi.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas essayé de Ducati, et j'ai été impressionné par la polyvalence (pour une SBK) de cette machine, et de sa non linéarité. à 4000tpm ça ronronne sagement mais repart quand même avec une vigueur agréable. Passé 6000tpm ça part, et passé 8000tpm faut la tenir car ça repart de plus belle, c'est impressionnant dans le sens littéral du terme.

Bref, une moto qui donne le sourire sans avoir besoin de taper dedans à des régimes de fraise de dentiste pour avoir les sensations qu'on peut rechercher en moto, et donc, sans avoir à atteindre des vitesses folles (même si, au final, ça défile vite: ce que je veux dire, c'est que ce twin en L est incomparablement moins pousse au crime qu'un 4 pattes, ou même le 939 Superport que j'ai également essayé)

De toute façon, un pur pistard prendra-t-il une machine à 18k€? Cela me semble être une petite minorité, pour la quasi totalité, de ce que je vois, ce sont plutot des machines d'occasion de générations précédentes, car le commun des mortels aura déjà bien du mal à tutoyer les limites des motos de ces 10 dernières années!

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