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2. Essai - Kawasaki W800 : Du poutoumpoutoum comme on aime

Essai Kawasaki W800 mod. 2020

Bon déjà, elle vaut "à partir de 10 249 €", et cela a son importance. Petite série, certes, elle n'est pas donnée. Mais ni la puissance, ni la cylindrée, ni l'équipement d'une moto ne sauraient à eux seuls fixer un tarif. D'autant que sur cette W800, aucun contrôle de traction ni modernisme outrancier ne vient perturber les puristes. À propos de pure, justement, la BMW R Nine T Pure est équipée de manière similaire, mais proposée bien plus cher… Sans oublier les Triumph Bonneville, dont la T100 se voit affichée à partir de 10 900 €.

Forcément très proche de cette dernière, de look comme d'esprit, la W800 se dissocie cela dit de l'anglaise par une touche de modernité supplémentaire. Sorte d'évocation, elle n'en est aucunement une copie, comme le montrerait un jeu des 50 différences entre les modèles.

Revenons-en à nos puristes. Ils devront uniquement composer sur la W800 avec un freinage anti blocage non déconnectable. Qu'à cela ne tienne, commençons par là en le testant au cours de nombreux freinages dans toutes les conditions et sur tout type de revêtement.

Essai Kawasaki Ninja 650
Même pas peur. La W800 n'a aucune crainte lorsqu'il s'agit de prendre de l'angle. Moderne, assurément !

Le levier droit est agréable de prise en mains, tandis que la puissance apparaît immédiatement suffisante. L'accroche sur le disque est agréable, la force présente et le contrôle efficace, quelles que soient l'expérience et la taille des mains. Surtout, le dosage est facile et précis. Et à l'arrière ? Même constat. La commande au pied actionne un élément agréable lui aussi, et l'on ne redoute jamais de déclenchement prématuré ou inopiné de l'ABS, lequel n'intervient qu'en cas d'urgence ou de freinage très appuyé de l'arrière. On valide !

Jauger une moto se fait dès les premiers mètres. Aussi lorsque l'on peut régler l'écartement des leviers à sa main, lorsque l'on constate que l'embrayage est assisté et de ce fait doux à manipuler et à passer les rapports, mais aussi lorsque l'on trouve que tout tombe sous la main et sous le pied, on sait que l'on a trouvé là une moto faite pour soi. Et faite pour le plus grand nombre en l'occurrence.

Essai Kawasaki W800
Droite. La position de conduite est relax et le guidon très agréable de prise en mains. Le confort est au rendez-vous. 

Vintage, oui, mais qui assure !

Même si elle s'offre sans retenue dès les premiers contacts charnels, on note immédiatement la générosité de la W800. Son côté attentionné sans trop en faire, sa justesse dans la proposition qu'elle fait. Sans oublier une pointe de malice, avec laquelle nous n'allons pas tarder à jouer. Car au premier coup de gaz, le moteur donne le ton.

Un grondement, une résonance et un timbre qui n'appartiennent qu'à ce genre de cylindrée et de motorisation. Des sensations mécaniques très présentes au travers d'un souffle, d'une onde sonore et vibratoire parcourant l'échine et remontant dans les mains. Elle communique volontiers sur son architecture moteur et ses bienfaits, se montrant électrisante par les fréquences pratiquées.

Et puis il y a cette poussée, profonde, sincère, franche et idéalement dosée. Celle qui fait oublier les chiffres, la puissance et la notion même de A2 au profit d'une sensation apaisante. Avec confiance on lance le bicylindre dans une aventure, qu'elle soit urbaine ou routière. Facile à doser, l'accélération précise offre des réactions bien proportionnées, sans aucun parasite ou cahot. Tout juste remarque-t-on une zone de confort supérieure une fois les 3 000 tr/min dépassés.

D'une souplesse redoutable, le "moulin" de 773 cm3 fait profiter de son énergie. Lancez-le dans les tours et il répond présent, renforçant même sa vigueur, pour peu qu'on lui laisse le temps de montrer son caractère "à triple étage". Des paliers discrets, certes, mais sensibles tant au niveau sonorité que vibrations, se renforçant crescendo.

L'allonge est bonne et la vitesse maximale suffisante (aux alentours de 180 km/h), tandis que l'on ne sait plus toujours sur quel rapport on évolue. Alors on s'en remet à ce que l'on ressent. Et ce que nous dit le pied gauche, lorsqu'il cherche à passer le rapport suivant. Un signe qui ne trompe pas sur l'agrément dont on bénéficie.

D'autant plus que la partie cycle n'est pas en reste. On aurait pu redouter quelques mouvements inappropriés ou une supension se désunissant avec la vitesse. Ou encore une roue avant plus rétive à placer, eu égard à sa taille. Il n'en est rien non plus. Rigoureuse, la W800 mod. 2020 sait l'être. D'autant plus que l'on en fait absolument ce que l'on veut, du fait d'une neutralité agréable de la direction. Manœuvre à basse vitesse est une formalité, tandis que l'on ne ressent jamais le besoin de corriger le tir lorsqu'on l'inscrit correctement en courbe.

Essai Kawasaki W800
Grondement. La sonorité de la W800 est un régal. Tout comme ses vibrations et sa force moteur. Onctueuse, la Jap' !

Rien à regretter

Facile à placer, on s'interroge dans un premier temps sur le grip des pneumatiques, mais les Dunlop K300 GP, tubeless, offrent des réactions connues et une accroche optimale sur le sec. On en vient rapidement à sonder les 125 mm de garde au sol. De scritch en scratch, de pif en paf, tout du moins dans les ronds-points et les courbes serrées, on s'en remet en toute confiance à leur gomme, tout en s'habituant au son et à la sensation du repose pied glissant sur le bitume. Les picots les protégeant tout en voulant limiter l'angle pris auront fort à faire pour limiter les ardeurs !

Pour ce qui est de bien se tenir sur les petites routes, on pourra hausser le rythme en tordant le cou aux idées pré conçues. Certes elle a un look de mamie, mais elle brille, cette W800, et c'est un signe en soi. Elle démontre même qu'une puissance importante ne fait pas tout. En distillant ses sensations moteur et en offrant un comportement sain et serein, la W800 amplifie les sensations de vitesse, collant parfaitement à un esprit balade ou apprentissage.

Si la fourche n'est pas réglable, rares sont les moments où l'on se pose la question de savoir s'il aurait été mieux qu'elle le soit. Il y a davantage à dire au sujet de l'amortissement arrière. Bon lorsqu'il est question de tenir les pneumatiques au sol, il se montre moins agréable sur les compressions les moins attendues. Cela étant dit, nous avons pu remarquer une amélioration au fil de l'habitude et surtout du type de conduite : rester au guidon permet d'encaisser au mieux les aspérités prononcées. La conduite décontractée peut cela dit offrir des résultats impressionnants en matière d'efficacité et de prise d'angle. Elle ne se pilote pas toujours : la W800 s'emmène. Let's danse, comme chantait Bowie. 

Essai Kawasaki W800

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Commentaires (10)

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Très bonne moto mais je trouve qu elle est beaucoup trop chère, elle devrait être aux alentours de 7000 à 8000 euros

Par

Très sympa cette bécane mais trop lourde, et d'accord avec Didou : trop chère pour ce que c'est.

Par

La perle de cette catégorie, c'est la Royal Enfield 650 Interceptor, qui au delà du prix de 6600 € se révèle être une excellente moto.

Peu mise en avant par les médias, elle est plébiscitée par les motards et c'est un carton dans les ventes depuis le début de l' année.

Par

Personnellement j'aime beaucoup conduire ma W800 street 2020. Je l'ai eu neuve pour moins de 9000€ en concession.

Par

D'accord avec Foe. Dans la catégorie, il n'y a pas mieux que la RE 650. J'ai failli craquer pour une W800, surtout à cause de sa sonorité de vieille anglaise, mais vraiment trop chère. Un essai de l'Interceptor m'a vite convaincu de la super affaire. Par contre, je trouve que ce sont les médias qui ont grandement participé à son succès.

Par

En néo retro chez Kawasaki, je préfère largement la Z900RS :fleur: C'est pas la même catégorie certes, mais elle est magnifique.

Par

En réponse à Foe des aravis

La perle de cette catégorie, c'est la Royal Enfield 650 Interceptor, qui au delà du prix de 6600 € se révèle être une excellente moto.

Peu mise en avant par les médias, elle est plébiscitée par les motards et c'est un carton dans les ventes depuis le début de l' année.

Euxxx la Kawa va durer 20 ans, bien vieillir, la Enfield est extrêmement mal finie, les commodos seront blanchis par le soleil après un seul été, les chromes sont médiocres, la peinture fine, les suspensions de piètre qualité et les aluminium sont fragiles. Faut comparer ce qui est comparable. Si la W est chère c'est qu'elle a toujours été une moto construite avec sérieux.

Par

J’ai été l’heureux possesseur, il y a quelques années d’une W650 (achetée d’occasion) que j’adorais malgré ses défauts (elle avait par la suite malheureusement subi, du fait de la non-violence de son frein avant, un "contact non planifié" avec une malle arrière de 407 ABSïssée , contact qui avait hélas vu les dégâts, sonné la fin de sa carrière).

J’ai donc pu essayer il y a quelques semaines sa charmante grande sœur et là, après l’excitation, la déception :

La moto à 150cm3 de + ça c’est bien, malgré son ABS elle pèse toujours à peu près le même poids à 2 ou 3kg près, ça c’est toujours bien, mais elle a perdu 3 chevaux et ses carburateurs, donc, au niveau sensation elle a toujours la rondeur d’un vrai moteur longue course mais…C’est un peu comme une danseuse de flamenco qui aurait gardé ses charentaises, il manque quelque chose !

Par ailleurs, comme sur ma défunte W650, il lui manque encore et toujours (surtout pour une moto à plus de 10 200 Euros) :

- Des feux de détresse (on en trouve sur pratiquement toutes les motos Chinoises de plus de 400cm3 ...)

- Des vrais amortisseurs...

- Une vraie selle qui permet de faire plus de 100km d'affilé...

- Des vrais pneus, lors de mon essai de la moto sous la pluie, j'ai en effet constaté que les

- " inconnus et mystérieux Dunlop K300 GT» n’ont rien à envie,sur le mouillé aux qualités légendaires des pneus Chinois équipant les 125 à 2000 piastres…

- Des jantes pouvant accueillir des pneus tubeless, car vérification faite et au vu de l’implantation des rayons, les jantes de la W800 ne sont pas prévues pour des pneus tubeless (si vous crevez au-delà de 50km/h, ils vous évitent dans un premier temps et 1 fois sur 2 de vous bourrer façon Joe bar team et dans un deuxième temps, d'attendre un dépanneur et 24 à 48h00 avant de pouvoir récupérer votre magnifique "W" rééquipée d'une chambre à air neuve... PS: si vous crevez de l'avant l'addition risque d'être un peu plus salée pour vous et pour la moto...)

- Des pots saucissons en inox, comme ceux de petites copines dans la même gamme de prix, car à la longue comme sur la 650, ils vont rouiller…

- Un espace sous la selle pour ranger une photo encadrée de votre belle-mère...

- Une vraie barre de maintien en tube chromé et située à l’arrière de la selle pour ne pas égarer la dite belle mère.

Enfin, lors de mon essai, un Hipster a regardé la moto puis c’est approché en me demandant si: "W c’était une nouvelle marque Chinoise"...

Pourquoi n’apposer sur la 800 qu’un "W" sur le réservoir alors que cette moto est une jolie Kawasaki qui attire tous les regards, alors là ça reste un grand mystère….

Pour conclure :

J’espère me tromper mais, concurrence oblige, il risque de ne s'en vendre que quelques centaines et ça, c'est vraiment dommage.

Par

elle est belle mais

1° 48 cv , 62Nm de couple pour 221 kg

Avec un 800cm3 on pouvait pas avoir au moins 70 canassons ?

2° 10250€ quand un T 100 bonneville se negocie a 10900€ avec 55cv et 80NM pour un poids équivalent

Cette Kawette ne se vendra pas car elle est beaucoup trop cher par rapport a la concurrence et ce qu'elle propose :

- celui qui peut mettre 10000 balles ira chez triumph

- celui qui veut ce genre de moto avec un petit budget ira voit chez royal enfiled

Par

En réponse à lorenzozozo

Euxxx la Kawa va durer 20 ans, bien vieillir, la Enfield est extrêmement mal finie, les commodos seront blanchis par le soleil après un seul été, les chromes sont médiocres, la peinture fine, les suspensions de piètre qualité et les aluminium sont fragiles. Faut comparer ce qui est comparable. Si la W est chère c'est qu'elle a toujours été une moto construite avec sérieux.

par contre t'as la bonneville T 100 qui offre de meilleurs prestations pour quasiment le même prix , et le prestige de la marque en plus

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