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2. Essai - Yamaha Tracer 700 mod. 2020 : Freedom !

Yamaha Tracer 700

Même après un repos forcé, reprendre son guidon, c'est retrouver instinctivement ses marques. Tout est bien placé, les commandes aux pieds tombent sous la semelle comme du fait sur mesure, tandis que le guidon de section standard permet aux mains de se poser sans encombre sur des commandes à la fois douces et bien placées. Au pouce, gauche, le switch permettant de se promener dans les menus. "Et pis c'est tout". Le Tracer 700 est une moto à l'état pur. Elle conviendra aussi bien aux jeunes permis bridés qu'aux rouleurs expérimentés, tant elle semble avoir à offrir.

Une fois encore, la Tracer 700 relève de l'évidence, de la pertinence des choix et d'une réflexion poussée sur ce que doit être une "plateforme". Issue de la MT07, elle profite pourtant d'un comportement et d'une identité qui n'appartiennent qu'à elle. Quelque part, sa position de conduite comme son entrain nous remémorent la Ténéré 700. Une sacrée référence en soi. Mais une T7 en tenue de soirée, qui aurait délaissé les escarpins pour des talons de 8 au lieu de 12 et qui se serait habillée pour l'occasion d'une robe rouge orangée.

Certes, il y a quelques petits éléments qui se remarquent en photo, comme le volume de la ligne d'échappement, mais globalement, aucune faute de goût en live et à hauteur d'homme. Et une fois que l'on est dessus, on oublie tout. C'est ça l'amour ? Trêve de philosophie/humour de bar de quartier, revenons-en à notre parallèle Ténéré 700/Tracer 700.

Yamaha Tracer 700
Sous certains angles prononcés, la ligne d'échappement apparaît dans toute sa masse. Sa sonorité, elle, est discrète.

Moins haute de selle, plus prévenante et bien plus protectrice contre le flux d'air et les intempéries, la nouveauté conserve ce qui fait la force des trails : l'ergonomie et la position de conduite. Les jambes ne voudront vraisemblablement plus quitter leur place tant elles s'y sentent bien et épargnées du vent, tandis que l'on approuve immédiatement le choix du fameux "triangle" de conduite. Formé par la base des fesses, l'emplacement des mains et celui des épaules. Il est ici très bien choisi. Privilégiant le confort, la souplesse et une posture redressant le dos, on se sent à l'aise, tandis que seule la selle nous est apparue plutôt ferme dans un monde relativement feutré et pour tout dire assez douillet, compte tenu de la catégorie et de la vocation sportivo GT la Tracer 700.

Confort sommaire, mais confort quand même

Car pour les autres aspects confort, la Tracer 700 new generation assure ! Les suspensions, tout d'abord, travaillent avec efficacité sur les revêtements ondulés, tandis que les pneumatiques Michelin font le reste. Fermes et bienveillants, les réglages de la fourche comme ceux du mono amortisseur sont un excellent compromis et surtout, ils sont bien accordés.

Ce point est essentiel sur ce genre de moto. Ainsi la fourche plonge-t-elle peu sur les gros freinages malgré un débattement assez important, tandis que l'on apprécie la capacité de l'arrière à encaisser aussi bien les grosses compressions qu'à freiner le ressort en cas de besoin. Résultat, on ne joue pas les Culbuto en conservant une bonne assiette. Surtout, on ne redoute pas les guidonnages intempestifs, malgré la bonne vivacité du train avant.

Yamaha Tracer 700

Reste à gérer un rayon de braquage assez ouvert, mais aucunement nuisible à la maniabilité en ville. Une agglomération parcourue sereinement, mais nécessitant un peu de doigté pour ce qui est de doser le frein arrière : la résolution de l'ABS et son calculateur trahissent une gamme inférieure à ce que l'on retrouve dans les catégories supérieures. Déclenchements prématurés et allongement des distances à prévoir si l'on ne pense pas à coupler avec l'avant. Un frein avant agréable, facilement dosable et sans surprise offrant même la possibilité de s'amuser à lever l'arrière sur les grosses compressions. Fun, donc, la Tracer 700. Même en ville.

Une agglomération dans laquelle elle trouve aisément sa place. Effectivement très légère à tenir et à guider, étroite malgré les apparences et surtout compacte envers et contre tout, elle profite d'un équilibre agréable et d'une bonne stabilité pour faciliter les manœuvres à allure lente. Plus haute qu'un roadster, elle semble pouvoir et surtout vouloir passer partout, renforçant la confiance qu'on lui porte au moyen de ses pare mains. S'ils ont tendance à s'accrocher un peu partout lors de la poussette, du fait de leur forme (vêtements compris) et de leur relative largeur, ils officient avec pertinence en déviant l'air, mais surtout en faisant ce pour quoi ils sont conçus : protéger les mains et les leviers de remontres non souhaitées. Attention également aux clignotants arrière, qui n'aiment pas qu'on les accroche/approche : ils se déboîtent (et se remettent fort heureusement).

Le Fazer 700 est né... Et c'est un Tracer et un bi

Au moment de prendre la route, on envisage dans un premier temps de remonter la bulle. Selon nous, une erreur et le seul point réellement critiquable de cette moto à vocation routière. Dès que l'on passe en position haute, non seulement on prend plus d'air sur les épaules, mais le casque devient plus sonore du fait de l'air trop peu dévié en largeur et de turbulences plus importantes. La faute à une forme étroite à la base, davantage prévue pour préserver l'esthétique que pour épargner les oreilles ou le cou. Voyageurs, envisagez son remplacement ou laissez-la en bas !

Yamaha Tracer 700
Yamaha Tracer 700
Stable, joueuse, presque confortable, la Tracer 700 est fun à souhait et elle le montre à la moindre rotation de poignée.

Si en ville on peut profiter d'une souplesse redoutable du bicylindre de la Tracer 700, la route lui offre la possibilité de s'exprimer pleinement. Modifiée, la transmission permet tout de même d'accrocher les 80 km/h en 1re, les 110 en 2nde, les 145 en 3 et près de 180 en 4. Pardonnez-nous de ne pas vous dire ce qu'il en sera sur les deux derniers rapports, mais l'Allemagne est bien plus loin que 100 km autour de la rédaction. Du coup, tablez sur une vitesse de pointe revue à la hausse par rapport au modèle passé et envisagez sereinement le 200 km/h : rien ne bouge, tout en sachant que vous aurez encore un peu de marge mécanique. Pour le physique, cela reste à voir.

Attendez-vous par contre à vibrer de toutes vos mains : le CP2 distille son flot de pulsations. Son flow aussi, tant il reste expressif au travers de son échappement. La sonorité plutôt sourde, rauque et profonde pour une moyenne cylindrée remémore le temps des trails à un seul piston, tandis que l'on se félicite de ces vocalises sympathiques et sans excès.

Yamaha Tracer 700

Dynamique, la Tracer 700 2020 l'est assurément. Immédiatement en confiance, surtout en cette période où les ronds points ont eu le temps de se nettoyer et où ils ne sont pas encore tous enmazoutés, prendre de l'angle se fait instinctivement et sans même couper les gaz. Une injection des plus précise et bien calibrée, une poignée douce et tout est là pour offrir un parfait contrôle. On roule, on enroule, on relance même, tout en se méfiant de la santé du moteur dans les tours. S'il semble plutôt linéaire, on note plusieurs plages d'utilisation et de réaction, dont la plus amusante se situe dans la seconde partie du compte-tours puis au-dessus de 8 000 révolutions par minute. On se prend alors à imaginer ce que donnerait ce bloc propulseur sur une petite sportive pure souche, avec un peu plus d'allonge et de puissance…

La Tracer enchaîne les kilomètres, se laisse porter, piloter, même. Résultat ? On penche, on penche, on penche, et parfois même, on visse la poignée droite, surtout lorsque l'on sent les Road 4 à même d'encaisser. Ils nous sont en effet apparus être le seul facteur fixant les limites sur cette Tracer 700, loin derrière les tétons de repose-pieds et le pied de la béquille latérale (petit smiley qui sifflote en regardant le ciel…).

Yamaha Tracer 700

Ils offrent un toucher de route agréable, même si très feutré. De leur profil rond, ils accompagnent les prises d'angle précises, tout en générant un sentiment de grip appréciable. Par contre, deux choses à noter : on ne sent pas bien les limites d'adhérence ou de profil plein angle, une fois que l'on pose le repose-pieds sur le bitume. Ensuite, ils sont sensibles à leur plage de température de fonctionnement : la chauffe demande quelques kilomètres et leur surchauffe entraîne quelques décrochages intempestifs en cas de remise des gaz forcenée.
Les plus sportifs d'entre nous préféreront opter pour une monte pneumatique moins polyvalente, mais plus en adéquation avec leur style de conduite. Ils se méfieront par contre des rétrogradages trop enthousiastes et d'un frein moteur présent bas dans les tours. L'embrayage est amorti, certes,  mais ça retient fort et pneus froids, on peut avoir des surprises. Et on ne vous parle pas des ré accélérations gaillardes. 

La meilleure des 07 ?

Au fil du temps passé en compagnie de la Tracer 700, on en vient à se dire qu'elle est peut-être la meilleure de la famille MT07. La plus aboutie aussi, même si l'on doit passer par la case option pour se payer une prise USB (emplacement pourtant prévu), une bonne bulle et pourquoi pas une selle un peu plus confortable. Mais plus on roule avec elle, plus elle nous rappelle un modèle aujourd'hui disparu. Plus qu'un modèle, une lignée : celle des Fazer, qu'ils soient 1000 ou 600. Roadster caréné et confortable, la Tracer 700 n'a de trail, fut-il routier, que le nom. Elle est selon nous une excellente descendante d'une moto demi-carénée aujourd'hui un peu oubliée et elle remet sur le devant de la scène un style de conduite, une façon de voir la polyvalence avec classe et énergie propre à la philosophie Yamaha. Le Fazer est mort, vive la Tracer !

Yamaha Tracer 700

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