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Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Dans Moto / Nouveauté

Benoit Lafontaine

Voici la Norton Manx R, une moto au tarif débutant à 23 250 €, différente, technologique et auréolée d’un nom mythique. Une moto aussi surprenante qu’intéressante, ne serait-ce que par son moteur : un inédit V4. Mais ce n’est pas tout.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Déclinée en quatre versions des plus élitistes et exclusives, la sportivo GT anglaise entend remettre Norton sur le devant de la scène avec une proposition radicale, sophistiquée et exclusive. Derrière le prestige, le lustre et les performances, quelques réserves demeurent. Découverte et essai de la version Signature, presque la plus chère.

C’est entre le circuit de Monteblanco, près de Séville, et les routes vallonnées menant à Aracena que Norton avait convié la presse internationale afin de découvrir sa nouveauté 2026. Un terrain idéal et maintes fois parcouru dans le cadre d’autres essais, destiné à mesurer aussi bien l’ambition de cette machine que ses capacités réelles. Première moto commercialisée pour le « grand public » après la reprise de la marque par TVS en 2020.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Une vitrine technologique signée Norton

Pour cette présentation, Norton mettait à disposition la version Signature de la Manx R. Une variante déjà particulièrement exclusive et proposée à 43 750 €. Seule la First Edition la dépasse en équipement et en niveau de finition, pour une somme pouvant allègrement dépasser les 50 000 € (chaîne forgée, utilisation massive de carbone permettant de gagner 2 kg par rapport à la signature, étriers de frein en série limitée, échappement Akrapovic en titane et j’en passe). Des tarifs élevés, certes, mais une version de base est proposée à « seulement » 23 250 €, avec des suspensions classiques, des jantes aluminium logiquement plus lourdes que celles en carbone de notre modèle et un peu moins de raffinement. Pour le reste (électronique, motorisation et train roulant), tout est similaire, jusque dans la monte pneumatique résolument sportive : des Pirelli Diablo Supercorsa SP, soit le dernier pneu homologué pour la route avant de passer sur les gommes réservées à la piste.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Sacrée fiche technique

La fiche technique de la Manx R, particulièrement ambitieuse, révèle aussi bien les moyens mis en œuvre que le peu de limites fixées lors de la conception de la moto. Tout du moins pour ce qui concerne la First Edition, « dégradée » ensuite pour obtenir des modèles plus « abordables ». La Manx R est une moto d’ingénieurs, de designers et d’industriels audacieux en quête d’absolu. Dans le monde du luxe, on compte moins, c’est certain. L’avenir dira si ce choix est judicieux, tout comme un réseau en pleine construction. N’en demeure pas moins qu’au cœur de la moto, un inédit V4 Euro5 +, ouvert à 72°, prend place.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Des solutions techniques avancées

Il profite d’une commande de gaz de type Ride by Wire pour chaque rangée de cylindres, donc avant et arrière. Associée à une centrale inertielle Bosch 10.3ME de dernière génération, en charge de mesurer le comportement de la moto sur 6 axes, l’objectif est d’offrir une gestion extrêmement fine des réactions à l’accélération et bien entendu des assistances électroniques. Les deux commandes n’étant pas synchrones, elles coordonnent en quelque sorte deux moteurs afin d’offrir la meilleure réponse, gérant au passage le frein moteur et la distribution de la puissance. C’est complexe, et dans les faits, les résultats sont parfois surprenants, comme nous l’allons voir.

La VFR pour « modèle » ?

Compact, grâce à sa distribution mixant courroie et engrenages, le V4 à carter en magnésium adopte aussi un échappement propriétaire, caché sans le sabot moteur inférieur. Il bénéficie de deux sorties latérales, à la manière d’une… MT-09. La sonorité grave et profonde rappelle certains quatre cylindres en V de Honda, au nombre bien entendu de la VFR. Notamment la 1200, une cylindrée partagée avec la Manx. Cette référence passée est d’ailleurs revendiquée par Norton. L’inspiration fournie par la GT Sport Honda de référence se retrouve jusque dans le freinage couplant l’action des étriers avant et arrière.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Un moteur puissant

Fort de 209 ch à 11 500 tr/min et de 130 Nm de couple à 9 000 tr/min, Norton annonce avoir privilégié les régimes les plus utilisés sur route sur une hypersportive, avec une poussée massive concentrée entre 4 000 et 6 000 tr/min, 8 000 dernier carat, soit la plage usuelle des conducteurs de ce type de motos « dans la vie de tous les jours ». Le moteur grimpe pourtant jusqu’aux environs 12 500 tr/min avant que n’intervienne une rupture très discrète.

Résultat de ces valeurs impressionnantes ? La puissance arrive vite, très vite et par paliers successifs, sous le contrôle et l’égide d’un mode de comportement allant de Rain à Track (2 options et entièrement configurables), en passant par Sport et Road. Track, logiquement destiné à une utilisation piste ou une conduite pistarde, ne se sélectionne pas d’office, nécessitant un appui long sur le bouton de démarrage pour s’activer, là où les autres alternent au moyen d’un clic simple.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Les modes personnalisables le sont au travers de l’interface utilisateur à la fois claire et détaillée (mais sans grande fantaisie) ou par l’intermédiaire des raccourcis du commodo gauche, au moyen du cercle directionnel. Intuitive, la commande est également un modèle de simplicité pour ce qui est de mettre la moto à sa main en quelques clics. Nombre de concurrents pourraient prendre exemple. Surtout, une fois fixés, les réglages sont définitifs, même si l’on coupe le moteur ou désactive une aide à la conduite. Reste une latence très importante lors du démarrage de l’instrumentation TFT tactile de 8 pouces de diagonale.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Une exploitation parfaite des ressources

Le temps que démarre la « tablette » et que se charge le logiciel d’exploitation (que l’on peut mettre à jour notamment via une connexion avec un smartphone) et l’on peut envisager d’agir. Celui-ci peut d’ailleurs interagir en Bluetooth comme Wifi et ouvrir de nouvelles possibilités sociales ou de divertissement, ou encore de navigation GPS. Dommage à ce titre que celle-ci ne soit pas incluse d’origine, comme sur la KTM 990 RC. Lorsque l’on y a pris goût, cela devient très agréable de s’affranchir d’un smartphone et de son alimentation, au demeurant absente de sur cette Norton selon nos observations (mais à confirmer). Par contre, il est ainsi possible de localiser la moto et de l’arrêter à distance. Antivol intégré, donc.

L’électronique pour compenser

L’électronique est omniprésente et de haut vol : le contrôle de traction offre de configurer finement le comportement de la roue avant (anti lever de roue), celui de la roue arrière : glisse latérale, patinage et même contrôle de glisse lors du freinage. Tout comme le TCS, l’ABS est actif en courbe et le freinage est même couplé lorsque l’on utilise le frein avant. Le frein moteur est lui aussi paramétrable, tout comme le couple moteur et la distribution de la puissance le sont. On retrouve également un dispositif connu en compétition moto : le Launch Control. La Manx R embarque donc l’arsenal technologique des hypersportives les plus modernes… GT, vraiment, la Manx R ?

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GT, Sportive ou les deux ?

Cette version Signature dispose de jantes en carbone moulé de marque Rotobox : des Bullet Pro, homologuées spécifiquement pour Norton et pesant 7 kg de moins que celles montées sur la version de base. Les suspensions électroniques, quant à elles, sont signées Marzocchi, semi-actives et ont été développées spécialement pour la marque. Elles intègrent des potentiomètres linéaires mesurant très précisément et très rapidement les mouvements des tubes afin d’ajuster instantanément leur réglage.

Une ergonomie sportive mais étonnamment accueillante

Dès la montée en selle, la Manx R affiche son orientation sportive. L’assise monoplace, ferme mais bien dessinée, culmine à 840 mm. Les repose-pieds racing, particulièrement légers, offrent un excellent grip, tandis que la position de conduite compacte rapproche fortement le pilote des bracelets et les mains des genoux. Malgré cette ergonomie radicale, aucune tension excessive ne se fait ressentir dans le dos ou dans les cervicales. La largeur des demi-guidons contribue même à un contrôle très naturel de la moto une fois en mouvement et les pneus à température.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Une bonne collaboration indo anglaise

L’interface électronique développée par TVS impressionne par son ergonomie. En mode Track, chaque flèche du commodo permet de modifier rapidement un paramètre précis : puissance, anti-wheeling, contrôle de traction ou ABS. Clair, intuitif et efficace, ce modèle est encore plus appréciable que celui proposé par Suzuki.

Entre hypersportive et Sport GT

En circulation urbaine, le V4 de 1 200 cm³ rappelle rapidement sa nature et met en avant les caractéristiques fondamentales de son architecture, si prisée en compétition (Superbike aussi bien que MotoGP), mais si peu adaptée au quotidien. Souple, rond et extrêmement disponible à bas régime, il rend la conduite facile et agréable sur les premiers rapports, accepte de rouler en 4, mais dégage énormément de chaleur à l’arrêt. Les cuisses sont particulièrement exposées. Autre inconvénient : le rayon de braquage limité, qui complique les manœuvres, tandis que les appuis sur les poignets deviennent sensibles à la longue. La Manx R n’apprécie clairement pas les centres-villes encombrés et préfère les grands espaces ou les grands axes.

Norton Manx R : l’exclusivité technologique au service des sensations

Cela n’empêche pas le shifter de se montrer très agréable à utiliser, ni la sonorité du V4 de faire tourner les têtes à chaque accélération, tout comme le look singulier de la moto. Elle dispose même d’un launch control utilisable trois fois par jour, histoire de briller lors d’un démarrage au feu. Reste à vite couper les gaz, on a tôt fait de se retrouver à allure autoroutière sur le premier rapport.

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