2. Sur la route, la Thruxton 400 est plus racer que café !

Voulue légère et affichant seulement 176 kg tous pleins faits, la Thruxton 400 met à profit son rapport poids puissance et ses proportions contenues. Les 42 ch annoncés ne semblent aucunement la déranger dans ses évolutions. Surtout avec la possibilité de monter plus haut dans les tours. L’impression d’allonge et de vigueur, tout comme celle d’un tempérament sportif, s’en trouve renforcée, tout comme l’agrément général : on aime le faire râler ou le faire crier, tout en appréciant ses moindres expressions…
Le couple est également l’un des fondamentaux, en se montrant très présent dès les premiers mètres parcourus et jusqu’à la seconde moitié du compte-tours où il ne culmine pas encore. On ne manque de rien, jamais, au point de s’interroger sincèrement sur la cylindrée réelle de la moto. Un 400, vraiment ? Un bon, alors qui cumule les avantages et les points positifs. Et ce quel que soit le rapport engagé.

De la douceur sous 7 000 tr/min
En agglomération, on profite d’une douceur mécanique appréciable de la part d’un monocylindre, de pulsations douces et contenues, tandis que l’ambiance sonore est, elle aussi, à la hauteur de ce que proposerait une cylindrée supérieure. C’est bien simple, on se demande où et comment l’échappement a pu être homologué. Surtout, on apprécie ses basses assez profondes, reflétant le gras moteur et sa capacité à monter dans le médium puis les aiguës, reflétant le régime moteur. On peut le conduire aussi bien à l’oreille qu’à la vibration. Développons.
À l’image de ce que l’on retrouve sur route, on se concentre uniquement sur la trajectoire et le freinage, sans se soucier du rapport engagé ou de la plage d’utilisation : il y a du répondant et du tonus et il suffit de tourner la poignée droite pour s’extraire ou se relancer. Redoutable. Jouer de la boîte de vitesses est donc une option à laquelle on recourt uniquement pour viser la performance. Méfiance toutefois lorsque l’on tombe un rapport dans les tours ou lorsque l’on en descend deux à mi-régime : la roue arrière peut bloquer.

En découle un plaisir simple et sincère, renforcé par des vibrations appartenant à la catégorie de celles que l’on trouve agréables de par leur fréquence et leur intensité, surtout lorsqu’elles ne s’éternisent pas, avouons-le. Le principal regret concerne l’aiguille du compteur qui danse la gigue dès que l’on dépasse les 7 000 tr/min et brouille la lecture de la vitesse. On est alors non loin de 140 km/h compteur. Au moins, les rétroviseurs en bout de guidon ne répercutent-ils pas la tremblote, contrairement à ce que nous avons constaté sur la Tracker aux rétros classiques implantés sur le guidon.
Une ergonomie mixte et des appuis travaillés
Les demi-guidons de la Thruxton, justement, pour curieux qu’ils sont avec leur largeur et leur ouverture inhabituelles, n’en sont pas moins sympathiques une fois pris le pli imposé par l’ouverture des bras atypique pour une simili sportive. Le rayon de braquage est tout à fait correct et le bras de levier intéressant, tandis que sur route, l’on retrouve un comportement de grosse sportive, avec la facilité d’une petite toutefois. La gestion de la trajectoire, un peu « à l’ancienne », ne réclame cependant plus aucun effort physique. Plus on roule vite, meilleure est la propension à tourner lorsque l’arrière pousse l’avant. On inscrit la moto en courbe sur un filet de gaz avant de l’ajuster. Simple, efficace et très plaisant une fois encore. Comment un petit bout de moto comme celle-ci peut-il produire cet effet-là ?

Cette moto démontre que l’on peut tout simuler niveau conduite, tout reproduire, en y mettant de l’émotion et du savoir faire et à l’échelle d’un 400. Le sourire dans le casque, lui, est bien réel. S’il est possible de s’engager physiquement dans la conduite, pardon, le pilotage de cette mini Thruxton, on découvre naturellement les joies de l’ouverture du genou, de déhancher et des appuis sur le train avant, au demeurant facile et précis. Les ergots de repose-pieds sont assez longs, tout en ne frottant que rarement en utilisation normale sur routes standard. Dans les routes de col, on prendra volontiers gros angle et l’on appréciera de réusiner les tétines. Un point notable : rouler pieds sur la pointe fait entrer le talon en conflit avec la platine de repose-pieds arrière, même avec un « petit » 42 de pointure. On pilote donc pieds en canard, quitte à limer le bord des bottes. Sliders de chassant recommandés !
Un freinage au top
Le freinage, quant à lui, se prête volontiers aux plus expérimentés, tout en apprenant aux débutants ce qu’est un ABS parfaitement calibré. Ça stoppe net et sans bavure, sans même déclencher l’anti blocage. Impressionnant. À l’instar du contrôle de traction, jamais, il n’a été possible de déclencher les assistances dans des conditions normales d’utilisation. Quant à la motricité, les Diablo Rosso IV comme l’excellent comportement des suspensions ne savent aucunement la prendre en défaut. Les 42 ch non plus, on s’en doute. Tout du moins sur le sec.

Un mono qui pousse… au crime* !
Si vous vous interrogez sur la fonction de la tête de fourche, disons que la forme prime sur l’utilité. Certes, on prend un peu moins d’air sur le buste, mais impossible de s’abriter réellement derrière la bulle, trop basse. Le casque ne profite également que d’un cône de protection limité, mais suffisant. Ceci dit, les performances de ce modèle nativement compatible avec les jeunes permis impliquent une vitesse de pointe limitée. Annoncée à 165 km/h par le constructeur, nous avons pu constater qu’elle était pessimiste tant le monocylindre est capable de pousser fort et long sur ses rapports bien étagés. La première pousse à près de 55, la seconde 80, la trois 110, la 4 à un vaillant 135 km/h, le tout sans faillir ni fléchir hormis sur les deux derniers rapports, dont une 6 faisant office de surmultipliée et permettant de réaliser quelques économies de carburant. Ceci posé, la consommation est justement contenue aux alentours de 3,5 l/100 lors de notre essai des plus musclés, autant dire peu au regard des performances.
*mineur, le crime, mais quand même
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