Que vaut la WN7, la première moto électrique de Honda ?
Dire qu’on l’attendait de pied ferme relève clairement de l’euphémisme. Honda se lance enfin sa première moto électrique avec la WN7, un modèle qui se positionne en face de la CB500 Hornet, mais qui n’évite pas les écueils liés à la technologie. On vous explique tout après notre premier essai.

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Note
de la rédaction
14,8/20
On ne peut pas dire que les plus grands constructeurs japonais de motos se bousculent au portillon sur le segment de l’électrique. Hormis Kawasaki qui s’est lancé avec la Kawasaki Z e-1, un équivalent 125 cm3 qui n’aura pas convaincu grand monde, les autres ont laissé un véritable boulevard aux marques chinoises et américaines.
Pourtant, les choses pressent, notamment chez Honda qui ambitionne la neutralité carbone sur toutes ses deux roues motorisées d’ici à 2040. Et même la neutralité carbone de toutes ses activités d'ici 2050. En Europe cela passe d’abord par deux scooters électriques urbains à batteries amovibles, les EM1 e : and CUV e . Un concept de moto électrique, la EV FUN avait été dévoilé en 2024, sur lequel est basé la Honda WN7, la première vraie moto électrique de la marque, qui sera commercialisée cette année.
En fait, cette Honda WN7 (pour Wind Naked 7, le chiffre correspondant à l’échelle de puissance de Honda qui va de 0 à 9) est le troisième deux-roues 100 % électrique de Honda en Europe, et même le 14ᵉ au niveau mondial si on compte quelques curiosités telles que les Gyro e :, Cub e :, Dax e : et autres Motocompacto qui sont réservés à des marchés tels que la Chine, l’Inde ou les États-Unis.

Vous en conviendrez, la Honda WN7 affiche une personnalité forte avec sa silhouette épurée et immédiatement identifiable. Suffisamment moderne pour séduire les amateurs de lignes avant-gardistes, elle évite néanmoins de verser dans l’exubérance stylistique façon manga.
Disponible en trois coloris — gris, noir brillant ou noir mat — la première moto électrique de Honda soigne sa présentation, notamment en troquant les soudures pour des écrous qui participent à la rigidité du châssis nous ont précisé les ingénieurs. Ce qui viendra se confirmer au moment de prendre la route. Seul grief, la finition Piano Black de certains panneaux, notamment au niveau du faux réservoir, est sensible aux rayures. Attention aussi aux boutons et autres fermetures-éclair des blousons. De la même façon, la charnière en plastique de la trappe du port de recharge semble bien fragile.

L’éclairage est Full LED tout comme les clignotants avant et arrière. Notez que comme chez Harley-Davidson, ces derniers sont automatiques.

Mais la grande révolution esthétique et technique réside ailleurs : la WN7 est aussi la première Honda dépourvue de cadre traditionnel. Son châssis en aluminium est directement monté sur la batterie, qui devient donc un élément structurel porteur. Aucune poutre ni tube conventionnel ne vient donc relier les parties avant et arrière.

La batterie, volontairement apparente, participe pleinement au style général tout en répondant à un impératif fonctionnel, à savoir la dissipation thermique si cruciale pour préserver les performances d’une moto électrique. Si l’on peut regretter ce gros bloc noir lisse qui est clairement moins travaillé visuellement que celui de la LiveWire One, Honda compense avec des ailettes latérales ingénieusement conçues pour rediriger le flux d’air vers la batterie.
La WN7 se veut également accessible. Pas très large, la moto offre une hauteur de selle de 800 mm qui conviendra à la plupart des gabarits, et notamment aux motardes qui pourront poser les deux pieds par terre. Ses dimensions de 2 156 x 826 x 1 085 mm sont proches de celles de la Honda CB500 Hornet, tout comme son poids de 217 kg. La position de conduite privilégie le confort, avec un guidon et des repose-pieds qui favorisent une posture naturelle. Pour autant, tout n’est pas parfait avec une selle bien trop ferme et qui se fait ressentir après quelques kilomètres seulement. Autre grief, le rayon de braquage est assez limité tandis que les rétroviseurs offrent une excellente vision arrière, mais leur emplacement en bout de guidon rend l’interfile parfois compliquée.

Côté partie-cycle, la WN7 est une vraie Honda avec une fourche inversée Showa de 43 mm à l’avant, et le traditionnel monobras oscillant Pro-Arm en aluminium.
Pour le freinage, Honda fait une fois encore appel à Nissin avec un système basé sur deux disques avant de 296 mm pincés par des étriers quatre pistons, et un disque arrière de 256 mm associé à un étrier simple piston. L’ensemble est piloté par une centrale inertielle intégrant un ABS actif sur l’angle, et associé à une autre nouveauté majeure chez Honda : le freinage régénératif qui offre une expérience de pilotage vraiment intéressante comme on le verra plus loin. Les jantes de 17 pouces sont chaussées de pneumatiques en 120/70-17 à l’avant et 150/50-17 à l’arrière.

Le reste de l’équipement n’est pas en reste avec un système de contrôle de couple HSTC, un limiteur de vitesse avec trois préréglages pour éviter les mauvaises surprises en ville avec un couple de 100 Nm, la Smart Key de série, la même que les scooters Honda Forza par exemple, une assistance de marche avant/arrière pour aider dans les manœuvres à basse vitesse, ou encore l’instrumentation numérique de 5 pouces. Parfaitement visible sous le soleil de Marbella où s’est déroulé notre essai, il doit néanmoins de contenter d’une interface assez triste, mais intuitive. Sans aller jusqu’à l’énorme écran de la Can-Am Pulse, on aurait aimé disposer d’une dalle plus grande et sans ces larges bords d’un autre temps.

De la même façon, pourquoi ne pas proposer Apple CarPlay comme chez le québécois plutôt que la simple navigation Turn-By-Turn ? À propos de la connectivité, un port USB type C est intégré à la moto, mais il est dissimulé sous la selle qui ne s’ouvre qu’avec une clef Allen fournie qui se trouve près du chargeur. Pas besoin de la démonter à chaque fois grâce à un système de passe câble pour faire ressortir le connecteur au niveau du port de charge justement, ou devant le guidon. Mais cela sous-entend de laisser un câble installé sur la WN7, avec le risque qu’il s’abîme avec le temps. Enfin, Honda propose son application mobile Honda RoadSync que nous n’avons pas eu l’occasion d’essayer. Celle-ci propose les fonctionnalités habituelles telles que la gestion des appels via un intercom connecté en Bluetooth, les notifications de message, la commande vocale, mais encore et surtout le suivi de la charge à distance.
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