Avec les annonces de fermetures de sites de la part de PSA, Ford et Opel ou les négociations inquiétantes de Renault et les sous-entendus de Fiat, tout le monde a conscience qu'un cataclysme industriel et social peut se produire dans les mois à venir, du genre à laisser des dizaines de milliers d'ouvriers sur le carreau. Visiblement, l'Europe qui doit déjà gérer la colère montante des populations dont le pays subit des restrictions budgétaires drastiques et répétées commence à s'inquiéter du devenir du secteur automobile. Le discours n'est pas pour autant rassurant...


L'idée n'est pas d'empêcher les restructurations mais seulement de les anticiper

Antonio Tajani, le commissaire européen chargé des entreprises et de l'industrie, a pris la parole hier pour expliquer que l'Europe se souciait du problème et qu'elle voulait anticiper les restructurations dans le secteur. Vous avez bien lu, l'idée n'est pas de les empêcher mais seulement de les anticiper ! Son objectif est de soutenir le secteur en coordonnant les actions des ministres de l'Union Européenne dans 3 directions précises : Innovation, ouverture des marchés vers l'extérieur et anticipations


« Chaque fermeture d'usine est pour moi une blessure. Si nous n'agissons pas, nous risquons d'avoir une fermeture d'usine chaque mois. Ce n'est pas à nous de dire aux constructeurs 'vous ne devez pas fermer', nous pouvons seulement accompagner les restructurations. Je suis contre les délocalisations (…) et il est de mon devoir d'empêcher la fuite de l'industrie automobile hors de l'UE. Il faut anticiper ce qui se passera en 2050 avec près de 2,5 milliards de voitures dans le monde, nous devons commencer à développer des voitures électriques, à hydrogène ou hybrides.

Une réunion aura lieu le 10 décembre avec les constructeurs et les syndicats, elle sera précédée d'une session de travail avec les ministres, je veux écouter afin de voir comment il serait possible de coordonner les actions. Il faut éviter la logique du chacun pour soi et la fuite en avant. »


Antonio Tajani qui a par ailleurs donné raison aux constructeurs qui réclament plus de sévérité dans l'établissement des accords de libre-échange avec les USA, la Chine et l'Inde a indiqué qu'il souhaitait doubler le fonds de soutien à l'innovation (2 milliards à partir de 2014) qui permet d'alimenter les différentes divisions Recherche et Développement des constructeurs. Il a également incité à l'utilisation du fonds social européen qui permet de financer des formations et des reconversions aux salariés ayant perdu leur emploi car pour lui « une usine qui ferme ne rouvre pas »



En Europe, l'automobile représente 12 millions d'emplois et plus d'une quinzaine d'usines tournent à moins de 80% de leur capacité actuellement.