Renault a souhaité faire preuve de transparence en communiquant sur son intention de discuter avec les syndicats sur l'avenir de l'industrie hexagonale et de la production automobile en France. Les mots soigneusement choisis évoquaient la compétitivité et surtout le besoin de trouver des solutions ensemble pour assurer la pérennité du « faire en France » mais pour les syndicats, cela ressemble plus à un ultimatum.

Ce sujet de la compétitivité des entreprises françaises qui fait le buzz dans le monde politique est en fait une expression-paravent qui cache une signification plus précise que l'on peut résumer en : « coût de l'ouvrier français » (comme si le manque de compétitivité française n'était imputable qu'au coût du travail). Renault martèle en effet que ses usines d'Espagne ou de Grande Bretagne sont plus compétitives et sans vraiment le dire, laisse entendre en filigrane au discours officiel que si aucune concession n'est faite du côté des syndicats, le groupe sera contraint de prendre des décisions, comprenez fermer des usines en France. Cette première réunion est résumée ainsi par les syndicats :


« La direction nous a dit qu'elle attendait l'issue de ces discussions pour décider de l'affectation de nouveaux modèles » dit la CGE-CGC. Pour la CGT, ce discours est un « chantage » qui vise à mettre en place un accord de compétitivité identique à celui instauré par PSA sur le site de Sevelnord. La CGT explique ensuite que ce genre d'accord de compétitivité existe chez Renault depuis 1992 et que cela n'a jamais empêché la délocalisation de la production des plusieurs modèles comme la Twingo.


Bref, cette première réunion a permis à la direction d'instaurer un calendrier de négociations très resserré puisque le terme est fixé fin janvier et que dans l'intervalle, 4 autres réunions auront lieu. Nous aurons donc l'occasion d'en reparler.