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Acheter une voiture aux enchères : quels sont les risques ?

Dans Conseils / Acheter une voiture

Regis Lemaistre

Chaque année, de nombreux particuliers et professionnels tentent de trouver de bonnes affaires : acheter une voiture aux enchères est devenu une pratique populaire. En effet, les prix attractifs, la multitude de modèles disponibles et la présence quasi permanente en vente de véhicules d’entreprises (en retour de location ou de leasing) en font une opportunité. En revanche, pour bénéficier de prix d’achat très souvent inférieurs au marché, l’acquéreur doit faire face à une difficulté préalable : moins d’informations sur le véhicule, inspection limitée dans le temps (même si elle peut se faire avant la vente), et frais annexes non négligeables. D’où l’intérêt d’étudier le pour et le contre avant de se lancer.

Acheter une voiture aux enchères : quels sont les risques ?

D’où proviennent les voitures vendues aux enchères ?

Les voitures mises en vente lors d’une enchère sont issues de multiples sources. Elles proviennent presque à 100 % de flottes d’entreprises, de loueurs de courte ou longue durée et de retours de leasing (LOA ou LLD).

D’autres automobiles sont également saisies par les organes judiciaires ou les douanes, puis confiées aux Domaines pour être cédées au plus offrant ; enfin, certaines proviennent de compagnies d’assurances ou en cas de sinistres. Savoir d’où vient une voiture mise aux enchères donne de précieuses indications sur son ancien usage (fréquence de trajets sur autoroute, usage en ville intensif ou entretien en réseau) mais n’offre aucunement de garantie sur son état mécanique d’origine.

Une voiture que l’on ne pourra pas vraiment essayer…

Acheter une voiture aux enchères : quels sont les risques ?

Acheter une voiture aux enchères se résume à l’impossibilité d’effectuer un véritable essai routier. Dans la majorité des salles de vente, les acheteurs potentiels n’ont droit qu’à un bref moment d’inspection de la voiture à l’arrêt. Dans certains cas, il est même possible d’allumer le moteur pour vérifier qu’il démarre et écouter son fonctionnement au ralenti ; en revanche, impossible d’emmener le véhicule sur le réseau routier.

C’est pourquoi plusieurs anomalies apparaissent seulement après l’achat, c’est-à-dire au bout de quelques kilomètres. Des troubles relatifs à la transmission, à la boîte de vitesses, à la direction, ainsi que des problèmes de freinage, de surchauffe moteur, de vibrations anormales ou de voyants lumineux d’alerte s’avèrent très difficiles à saisir.

Le risque d’avoir un problème après la vente

À la différence d’un achat classique dans un garage ou chez un concessionnaire, la vente aux enchères de voitures apporte une protection juridique différente. En effet, elle est souvent moins protectrice pour l’acheteur et il est nécessaire de lire attentivement le règlement intérieur et les conditions générales de vente avant d’émettre une offre.

Les garanties légales contre les vices cachés peuvent s’appliquer différemment selon le statut du vendeur et le cadre d’une voiture aux enchères.

Il existe quelques recours spécifiques en cas de manquement grave ou d’erreur sur les éléments essentiels décrits dans le bordereau pour acheter une voiture aux enchères, ce qui ne permet cependant d’annuler le contrat de vente ou d’être remboursé que dans certaines circonstances ; il ne faut donc jamais présumer qu’un retour sera simple et automatique. Le prix indiqué n’est en effet pas le prix de la vente conclue.

Lorsque l’on assiste à la vente aux enchères d’une voiture, le montant final prononcé par le commissaire-priseur ne constitue pas un prix global ni un prix à payer, car au prix du marché (gagnant) doivent être ajoutés des frais d’adjudication (ou frais d’acheteur) de l’ordre de 10 % à 25 % du prix du bien nu, des frais de dossiers administratifs éventuels, des taxes selon la nature du bien, ainsi que des frais de transport, de carte grise et éventuellement des frais de garde si le véhicule n’est pas retiré immédiatement.

À titre d’exemple, une voiture vendue à 10 000 € va se retrouver à 12 000 € avec 20 % de frais acheteur, sans même compter le transport et la carte grise. Un prix de départ très séduisant pourra ainsi se retrouver instantanément au prix de marché pour un véhicule d’occasion moyen dès qu’on y intégrera tous ces frais annexes dans la facture finale.

Comment effectuer le contrôle d’une voiture avant d’enchérir ?

Avant de lever le panneau ou de valider un montant en ligne lors d’une vente aux enchères voiture, il s’agira d’effectuer un travail d’enquête préalable afin de réduire le risque d’une mauvaise surprise. Quelques conseils pour acheter une voiture aux enchères dans les bonnes conditions principales à respecter :

  • Consulter le rapport d’inspection remis : selon la vente, l’organisateur peut fournir un descriptif ou un rapport d’inspection du véhicule. Vérifiez précisément ce qui a été contrôlé et quelles informations sont disponibles avant d’enchérir.
  • Prendre en compte HistoVec et les documents administratifs : lorsque les informations sont disponibles, HistoVec permet notamment de consulter l’historique administratif du véhicule, certaines opérations d’immatriculation, les contrôles techniques et sa situation administrative. Vérifiez également que les documents nécessaires à la vente et à la réimmatriculation sont disponibles.
  • Contrôler les risques de vol ou de problème administratif : vérifiez la situation administrative du véhicule avant d’enchérir. HistoVec peut notamment indiquer si le certificat d’immatriculation est déclaré volé et signaler certaines oppositions, saisies ou autres restrictions administratives. Vous pouvez également effectuer une vérification à l’aide d’un fichier véhicule volé gratuit afin d’obtenir des informations supplémentaires sur le véhicule.
  • Vérifier la concordance des éléments d'identification : vérifiez que le nᵒ VIN figurant sur la carte grise soit identique à celui qui figure sur le châssis de l’automobile.

Même si vous avez fait ces diverses vérifications, sachez que les documents administratifs ne laissent pas toujours entrevoir l’ampleur de l’usure mécanique d’un véhicule.

Prévoir le coût des réparations avant de faire une offre

Acheter une voiture aux enchères : quels sont les risques ?

Pour éviter une mauvaise surprise, l’acheteur avisé doit pouvoir évaluer un peu à l’avance les frais de remise en état à prévoir. Sur la base de l’âge de la voiture, de son kilométrage au compteur, de son état esthétique (intérieur et extérieur), ainsi que des doléances exprimées lors du contrôle technique, quantifie le coût des éventuelles réparations futures.

Calcule par la suite une offre maximum absolue. Elle doit impérativement inclure la somme de l’enchère, les frais d’adjudication, le transport et une marge budgétaire réservée aux réparations mécaniques. La finalité étant de ne pas acquérir une voiture aux enchères qui, au final, coûterait trop cher comparé à sa valeur réelle dans l’univers de l’automobile d’occasion.

Fixer son budget et ne pas surenchérir

L’un des plus graves travers d’acheter une voiture aux enchères est la part émotionnelle que suscite l’enchère elle-même. Avec l’excitation du moment dans la salle ou sur Internet lorsqu’il s’agit d’un décompte de secondes, il est très tentant d’augmenter son offre pour ne pas « perdre » l’objet désiré. Il est impératif de fixer un plafond budgétaire infranchissable avant le début de la séance et de s’y tenir absolument. Même si l’on a investi plusieurs heures à dépouiller des fiches techniques ou l’historique d’une voiture aux enchères, ce temps passé ne saurait être considéré comme une dépense qui justifierait (au prix de sacrifier la rigueur budgétaire) un dépassement financier porté au détriment de son équilibre.

Conclusion : pour qui un achat aux enchères ?

Acheter une voiture aux enchères constitue une bonne opportunité pour les acheteurs avertis. Ce moyen devrait surtout convenir aux personnes à même d’évaluer par elles-mêmes ou, avec un professionnel, la valeur et l’état mécanique d’un véhicule, sur son historique et conscientes de leurs risques financiers, alors que ces achats semblent peu adaptés à leur recherche.

À l’opposé, si vous privilégiez votre tranquillité via un essai routier complet, un véhicule disponible sans travaux et une garantie commerciale, vous resterez mieux protégé par une concession ou un professionnel de l’occasion.

 

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