Affaire Renault encore et toujours, avec une issue que nous espérons tous proches tant le feuilleton s'éternise : le spectre de l'espionnage chinois commence à s'estomper au profit d'une escroquerie bien française, avec l'arrestation d'un responsable de la sécurité du constructeur au losange vendredi, suivie de son passage devant le juge d'instruction hier dimanche.
C'est un touriste un peu particulier que des policiers de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur ont interpellé à l'aéroport de Roissy vendredi en fin de matinée alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol direction Conakry, en Guinée. Mais au lieu d'un week-end sous le soleil de l'Afrique, c'est une garde à vue de 48 heures que Dominique Gevrey, un responsable de la sécurité chez Renault, fera au siège de la DCRI à Levallois-Perret, où il sera rejoint par deux de ses supérieurs.
Il a ensuite été présenté à un juge d'instruction hier dimanche avant d'être mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et écroué, tandis que les deux autres responsables seront remis en liberté sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux.
L'espionnage laisse la place à l'escroquerie
Dominique Gevrey était le contact de la fameuse source anonyme qui a mis le feu aux poudres en accusant les trois malheureux cadres d'espionnage industriel, des informations révélées contre 250 000€ payés par Renault en apportant comme preuve des numéros de comptes bancaires ouverts en Suisse et au Liechtenstein sur lesquels d'importants transferts d'argent auraient eu lieu. Problème : lors de son enquête, la DCRI ne trouvera aucune trace de ces fameux comptes. Les regards se sont alors tous tournés vers Dominique Gevrey qui refuse jusqu'ici obstinément de révéler l'identité du corbeau.