Carlos Ghosn s'est exprimé pendant le salon de New-York sur les difficultés rencontrées par les constructeurs généralistes, et plus particulièrement Renault, en Europe. Malgré tout, le tableau n'est pas totalement noir puisque Ghosn se montre optimiste pour la suite des évènements concernant les véhicules électriques.
Restructuration ?
Lors du salon de New-York, Carlos Ghosn a livré ses sentiments et son analyse du marché actuel, notamment celui très compliqué de l'Europe. Une phrase résume assez bien ce que le PDG de l'alliance Renault-Nissan pense : la crise actuelle et à venir en Europe va forcer Renault à entrer en "mode crise". Difficile pour l'instant de réellement savoir ce que cela peut induire, mais en tout cas Carlos Ghosn aimerait certainement que cela fasse réagir l'Etat, actionnaire de Renault à hauteur de 15 %. En effet, selon le patron de l'alliance : "sur une période de 10 ans, je n'ai aucun doute que le manque de restructuration en Europe, particulièrement pour les constructeurs qui en ont besoin, sera un frein pour leur stratégie d'avenir. Tant que vous pouvez éviter de restructurer, vous pouvez survivre, mais vous vous affaiblissez de jour en jour."
Nissan subit aussi quelques difficultés, même si elles sont plus minimes que celles de Renault. Le yen toujours aussi fort au Japon met le constructeur partenaire de Renault en difficulté sur l'archipel, mais les bonnes ventes aux USA (+12,5 % pour le mois de mars) contrebalancent les mauvais résultats de Nissan sur sa terre d'origine, qui reste malgré tout un marché particulièrement difficile.
Au final, ce que souhaite Carlos Ghosn, c'est que l'Etat agisse et permette à Renault de restructurer et de supprimer des emplois pour faire face à une année 2012 qui s'annonce morose. PSA avait déjà évoqué le même problème de surproduction par le biais de son directeur industriel Denis Martin, tout comme Fiat avec Sergio Marchionne. Seul Volkswagen estime que le problème vient d'ailleurs, et qu'il s'agit du manque de compétitivité de ces constructeurs. Comme nous vous l'avions expliqué il y a quelques jours sur Caradisiac, la compétitivité résulte bien souvent d'une forte image de marque, qui est peut-être moins importante chez PSA et Renault. Pour bénéficier de cette image de marque, il faut un ou des véhicules prestigieux/haut de gamme, même s'ils sont vendus en infime quantité. Sur ce point, le plus gros problème est certainement l'absence de motorisations pouvant se conjuguer avec ce type d'auto. Peut-être serait-il intéressant de prendre quelques risques à produire ce véhicule pour redorer le blason ? Plus facile à dire qu'à faire en ces temps de restrictions. Reste que les deux acteurs automobiles en France se doivent de voir à l'échelle mondiale et ne pas se reposer uniquement sur l'Europe occidentale sans quoi la dégringolade pourrait être importante.

L'avenir du véhicule électrique est prometteur selon Ghosn
Reste un domaine ou l'alliance n'est pas à la traîne et au contraire : le véhicule électrique. Carlos Ghosn se montre très optimiste pour l'avenir de sa gamme d'autos propres : "je ne veux pas que vous preniez les résultats d'un ou deux mois de vente dans un marché bien précis pour vous faire votre opinion à propos de l'évolution d'une technologie très importante pour l'industrie. Je pense que la voiture électrique tiendra ses promesses. Toutes les conditions sont réunies pour en faire un segment très important. Je ne change pas mon approche optimiste". Il reconnaît par ailleurs le succès de la Nissan Leaf qui se vend bien aux Etats-Unis et qui n'a rencontré "aucun problème de qualité jusqu'à maintenant". Reste que la route est encore longue pour imposer ce type d'auto, qui certes séduit de plus en plus de gens, mais ses caractéristiques (prix, autonomie, temps de recharge, esthétique parfois discutable) sont toujours aujourd'hui un frein.