Le but était louable : sécuriser encore plus le parc roulant européen, éviter des accidents dus aux défaillances techniques des véhicules et mettre tout le monde sur un pied d'égalité (voitures, 2-roues). Mais ce projet de loi européen n'aura pas résisté bien longtemps à la grogne des usagers, des motards, et peut-être aussi au fait que les études sur lesquelles il s'appuyait, avaient été réalisées par l'organisme DEKRA, qui comme chacun sait, est très investi partout en Europe dans le CT. Cela ne voulait pas dire que l'étude était de suite à mettre au panier mais la ficelle était quand même grosse.
Après donc une levée de bouclier du monde motard, d'associations d'automobilistes (et même un avis défavorable du Sénat français (Commission des affaires européennes) citant un manque de statistiques sérieuses), et ce dans de nombreux pays, les ministres des Transports réunis jeudi 20 décembre dernier à Bruxelles ont présenté un texte vidé de sa substance.
Au placard l'annualisation du CT. Aux oubliettes l'extension aux 2 et 3 roues. Enterré l'enregistrement obligatoire du kilométrage. Les 3 principales mesures ont tout bonnement sauté.
Seule est restée une volonté d'harmonisation des procédures du contrôle (et des points de contrôle) dans les États membres. Il y aura des exigences plancher en terme d'équipement des centres, de formation technique des contrôleurs et d'informations mises à disposition sur les véhicules.
Bien peu de choses en vérité. La commission a donc souhaité défendre sa proposition et a appelé le Parlement à la soutenir dans sa version initiale, en dépit de l'avis des ministres !
Siim Kallas, commissaire européen chargé des transports, a déclaré : "L'accord des États membres est un pas dans la mauvaise direction pour la sécurité routière. Il supprime certaines des catégories d’usagers et de véhicules les plus à risque sur la route - les motos et les voitures les plus âgées - du durcissement des contrôles obligatoires. Les États membres pensent à court terme. Nous ne pouvons pas faire de compromis sur la sécurité et nous comptons sur le Parlement européen pour renforcer les contrôles de véhicules pour les catégories les plus à risque". Il a ajouté : "Plus de cinq personnes meurent sur les routes européennes chaque jour dans des accidents liés à une défaillance technique".
De notre côté, si nous comprenons aisément la grogne des automobilistes concernant l'annualisation du CT (coût financier direct, et indirect en cas de réparations à effectuer), celle des motards (habitués à réagir face à toute mesure rognant sur leur liberté, à tort ou souvent à raison) face à l'extension à leur catégorie, c'est par contre incompréhensible pour la mesure visant à enregistrer les kilométrages.
Il semble que personne en effet ne soit contre, car cela permettrait un suivi de l'historique des véhicules contrôlés et au moins en partie d'éviter certaines arnaques au kilométrage. Ce qui irait dans le bon sens sans coûter bien cher. Alors pourquoi vouloir abandonner cette mesure ?
Suite au prochain épisode dans tous les cas…