Peut-on faire réparer un moteur cassé ? En théorie oui. Attention tout de même ! Le résultat d’un diagnostic erroné ou d’une mauvaise réparation peut vous coûter à terme bien plus cher qu’un changement. Avant de prendre une décision, sachez ce qui est réparable et ce qui ne l’est pas.
Moteur en panne : quand réparer et quand remplacer
Joint de culasse claqué
Si la fuite d'eau ou d'huile se fait vers l'extérieur, la réparation est aisée et sans surprise. Dans ce cas seulement, vous pouvez faire démonter la culasse et remplacer le joint usé. Coût de l’opération : environ 600 €. Attention ! S’il s’agit d’un moteur à fort kilométrage, mieux vaut changer la culasse.

Fuite d'huile dans l'eau
Si la fuite est interne et que l'huile passe dans l'eau, il peut s’agir d’un joint de culasse défectueux ou d’un bloc moteur poreux. Une sorte d'épaisse mayonnaise se forme dans le carter d’huile (rare). Vous pouvez essayer de remplacer le joint de culasse ou de rendre étanche la partie poreuse par un ajout d’anti-fuite dans l'huile. Le résultat est loin d’être garanti. Un bloc poreux signifie souvent le remplacement de tout le moteur.

Montée en pression du circuit de refroidissement
La pression des explosions qui passe dans le circuit d'eau est souvent le résultat d'une grosse surchauffe. La culasse s’en trouve souvent déformée et parfois fêlée. Une réparation de qualité passe par une mise à l'épreuve et une rectification de la culasse, deux opérations coûteuses. Si le moteur est vieux avec un fort kilométrage, mieux vaut penser à le changer. Un moteur d'occasion peut faire l’affaire.

Une bielle coulée
Le moteur fonctionne encore, mais il émet un drôle de bruit. Des « clac clac » à répétition s’en échappent. Un des coussinets de bielle a probablement un jeu important. Il est possible de les atteindre en ne déposant que le carter inférieur. Cela permet de localiser le maneton malade, de démonter le chapeau de bielle et de vérifier l'allure du vilebrequin pour un coût modique. Les coussinets peuvent même se remplacer. Habituellement, cette réparation ne tient pas longtemps. Mieux vaut démonter tout le moteur et remplacer le vilebrequin et les coussinets.

Trou dans le carter
Dans un grand fracas accompagné d'une épaisse fumée, votre moteur s'est définitivement arrêté. Un gros trou orne le bloc et l'huile s'est répandue par terre. Une bielle vient de perforer le carter. Le moteur est irréparable. Plus qu’un vieux bloc en bon état, mieux vaut chercher un moteur complet d'occasion. Vous serez largement gagnant.

Soupapes tordues sur un moteur essence
Un bris de courroie de distribution provoque des dégâts dans les soupapes. Sur un moteur essence, la place laissée dans la chambre de combustion limite considérablement les dégâts. Il est possible de réparer. Il n'y aura que quelques soupapes tordues à remplacer. On ne les redresse pas. Mais on ne remplace que celles qui ont été abîmées.

Arbre à cames cassé sur un moteur diesel
Le moteur diesel ne survit généralement pas à la casse de la courroie de distribution. Dans la plupart des cas, les soupapes sont en miettes, l'arbre à cames est cassé en deux ou trois morceaux et la culasse est fichue car les paliers d'arbre à cames sont faussés. Remplacer les pièces cassées coûte de 1 500 à 4 000 €. Si le moteur a plus de 100 000 km, ce n'est pas rentable. Optez pour l'échange standard ou l’achat d’un moteur d'occasion.

Le moteur consomme de l'huile
Toutes les semaines, il faut refaire le plein. Une consommation d’huile supérieure à un litre aux mille kilomètres est anormale. L’embout d’échappement est toujours gras et envoie dans l’atmosphère une fumée bleue et nauséabonde. Si votre moteur est rare, faites changer les segments ou les joints de queue de soupapes. S’il s’agit d’un petit modèle courant, vous pouvez en trouver un d’occasion.

La voiture ne « tire » plus
Pas ou peu de consommation d'huile ou d'eau, mais la voiture n'avance plus dans les côtes. Les compressions sont faibles. Diagnostic : votre moteur est « rincé ». Vous pouvez tenter de le « regonfler » avec un additif "miracle". Le résultat risque d’être minime, pour ne pas dire nul. Pistons, chemises et remise de tous les jeux à zéro vous coûteront plus cher qu’un changement de moteur.

Le diesel ne démarre plus
Par petit matin frisquet, il faut s'y reprendre à plusieurs fois pour que votre diesel finisse par s'ébrouer dans un grand nuage de fumée bleue. Cela peut provenir d’une baisse des compressions. Faites-les vérifier. Si elles sont mauvaises, le moteur est mort. Un remplacement est préférable à un bricolage.