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États-Unis : chronique d’une crise annoncée qui nous touchera tous

Dans Pratique / Budget

États-Unis : chronique d’une crise annoncée qui nous touchera tous

Vous avez aimé la crise des « subprimes immobiliers » en 2008 ? Celle-là même qui a fait plonger la totalité du secteur financier qui a été épongée avec l’argent public. C’est-à-dire le nôtre. Alors vous allez adorer celle qui se prépare, avec l’automobile cette fois. Elle partira, là aussi, des États-Unis et montrera que rien n’a été appris depuis. Les premiers craquements se font sentir avec un marché américain orienté à la baisse. Le signe avant-coureur de la grande tempête qui s’approche.

Les Américains ont profité ces dernières années d’une belle occasion offerte pour mettre dans leur garage une voiture toute neuve. Les ventes automobiles ont atteint en décembre 2016 une valeur si haute qu’elle n’avait pas été vue depuis 30 ans. Apparemment un pic. Car la chute a commencé et elle sera dure. Les mêmes ventes se sont ainsi récemment repliées, renouant avec un niveau si bas qu’il rappelle le déprimant octobre 2014.

De quoi s’inquiéter. Pourquoi ? Parce que cette embellie n’a été possible que grâce au crédit. Or, les prêts automobiles en situation de défaillances sérieuses, estimées lorsqu’il y a non-paiement pendant 90 jours ou plus, ont atteint son plus haut depuis… 2008. L’année noire.

Une véritable bombe puisque les taux d’intérêt sont susceptibles de remonter, ce qui ne va pas arranger la situation des endettés. 107 millions d’Américains détiennent un prêt automobile, soit près de 48 % de la population en âge de conduire. En 2012 il n’atteignait que 37 %. Rien de réjouissant donc, d’autant plus que la hausse des défauts de paiement et les saisies qui s’en suivent vont finir par faire écrouler l’édifice.

Car ces procédures alourdissent le stock de véhicules d’occasion dans un contexte où la demande est contenue. Les prix de ces secondes mains s’écroulent si bien que la valeur résiduelle estimée lors de la signature du leasing n’est plus d’actualité. En d’autres termes, ce n’est pas en se débarrassant de son engin que l’automobiliste pourra sortir du cercle infernal de sa dette. Une dette qui s’est caractérisée par une augmentation constante de la durée moyenne des prêts jusqu’à 65,3 mois, ce qui est estimé comme le plus haut historique. Par ailleurs, sur les cinq dernières années, on constate une nette hausse des mensualités (+11,3 %), de l’acompte (+11,7 %) et du montant total financé (+17,2 %).

Comme si cela ne suffisait pas, la révolution culturelle sur l’usage de la voiture et l’évolution technologique de cette dernière menacent tout ce qui est acquis d’obsolescence. Ce qui impacte encore sur la valeur résiduelle. Quant aux dégâts collatéraux, ils commencent à se faire sentir…

Ainsi, le repli significatif du prix des véhicules d’occasion n’a pas été sans conséquences sur la valorisation de la flotte de véhicules. Conséquence ? La capitalisation boursière de certains grands groupes spécialisés dans la location de voitures en a pris un rude coup. Ces derniers ont donc été contraints de réduire drastiquement la croissance de leurs achats de véhicules neufs, orientant encore à la baisse le marché américain… Et on est reparti pour un tour… Une spirale infernale prête à nous aspirer vers les abysses.

 

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Commentaires (66)

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Ont à pas fini de bouffer notre merde c est que le début je dirais même

Par

Ça ne sera pas aussi puissant que les subprimes, car le prix de l'immobilier est bien plus important que celui d'une bagnole comme tout le monde le sait.

Le problème des US c que plus personne n’achète sans crédit donc sans s'endetter... une société qui vit entièrement à crédit est une société en déclin économique...

Au contraire de la France personne n'épargne aux US, même si le crédit prend de + en + d'importance chez nous aussi...

Par

Un article lucide sur la situation économique présente et à venir de cette population vivant sur les bons offices du dieu crédit.

Ajoutons à ce noir tableau que les modèles dont les ventes sont envolées ces dernières années sont bien évidement les SUV. et pas des SUV de Mickey comme ici....non non, du bien lourdingue et bien haut.

Alors avec des mensualités prévisibles en hausse, ou une impossibilité de revente sauf à vil prix, il va être beau le bilan financier de nombre de ménages....

Comme l'entend l'article, tout cela pouvant parfaitement avoir des conséquences rapides chez nous...tiens, le pays européen le plus proche sociologiquement des US connait lui aussi un retournement de tendance au niveau des immats .... je veux parler du Royaume-Uni. Hasard ?

Par

En réponse à mdb92

Ça ne sera pas aussi puissant que les subprimes, car le prix de l'immobilier est bien plus important que celui d'une bagnole comme tout le monde le sait.

Le problème des US c que plus personne n’achète sans crédit donc sans s'endetter... une société qui vit entièrement à crédit est une société en déclin économique...

Au contraire de la France personne n'épargne aux US, même si le crédit prend de + en + d'importance chez nous aussi...

perso, j'achète tout cash (sauf si crédit 0%), jusqu'à ma maison (coup de bol ceci dit, j'avais prévu un petit crédit).

mais même en France, la réalité est plus dure à entendre puisque 1 foyer sur 2 est dans le rouge avant la fin du mois, et 40-45% sont simplement à l'équilibre.

reste 5% de gens sérieux.

mais il est vrai que ça doit être pire encore aux states.

Par

"durée moyenne des prêts jusqu’à 65,3 mois"

Effectivement, rouler en maxi SUV avec un maxi crédit, pour péter plus haut que son cul devant son voisin, plutôt que d'avoir la honte de rouler en berline compacte (comment être crédible en Ford Focus ou en Toyota Corolla face à une Cadillac Escalade ?). Avec une telle conception de la société, pas étonnant que c'est un échec qui se prépare au moindre retournement économique.

En France on suit le même chemin, avec un temps de retard, rouler en SUV et être à découvert à la fin du mois devient une banalité. Je trouve ça triste.

Par

Le soucis n'est pas tant le crédit mais plus la capacité de remboursement.

Pour les crédit immobilier ayant mené à la crise dit des "subprimes"" le soucis était principalement de 2 ordres.

1/ Les mensonges éhontés des emprunteurs et la complaisance hallucinante des organisme de crédit.

2/ Les taux variables dans des proportions bien trop importantes.

Forcément quand les taux sont passés de 0-0.5-1% à des 6-8-10% la note a commencé à devenir sérieusement salé.

Et qui plus pour le type qui avait juré au grand dieu gagner 75 000$ à l'année alors qu'il ne dépassait pas les 35 000.....sachant que la banque le savait très bien mais qu'elle ne disait rien tant que ça payait à la fin du mois.

Et si en France nous avons eu une crise bien moindre, en fait on a pâtie de la situation des autres, c'est parce qu'en autre on a des conditions de crédits bien plus drastiques. Même si ça n'empèche pas toujours le sur-endettement.

Par

avant les gars achetaient les caisses cash ou a crédit...avec un petit apport...

s'ils payaient pas...

saisie de la caisse revente aux enchéres...

la banque retombait à peu prés sur ses pattes..

avec la LOA... retour chez le concessionnaires des caisses...

qu'il va bien falloir revendre...

et là gros soucis..

si le marché part vers l'hybride ou l'"électrique...

ou si... ya plus de sous...

certaines marques bidons vont avoir un mal fou à se débarrasser de leur camelote..!!

la loa.. la LLd...

bref des caisses qui iront à la casse!!!

hé oui...

çà rique d'etre chaud pour ceux qui vendent du low cost aux sans dent...et à credit ou en loa..

pas fou dacia...

lui vend surtout cash!!!!

mais rino???

Par

Il y a un moment que l'alerte avait été sonnée.http://www.europe1.fr/economie/lautomobile-americaine-renait-et-inquiete-2648525

Par

En réponse à p.martin.pm

Il y a un moment que l'alerte avait été sonnée.http://www.europe1.fr/economie/lautomobile-americaine-renait-et-inquiete-2648525

PS: pourvu que Tesla tienne.Sinon c'est plus la tempête qu'il va falloir craindre,mais un cataclysme, comparable (ou supérieur?)a 2008.

Par

En réponse à roc et gravillon

Un article lucide sur la situation économique présente et à venir de cette population vivant sur les bons offices du dieu crédit.

Ajoutons à ce noir tableau que les modèles dont les ventes sont envolées ces dernières années sont bien évidement les SUV. et pas des SUV de Mickey comme ici....non non, du bien lourdingue et bien haut.

Alors avec des mensualités prévisibles en hausse, ou une impossibilité de revente sauf à vil prix, il va être beau le bilan financier de nombre de ménages....

Comme l'entend l'article, tout cela pouvant parfaitement avoir des conséquences rapides chez nous...tiens, le pays européen le plus proche sociologiquement des US connait lui aussi un retournement de tendance au niveau des immats .... je veux parler du Royaume-Uni. Hasard ?

"Ajoutons à ce noir tableau que les modèles dont les ventes sont envolées ces dernières années sont bien évidement les SUV. et pas des SUV de Mickey comme ici....non non, du bien lourdingue et bien haut"

La crise à venir aurait été moins sévère si M. Smith avait acheté une berline à 35000 dollars à crédit, plutôt qu'un SUV à 35000 dollars à crédit ?

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