Il ne faut pas cligner des yeux au mauvais moment mais, entre deux mesures contre les excès de vitesse sur autoroute, il arrive parfois qu'un autre facteur d'accident mortel soit pris en compte. Depuis mercredi, les automobilistes s'étant rendus coupables d'un délit de conduite en état d'ivresse devront ainsi faire installer à leur frais un éthylotest de démarrage sur leur véhicule.
Selon les statistiques de la Sécurité Routière, le nombre de vies perdues en 2010 sur les routes françaises suite à un non respect des vitesses légales autorisées était de 717 sur un total pour rappel de 3992 sur l'ensemble de l'année. Selon le même rapport, le nombre de tués dans des accidents impliquant un facteur alcool connu la même année est de 963, soit dans près d'un accident mortel sur trois (30,8% exactement).
963 morts en 2010 liés au facteur alcool
C'est la raison pour laquelle le gouvernement s'est penché sur les éthylotests anti-démarrage ou EAD, déjà obligatoire dans les cars neufs transportant des enfants. Depuis mercredi, date de la parution du décret au Journal Officiel, tous les automobilistes auteurs de délits de conduite en état d'ivresse auront désormais pour obligation, comme peine complémentaire, de monter un tel système leur imposant de mesurer leur taux d'alcool avant tout démarrage de leur véhicule pour une période pouvant aller jusqu'à cinq ans.
Cette mesure, testée en Haute-Savoie depuis 2004 repose sur l'expérience accumulée à l'étranger, comme en Amérique du Nord, en Australie et en Suède. Selon le Dr. Mercier-Guyon, secrétaire du Conseil médical pour la Prévention routière, « les évaluations menées pendant plus de vingt ans par au moins huit équipes de recherche aux USA et au Canada ont montré une diminution des 40% à 95% du taux de récidive d'alcoolisation au volant durant la période d'installation des EAD ».
Le montage du dispositif sera entièrement à la charge du conducteur, qui pourra choisir entre l'achat pour un coût d'environ 1 000 euros et la location à raison de 130 euros par mois. La mesure prévoit aussi une amende de 1 500 euros pour les automobilistes qui tenteraient de le contourner.
Les associations de prévention se félicitent bien évidemment d'un tel décret, mais auraient cependant souhaité que le test ne se limite pas qu'au démarrage en demandant d'être répété régulièrement ou aléatoirement durant le trajet.
Source : AFP