Pratique avec sa benne pouvant accueillir plus d'une tonne et ses capacités à tracter de lourdes charges, le Ford Ranger Wildtrak semble être une fantastique bête de somme. Mais peut-on utiliser ce gros pick-up au quotidien, en ville, partir en week-end et sortir des sentiers battus ? Ce sont les questions ô combien capitales auxquelles nous avons tenté de répondre en réalisant un essai d'une semaine.

Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 3, sur nationales enneigées

Taux d'émission de CO2 :

g/km - Malus : 6 500 €

Début de commercialisation du modèle :

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Épisodes précédents :

On l'a vu hier, le Ford Ranger Wildtrak s'affranchit très bien de la circulation urbaine, parvenant même, grâce à ses multiples aides électroniques bien pensées et à sa forme générale, à se garer aisément. Une vraie surprise quand on pense au gabarit de la bête qui fait tout de même 5,36 m de long ! Mais ce n'est pas parce que le Ranger s'est tiré avec les honneurs de la dure épreuve de la ville qu'il est pour autant sorti d'affaire, puisque l'emmener sur nationales partiellement ou totalement enneigées ne devrait théoriquement pas être une sinécure.

Nous vous présentons nos excuses pour la piètre qualité du son du commentaire suite à un problème technique.
Car si le train avant adopte désormais de classiques combinés ressorts amortisseurs, une des principales caractéristiques rappelant que le Ranger est un utilitaire classé comme tel sur le site internet de Ford, ce sont ses ressorts à lames à l'arrière. D'accord, on trouve difficilement plus résistant pour supporter les lourdes charges, un peu plus d'une tonne ici, et ça a aussi l'intérêt de ne pas venir encombrer la benne avec des têtes d'amortisseurs. Par contre, niveau tenue de route et confort général, c'est plus folklorique quand on ne s'appelle pas Corvette, surtout à vide.

En théorie en tout cas, parce que la pratique sur nationale est heureusement bien différente : c'est moins pire que ce que l'on peut imaginer. C'est même très étonnant. Certes, on sent bien qu'il s'écrase sur la roue avant extérieure quand on freine en courbe à cause d'une répartition des masses très loin d'être optimale, que l'essieu arrière rigide vibre et tressaute de temps en temps sur les imperfections de la route, mais le Ranger reste suffisamment sain et stable pour aborder des courbes sans se crisper, même sur routes glissantes, et son moteur se montre tout à fait volontaire, les 200 ch et 470 Nm pouvant emmener les 2,1 tonnes de l'ensemble à bon train une fois lancé.

Malheureusement, il n'est pas mis du tout en valeur par la boîte de vitesses automatique à six rapports, une option à 2 000 €. Indiscutable élément de confort hier en milieu urbain, elle affiche une fois hors de la ville un fonctionnement erratique, rechignant parfois à tomber les rapports tout en étant trop enthousiaste à les monter. C'est suffisamment désagréable pour convaincre d'utiliser le mode manuel, malheureusement sans palettes au volant.
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 3, sur nationales enneigées
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 3, sur nationales enneigées
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 3, sur nationales enneigées

Alors que le blizzard s'est abattu sur la région parisienne, la fiche technique du Ford Ranger fait soudainement peur. On résume : on a là un véhicule avec sur son nez un lourd moteur diesel envoyant 470 Nm de couple à un train arrière à ressorts à lames très léger, qui transmet ensuite au sol via des pneus de 265 de large. On rajoute que l'engin fait au total plus de deux tonnes, qu'il a un centre de gravité de gratte-ciel, que les freins arrière sont des tambours et que la boîte automatique semble piocher au hasard les rapports, et on obtient une recette bien loin d'être idéale quand la route est recouverte d'un épais manteau blanc, à moins qu'on ait envie de faire des burns ou des donuts sans fin, ce qui est rigolo.

Heureusement, le Ranger n'a pas que l'aspect d'un 4x4, il en a aussi la transmission : : un petit coup de mollette et hop, on passe de la propulsion à la transmission intégrale sans même avoir à s'arrêter, et les problèmes d'adhérence ne sont plus qu'un lointain souvenir. Sur la neige, il convient évidemment de ne pas oublier la masse de l'engin et donc il faudra juste privilégier le frein moteur, histoire de ne pas agacer l'ABS, mais rien d'inhabituel dans ces conditions.
Ford Ranger Wildtrak au quotidien : jour 3, sur nationales enneigées
Plus qu'une simple bête de somme, le Ford Ranger Wildtrak vient de démontrer qu'il avait d'autres cordes insoupçonnées à son arc. Peut-on l'utiliser sur de longs trajets pour partir en week-end ? C'est ce que nous verrons demain, ce qui nous permettra d'aborder le sujet de la consommation.

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Twitter : @PierreDdeG